EXCLUSIF – Comment Fog arrive devant le tribunal…

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La procédure de mise sous mandat ad hoc de Fog sera enclenchée en milieu de semaine prochaine par le tribunal de commerce de Paris. Les représentants du personnel souhaitent en profiter pour faire entendre leur voix et tenter d’imposer leur vision de l’avenir de Fog…

Ça n’aura guère  traîné : un peu plus d’une semaine environ après la conférence de presse des actionnaires de Fog pour annoncer leur projet de mise sous mandat ad hoc de l’entreprise (voir «Peut-on encore sauver le soldat Fog?»), la demande va être officiellement déposée devant le tribunal de commerce de Paris en milieu de semaine prochaine. Il s’agira alors pour ce dernier de valider la demande et désigner le mandataire ad hoc en question qui, pour au moins trois mois probablement, participera à l’élaboration et à l’application du plan de redressement.

On connaît déjà peu ou prou les objectifs des dirigeants. Tout d’abord, réduire autant que possible un endettement de 11 millions d’euros qui est à peu de choses près remonté en trois ans au niveau de celui qu’ils avaient pu voir effacé lorsqu’ils s’adjugeaient FOG à la barre du tribunal de commerce d’Orléans en octobre 2009. Ensuite, essayer de rendre l’entreprise sinon profondément séduisante, au moins suffisamment viable pour intéresser l’un des deux investisseurs que Jacob Abbou, actionnaire majoritaire, disait la semaine dernière avoir dans sa manche.

Tensions dirigeants/personnel
Sur le fond, dirigeants et salariés semblent ramer dans le même sens : ils veulent tous croire en l’avenir de Fog, les uns pour préserver leurs investissements et continuer d’espérer en une belle opération ; les autres, pour maintenir le maximum d’emplois durables dans le désert industriel qu’est la région de Briare. Sur les moyens nécessaires pour y parvenir en revanche, les avis divergent profondément. Les actionnaires ne semblent plus pouvoir espérer le même soutien unanime qu’ils avaient obtenu des salariés en 2009 et qui participait alors à leur victoire devant le tribunal de commerce. A l’aube d’un deuxième plan social violent, les salariés de Fog ont moins envie de croire à nouveau aux rêves issus du premier…

Individuellement, ils sont certes logiquement partagés. Il y a ceux qui espèrent que l’actuelle direction pourra négocier un plan viable et durable préservant le plus longtemps possible leurs emplois. Il y a aussi les autres qui pensent que cette fois, l’avenir ne peut s’imaginer que sans cette direction en laquelle ils n’ont plus confiance. Selon eux, elle n’a fait que vainement espérer vendre au meilleur prix sans jamais vraiment vouloir ni réussir à remettre Fog dans le sens de la piste.

Et ces sceptiques-là ont pris du poids. L’osmose conquérante de 2009 n’est plus d’actualité : la direction risque d’avoir cette fois des difficultés à fédérer massivement le personnel autour d’un plan pour l’instant brièvement exposé oralement et très (trop?) peu détaillé.

Contre-expertise
Depuis un an, les représentants du personnel ont mandaté leur propre cabinet d’expertise-comptable comme ils en ont le droit et les dernières conclusions reçues mi-2012 ne les ont apparemment pas rassurés. Le CE a même pris un avocat, dans l’espoir qu’il les aidera à rendre visibles et audibles leurs conclusions chiffrées et leur souhait : obtenir ni plus ni moins une liquidation judiciaire avec continuation, comme en 2009, mais cette fois avec un nouvel actionnariat souhaité plus long-termiste et de culture industrielle. Une sorte de grand ménage de printemps qui puisse débarrasser l’entreprise de la totalité de sa dette et de la totalité de son équipe dirigeante actuelle…

Les membres du CE n’ignorent sûrement pas que leurs contre-expertises et leurs conclusions sont seulement consultatives. Ils peuvent au plus réussir à interpeller suffisamment le tribunal de commerce actuellement sollicité pour qu’il prenne deux décisions vivement souhaitées par le personnel. Tout d’abord, obtenir des garanties d’impartialité du mandataire ad hoc pressenti par les actionnaires. Ensuite, qu’on prenne le temps de leur prêter attention pour que leur vision de l’histoire récente soit mieux comprise par le tribunal et le mandataire et que les salariés soient au moins écoutés et au mieux, entendus.

De toute façon, sauver le soldat Fog
Mais auront-ils seulement voix à ce nouveau chapitre qui va commencer à s’écrire la semaine prochaine ? Car la procédure de mandat ad hoc n’a sûrement pas été choisie au hasard. Elle est entièrement confidentielle, autant en ce qui concerne la désignation du mandataire ad hoc qui n’est pas communiquée, qu’en ce qui concerne le déroulement de la procédure, la conclusion de l’accord final sur le plan de redressement adopté et les négociations abouties avec les créanciers. Seul le président du tribunal de commerce ou de grande instance auteur du lancement de la procédure est informé de son terme afin qu’il puisse mettre fin dans les formes à la mission du mandataire ad hoc et arrêter sa rémunération.

En tout état de cause, tout le monde se rejoint au moins sur un objectif commun : il faut sauver le soldat Fog et le relancer. Quelle que sera la décision du mandataire et du tribunal, le personnel semble prêt à se plier au plan choisi, visiblement convaincu que la confiance de la clientèle est écornée mais pas perdue. De l’avis des salariés, il est encore possible d’inverser le déclin qui s’est selon eux accéléré ces trois dernières années. A suivre…

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Fog sera devant le tribunal la semaine prochaine!

La procédure de mise sous mandat adhoc de Fog sera prise en milieu de semaine prochaine par le tribunal de commerce de Paris. Les représentants du personnel souhaitent en profiter pour faire entendre leur voix qui cette fois n’a pas l’intention de soutenir ni le plan que souhaite obtenir les dirigeants, ni les dirigeants eux-mêmes…

Ça n’a guère trainé: une semaine environ après la conférence de presse des actionnaires de Fog pour annoncer leur projet de mise sous mandat ad hoc de l’entreprise (voir «Peut-on encore sauver le soldat Fog?»), la demande va être officiellement déposée devant le tribunal en milieu de semaine prochaine.

Il s’agira alors pour ce dernier de désigner le mandataire adhoc en question qui, pour au moins trois mois probablement, participera a l’élaboration du plan de redressement. On connaît déjà peu ou prou les objectifs des dirigeants. Tout d’abord, réduire autant que possible un endettement qui est à peu de choses près remonté en trois ans au niveau de celui qu’ils avaient pu voir effacé lorsqu’ils s’adjugeaient FOG à la barre du tribunal de commerce d’Orléans en octobre 2009. Ensuite, essayer de rendre l’entreprise sinon profondément séduisante, au moins suffisamment viable pour intéresser l’un des deux investisseurs que Jacob Abbou, actionnaire majoritaire, disait la semaine dernière avoir dans sa manche.

Tensions dirigeants/personnel

Sur le fond, dirigeants et salariés semblent ramer dans le même sens: ils veulent tous croire à l’a venir de Fog, les uns pour préserver leurs investissements et continuer d’espérer en une belle opération, les autres pour maintenir le maximum d’emplois dans le désert industriel qu’est la région de Briare.

Sur les moyens nécessaires pour y parvenir en revanche, les avis divergent profondément. Les actionnaires ne semblent plus pouvoir espérer le même soutien unanime qu’ils avaient obtenu des salariés et qui participait alors à leur victoire devant le tribunal de commerce. A l’aube d’un deuxième plan social violent, les salariés de Fog ont moins envie de croire à nouveau aux rêves de 2009…

Individuellement, ils sont certes logiquement partagés. Il y a ceux qui espèrent que la direction pourra négocier un plan viable et durable préservant le plus longtemps possible leurs emplois. Il y a aussi les autres qui pensent que cette fois, l’avenir ne peut s’imaginer que sans cette direction en laquelle ils n’ont plus confiance. Selon eux, elle n’a fait que vainement espérer vendre au meilleur prix sans jamais vraiment vouloir ni réussir à remettre Fog dans le sens de la piste.

Et ces sceptiques-là ont pris du poids. L’osmose conquérante de 2009 n’est plus d’actualité: récemment, les représentants du CE se sont majoritairement prononcés contre le plan annoncé verbalement par les actionnaires mais très peu détaillé.

Depuis plusieurs années d’ailleurs, ces mêmes représentants ont mis l’actuelle direction «sous surveillance» en mandatant leur propre cabinet d’expertise comptable comme ils en ont le droit. Le CE a même pris un avocat, dans l’espoir qu’il les aidera à rendre visible et audible leur conclusions chiffrées et leur souhait: obtenir ni plus ni moins une liquidation judiciaire avec continuation, comme en 2009, mais cette fois avec un nouvel actionnariat qu’ils voudraient plus long-termiste et de culture industrielle. Une sorte de grand ménage de printemps qui débarrasse l’entreprise de la totalité de sa dette et de la totalité de son équipe dirigeante actuelle…

Les membres du CE n’ignorent pas que leurs contre-expertises et leurs conclusions sont seulement consultatives. Ils espèrent tout simplement réussir à interpeler suffisamment le tribunal de commerce actuellement sollicité pour qu’il prenne deux décisions. Tout d’abord, réfuter le mandataire adhoc pressenti par les actionnaires pour choisir n’importe quel autre, plus neutre à leurs yeux. Ensuite, qu’il prenne le temps de les écouter, pour que l’histoire récente soit mieux comprise par un tribunal et un mandataire neufs et la vision des salariés, au moins écoutée et au mieux, entendue.

De toute façon, sauver le soldat Fog

Mais auront-ils seulement voix à ce nouveau chapitre qui va s’écrire la semaine prochaine? Car la procédure de mandat ad hoc n’a sûrement pas été choisie au hasard. Elle est entièrement confidentielle, autant en ce qui concerne la désignation du mandataire ad hoc qui n’est pas communiquée, qu’en ce qui concerne le déroulement de la procédure et la conclusion de l’accord final sur le plan de redressement adopté et les négociations abouties avec les créanciers. Seul le président du tribunal de commerce ou de grande instance auteur du lancement de la procédure est informé de son terme afin qu’il puisse mettre fin dans les formes à la mission du mandataire ad hoc et arrête sa rémunération.

En tout état de cause, tout le monde se rejoint sur un objectif clair: il faut sauver le soldat Fog…

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2 Commentaires concernant “EXCLUSIF – Comment Fog arrive devant le tribunal…”

  1. Bonjour, comme on dit: La roue tourne, j’ai été licencié par l’équipe commercial dirigeante incompétente, hypocrite, menteur….
    Je souhaite vivement que ces gens soient dans le wagon des licenciements.
    Ils en sont la plupart responsable de la faillite de FOG, surtout quand sur le terrain ils étaient en possession des prix d’achats de l’équipement de garage qu’ils bradaient….
    Directeur général, le directeur commercial à virer….qu’ils connaissent un licenciement chômage, et la déferlante descente aux enfers… c’est vraiment ce qu’ils méritent…..pour le personnel sédentaires, je leur souhaite courage…

  2. bonjour,
    Fog a équipé plus de la moitié des garages en France, des garages qui fonctionnent encore plus de vingt ans après avec ce matériel.
    Problème: pas de pièces détachées pour réparer un pont qui marche trop bien.
    merci

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