Quand Capital «dézingue» Speedy !

Dans son édition de novembre, le magazine Capital se livre à un véritable réquisitoire contre Speedy : garages vieillots, taux horaires prohibitifs, fragilité financière… Tout y passe, y compris un management qui ne souffre aucune excuse. Cet article à charge qui n’épargne rien ni personne finit par laisser un sentiment mitigé : entre la révision approfondie de la stratégie de Speedy et sa refonte intégrale, il y a sûrement un juste milieu que le magazine ne semble pas avoir trouvé. Ni cherché ?

Cliquez sur l’image pour télécharger l’article de Capital…

 

Le magazine Capital n°62 du mois de novembre ne fait pas dans la dentelle et pose le décor dès le début de l’article, à commencer par le prix des prestations. Parti pour faire remplacer ses plaquettes de frein, le journaliste-reporter indique que cette prestation est facturée 90€ dans le centre Speedy de Clichy-la-Garenne (92) lorsqu’il suffit de faire 200 mètres de plus et payer quinze euros de moins chez un concurrent, en l’espèce un centre Midas…

Et Capital d’égrainer un dossier à charge. La fréquentation des centres de l’enseigne aurait baissé, souligne le magazine, de quelque 7% entre 2011 et 2012, notamment en raison de ses coûts très élevés qui le ‘dépositionnent’ par rapport à ses concurrents. Tout particulièrement par rapport aux centres autos, particulièrement dynamiques en cette période de crise où les consommateurs automobilistes, étouffés par la hausse du prix du carburant, roulent de moins en moins (le magazine avance un écart de prix de 25% avec les centres auto). Capital affirme que la rentabilité en pâtit depuis plusieurs années déjà : «Selon nos informations, la fréquentation a décliné de 7% entre 2011 et 2012. Et côté rentabilité, cela ne va pas fort depuis cinq ans. A part en 2010, le réseau intégré de 330 centres, auxquels s’ajoutent 130 franchisés, a toujours été déficitaire. L’an dernier, la perte était de 6 millions d’€ pour un chiffre d’affaires de 187 millions d’€. Pis, d’après nos sources, l’enseigne peinait, courant octobre, à honorer ses factures auprès de ses fournisseurs.» Une situation démentie par la direction de l’enseigne.

Nécessaire révolution chez Speedy

Déjà salée, la facture s’alourdit encore pour Speedy lorsque Capital évoque une nécessaire révolution que n’a pas su prendre le réseau face à la concurrence. Une concurrence aujourd’hui matérialisée par les centres auto, mais aussi internet et ses sites de vente de pneu en ligne, qui viennent empiéter sur le cœur de métier de Speedy : «Le seul commerce des pneus sur la toile capte aujourd’hui 10% du marché, contre 5% il y a quatre ans. Inquiétant pour Speedy, qui réalise 40% de son chiffre d’affaires sur ce segment », rélève en effet le magazine qui accuse l’enseigne de ne pas avoir réagi en révisant par exemple ses prix à la baisse… Et de remémorer au lecteur-consommateur, infographie à l’appui, l’étude qu’avait fait paraître UFC-Que Choisir à la veille du Mondial de l’Automobile en septembre dernier : «[…] de tous les professionnels de l’entretien automobile, Speedy reste souvent le plus cher, comme l’a récemment pointé l’association de consommateurs UFC-Que Choisir» (voir l’encadré ci-dessous).

Et le réquisitoire continue. Absence d’adaptation au plan tarifaire,une moindre communication vers le grand public en raison de coupe sombres opérées au détriment du marketing… Capital se fait alors l’écho de certains membres du réseau et pointe également du doigt l’état général des centres : «Pour attirer à nouveau la clientèle, disent-ils, il faudrait se dépêcher de moderniser le parc vieillissant des garages, qui n’ont pas changé depuis des lustres, contrairement à ceux de Midas». Et pour enfoncer le clou, l’article reprend le sentiment exprimé par un des fournisseurs de l’enseigne : «Sur certains sites, le client a l’impression de rentrer dans un coupe-gorge !»…

Jacques Le Foll pointé du doigt

Inévitablement, l’article fait un implacable procès à l’actuel p-dg, Jacques le Foll. Il rappelle que, lorsque l’ancien investisseur Itochu signifiait son intention de sortir du capital, le patron de Speedy a «arraché le morceau» de haute lutte face à l’ancien patron du réseau, Gilles Chauveau. Capital revient sur la lutte fratricide que l’affrontement des deux patrons a provoqué en interne et l’irrémédiable clivage qui s’en est suivi, opposant les ‘pro’ et ‘anti’ Le Foll. Sur le sujet, Capital se lâche : une direction au sens large qui pècherait par «manque d’écoute», un p-dg qui «n’a pas la réputation d’être un grand communiquant», aurait «un style cassant» et surtout le défaut de «ne pas connaître le métier»… La coupe est déjà pleine mais Capital ne s’arrête pas là : «En un an le nouveau big boss a viré un DRH, le directeur financier, le directeur du marketing, celui des achats et de l’exploitation ainsi que plusieurs patrons de région. Même le directeur du réseau intégré est sur le départ…» Ça en fait, des sources possibles de ressentiments bien informés…

Bref, si la bête n’était pas encore mortellement blessée, le magazine grand public se charge, en deux pages, de quasiment l’achever. Vite fait, mal fait ? Aussi nombreuses que puissent être les erreurs de management ou de stratégies, c’est tout de même très rare qu’il y ait ainsi tout à jeter ou presque dans une entreprise employant plus de 2 000 personnes

Etude UFC-Que Choisir : le mauvais exemple…
En s’appuyant sur l’étude UFC-Que Choisir laquelle avait d’ailleurs pointé du doigt le taux horaire des centres de l’enseigne, parfois plus chers que les taux horaires pratiqués dans un réseau de marque, Capital n’a peut-être pas pris l’exemple le plus objectif, du moins le plus incontestable (voir l’article «UFC et main d’œuvre : quand Speedy semble plus cher que Renault !»).

On se souvient en effet que cette étude mélangeait pêle-mêle concessionnaires de différentes marques (et peut-être aussi des agents), des centres auto ‘premium’ et ‘low cost’ sans distinction, avec des enseignes de réparation rapide… jusqu’à un carrossier égaré dans l’étude -visiblement un membre du réseau Acoat Selected- mais pris pour un centre auto rebaptisé «Coat selected» !

L’étude brute des taux horaires n’a pas de sens, ne serait-ce parce l’implantation géographique dicte pour une bonne part le loyer du bail commercial, et par ricochet les taux horaires. Un fast fitter implanté en centre-ville sera nécessairement plus cher qu’un centre auto situé dans une zone d’activité…

2 commentaires concernant “Quand Capital «dézingue» Speedy !”

  1. [quote name= »MAUBERT »]news[/quote]
    Nous avons été 12 ans chez speedy en tant que franchisé, nous avons tout perdu. Les dirigeants de chez speedy, ce sont des rats, ils ne pensent qu’à vous plumer.

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