DERNIERE MINUTE – Internet: Amazon arrive… et c’est une révolution!

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Depuis le 7 mars, les boutiques auto et moto d’Amazon sont en ligne. Et c’est une vraie révolution. Non pas seulement parce que notre Oscaro national va enfin avoir une concurrence digne de lui. Mais aussi parce que l’organisation en «marketplace» (place de marché) du site aux 14,653 millions de visiteurs uniques/mois va changer le « business model » de toute la pièce en ligne. Un business model qui ouvre la porte aux nombreux sites en mal de rentabilité, aux acteurs qui désespéraient de pouvoir y entrer… et à tous les autres !

Fin d’un long suspens : Amazon.fr a bel et bien débarqué dans l’univers de la pièce auto en ligne. Le 7 mars, le géant américain et européen a mis en ligne la version «bêta» de ses pages auto et moto en trois onglets : «Pièces et accessoires auto», «pièces et accessoires moto» et «outils et dépannage».

La puissance du 1er site de e-commerce de France
Au premier coup d’œil, l’ergonomie semble bien primitive : pas de moteur de recherche par modèle ou version de véhicule mais seulement par marques de pièces, des pages qui ressemblent plus à une farfouille auto qu’à un site digne d’Oscaro… Mais ça ne devrait pas durer. Cette version dite «bêta» est certes une version ouverte au public, mais encore en phase de développement : «nous testerons différentes fonctionnalités et collecterons les idées de nos clients de façon à garantir la meilleure expérience d’achat possible sur Amazon.fr», explique d’ailleurs le site ; «Notre objectif est de proposer une sélection aussi large et à des prix aussi intéressants que sur les autres boutiques Amazon.fr et nous nous efforcerons d’ajouter de nouvelles marques et produits dès que possible». N’en doutons pas : la version définitive sera digne des attentes et des habitudes des internautes automobiles…

En attendant, même inachevée, la boutique revendique déjà 110 000 références et des marques de renom (Philips, Osram, Thule, Bosch, Tom Tom, Garmin, Black & Decker, Michelin, Valeo, Luk, Man+Hummel… voir le communiqué de presse d’Amazon). Elle affiche surtout un pouvoir d’attraction incomparable : fin 2012 selon Médiamétrie/NetRatings, Amazon n’était rien d’autre que le site e-commerce le plus visité en France avec… 14,653 millions de visiteurs uniques par mois (1,616 millions par jour) !

Bien sûr, tous ces visiteurs ne viennent pas pour la pièce. Reste qu’une telle force de frappe peut évidemment aider… et faire peur, aux traditionnels comme aux « webdealers » de la pièce, ces derniers étant pour la plupart exsangues financièrement (voir «Sites de pièces en ligne: ventes agiles, mais rentabilités d’argile…»). Amazon arrive en tout cas dans un contexte où les progressions d’achats de pièces et pneus en ligne tendent, à périmètre comparable, à plafonner. Si Oscaro.com a récemment ajouté l’huile et la batterie à ses lignes de produits, c’est aussi pour maintenir son taux de croissance par l’apport de nouvelles familles…

Le paradoxe du « site des sites »
Mais l’impact à venir d’Amazon sur le marché de la pièce en ligne ne sera peut-être pas celui du rouleau compresseur écrasant tous ses concurrents. En fait, Amazon devrait même être tout l’inverse : une planche de salut pour les sites en mal de rentabilité ! Pour comprendre cet apparent paradoxe, un retour en arrière s’impose.

Depuis 2003, Amazon est devenu une «marketplace» (place de marché). Pour faire simple, cela signifie que le site se veut en quelque sorte la « vitrine » qui expose l’offre d’une multitude de partenaires-fournisseurs. Quand un acheteur fait ses courses virtuelles sur Amazon, il « visite » ces divers fournisseurs, commande auprès d’eux et peut d’ailleurs ainsi être livré depuis des lieux différents. Amazon fait payer sa prestation de mise en relation consommateur/distributeur sous la forme d’une commission commençant à 5 ou 10 % sur les ventes, selon les familles de produits.

Le site fait ainsi d’une pierre, plusieurs coups : il s’assure la meilleure offre par la mise en concurrence d’une foultitude de distributeurs potentiels sur chaque ligne de produits ; il peut s’appuyer sur la logistique et les investissements des dits «distributeurs-fournisseurs» (même si Amazon propose aussi de stocker et d’envoyer) ; et le tout permet d’entretenir un trafic durable… sur Amazon. En fait, Amazon se positionne aussi en « site des sites »…

Un site « ouvert à tous »
Et visiblement, Amazon ne déroge pas à sa règle en matière de pièces auto. La meilleure preuve ? Déjà Piecesetpneus.com, dont ni la notoriété ni la rentabilité n’ont pu décoller, est l’un de ces fournisseurs référencés : son offre est en ligne sur Amazon où il dispose aussi d’un espace dédié. Ce n’est sûrement qu’un début : parmi les liens sponsorisés qui s’affichent dans cette boutique auto (et pour lesquels Amazon perçoit aussi une rétribution), pointent aussi webdealauto, mister-auto, Yakarouler, 123pneus, popgom, allopneus et même Oscaro (cliquer ici et regarder « Les clients ayant vu cette page pourraient aussi être intéressés par ces liens commerciaux »). Et nous en avons sûrement raté…

Il y a donc fort à parier que beaucoup d’autres sites suivront rapidement l’exemple de piecesetpneus. Même si Oscaro n’est probablement là que pour pouvoir évaluer de visu l’impact qu’Amazon peut avoir sur le marché, les autres attendent probablement beaucoup plus du site : il vaut parfois mieux céder une commission que de devoir fermer purement et simplement…

Le business model d’Amazon peut-il dès lors être le sauveur des nombreux sites de ventes en ligne en déshérence financière ? Peut-être, mais rien n’est moins sûr. Car la « révolution » Amazon est aussi ailleurs : cette organisation en marketplace va rendre l’accès à la vente en ligne plus facile à plein d’autres acteurs, à commencer par les traditionnels : il « suffit » d’avoir du stock et de bons prix d’achat. Et si l’on n’a pas la structure pour collecter les commandes et gérer les envois, pas de problème : Amazon stocke vos pièces, reçoit les commandes et envoie vos colis. Bref : Amazon est aussi un « accélérateur de concurrence »…

Et demain ?
On le voit, l’arrivée d’Amazon rebat les cartes. A un moment où la vente de pièces en ligne semblait commencer à se normaliser, le site vient d’une certaine manière relancer de facto le marché en démocratisant son accès. Distributeurs-stockistes, plateformes (et plus seulement ceux et celles qui ont déjà le doigt dans le pot de confiture digitale), vont pouvoir utiliser Amazon comme marchepied internet. C’est d’autant plus possible qu’Amazon évite l’écueil qui agace tant les « traditionnels »: il y a certes le prix, mais, pour l’instant au moins, aucune référence à une quelconque remise, qu’elle soit de 5% ou de 65%…

Il y a donc des opportunités, mais aussi des risques au déploiement d’Amazon. A commencer par celui que le site fait peser sur les prix des pièces. On commençait à pouvoir espérer une remontée des prix, liée justement à la difficile rentabilité des sites de ventes en ligne. Mais Amazon élargit considérablement l’espace. Déjà, des fournisseurs viennent de beaucoup plus loin, comme ce « Tuning » bulgare. Et sans aller si loin, le taux de change entre l’Angleterre et la France peut suffire à rajouter environ 30% de remise…

Si Amazon réussit son coup –et ce sera assurément le cas–, le vente de pièces en ligne sera définitivement pérennisée, le différentiel de prix d’une même pièce physique ou « virtuelle » sera renforcé… et les équipementiers seront un peu plus nombreux à basculer dans la vente directe au(x) site(s)…

l’arrivée de cette « boutique auto » va-t-elle déclencher une deuxième ruée vers l’or des pièces et des pneus en ligne ? Une chose est certaine : on le saura vite…

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6 Commentaires concernant “DERNIERE MINUTE – Internet: Amazon arrive… et c’est une révolution!”

  1. Bonjour,
    je reviens sur le sujet car, quand je vois qu’il y en a qui croient que l’on veut augmenter nos marges, cela est faux! Ce que nous voulons, c’est que nous puissions travailler dans les meilleures conditions et contrer ces sites qui vendent de la pièce. Ainsi, ils contribuent au développement du travail au noir; je pense que nous autres professionnels nous avons dans l’ensemble des marges convenables de la part de nos fournisseurs qui, eux aussi, sont pénalisés par cette concurrence que j’appelle déloyale.

  2. Les réparateurs qui critiquent trop souvent leurs distributeurs devraient penser eux aussi à faire des efforts vis-à-vis de leurs clients.

    Demander sans cesse des remises supplémentaires, pourquoi pas; mais que ce ne soit pas uniquement dans le but d’augmenter leur propre marge…. Et c’est quasiment toujours le cas !!!!

  3. @Pascal, franchement vous pensez qu’il y a quoi dans vos boites Motrio ?

    @Hassani, si l’AD fait pression sur des fournisseurs tels que Valeo, Bendix et autres, ce n’est que pour obtenir plus de remise et plus de RFA en fin d’année.

  4. bonjour…
    Le discours de Pascal n’est pas idiot. Je crois savoir que l’AD fait pression sur ses fournisseurs dans ce sens. De grosses enseignes ne font plus partie de leur fournisseurs pour cela.

    Faudrait que GROUPAUTO, ETC. suivent le mouvement et surtout que les pro refusent de monter les pièces…

  5. Nous sommes au 21ème siècle…saisissons les opportunités!!!

  6. Bonjour,
    Il y en a marre des ces revendeurs de pièces qui font n’importe quoi. Pour ma part, je ne travaille plus avec les plus grandes marques distributeurs qui cassent les garages et les petites entreprises.

    Collègues, refusez de travailler avec ces marques qui nous saquent et mettent nos marges en péril ainsi que notre travail. Faites comme moi: refusez de poser les pièces qui viennent de je sais où et travaillez avec des pièces comme TECHNIKA, MOTRIO.

    Si nous nous unissons dans ce sens, les fournisseurs comme Bosch, Bendix, Valeo -enfin toutes ces marques que l’on trouve sur le net- devront revoir leur politique car si nous arrêtons de nous fournir de ces pièces, ce sont eux qui ne vendront plus de pièces et là, nous pourrons à nouveau refaire des marges correctes et retrouver un peux plus de rentabilité.

    Je vous le demande à tous: bloquons ces grandes marques qui vendent sur le net moins cher que nos marges.

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