Secur : une campagne amortisseurs… au ressort usé

Depuis l’inédite promo au canard vibrant de juin 2015, nous pensions le filon du plaisir féminin déjà largement exploré. Un nouveau standard en la matière vient d’être établi par la Collective des amortisseurs dans sa dernière campagne 2016 visant à promouvoir le remplacement du produit. Mais en l’occurrence, c’est le ressort humoristique qui est un peu usé…

Bien sûr, nous comprenons les codes utilisés par ce nouveau spot de la Collective des amortisseurs destiné au web. La référence au féminisme trash de «Sex & the City» est claire. Tout comme l’est le clin d’œil appuyé aux actuelles pubs TV nocturnes mettant en scène un couple, une démonstratrice et la gamme des articles de plaisir de Durex. Reste quand même à savoir s’il fallait vraiment se laisser glisser ainsi jusqu’au quiproquo lourdingue.

Dans ce spot baptisé «Plaisir à domicile», le scénario met en scène trois écervelées qui, durant une réunion de vente à domicile, vont prendre un amortisseur… pour un godemichet révolutionnaire. On les voit ainsi se troubler dès que l’animatrice vante les mérites d’un «tout nouvel objet 100 % plaisir et ultra sécurité». Elles échangent des regards coquins et incrédules quand la démonstratrice leur montre la chose en question (hors champ, le spectateur ne sait toujours pas de quoi il s’agit). Elles frémissent quand on leur décrit le mystérieux objet comme «ni trop dur, ni trop mou, tout est question de ressort et de vibration». On comprend définitivement que l’instrument est phallique quand la plus frivole des trois va ponctuer son émoi d’un ambigu « Oh-my-god » (?!). Elle vient d’entendre que, «une fois monté, vous avez les sensations mais vous ne le voyez plus : tout se passe à l’intérieur».

On les rassure définitivement : même si «ça a l’air imposant, c’est terriblement efficace ; que vous vouliez aller vite ou tout en douceur, vous avez le contrôle absolu de vos trajectoires…» Les voilà toutes les trois prêtes à franchir le pas quand le quiproquo tombe. Elles découvrent qu’il faut «le changer tous les 80 000». «Il faut compter ?» va alors s’inquiéter l’une des trois femmes, toujours branchée plaisirs solitaires. Mais non, s’étonne alors la démonstratrice faussement interloquée : il s’agit de tous les 80 000… km !

On vous passe la scène finale où on ne saurait dire si la présentatrice exhibe l’amortisseur comme un trophée ou comme un fusil d’assaut…

Autobacs féministe contre Collective sexiste…

Pourquoi nous attardons-nous sur cette campagne de la Collective ? Parce que même en matière d’amortisseurs, le ressort du sexisme nous semble largement usé. Elle n’est plus vraiment d’actualité, la femme inévitablement imperméable à la chose automobile puisqu’uniquement sensible aux plaisantes futilités. En outre, le hasard des communications a fait qu’Autobacs vient juste d’opposer le spot ci-dessous à cette communication passéiste.

Sur BFM Paris, l’enseigne de centres auto met ainsi en scène une femme “normale” qui a commandé ses pièces par internet et les reçoit au bureau. «Encore des nouvelles chaussures ?», taquine alors son goguenard collègue masculin. Puis, découvrant des jantes dans le colis, il raille en bon macho moqueur : «tu t’y connais en voitures, toi ?» «Non, je connais juste des spécialistes», tacle la cliente d’Autobacs (voir aussi notre article sur le sujet)…

Ces deux campagnes s’appuient certes sur l’incompatibilité théorique entre femmes et automobile. Mais ce faisant, elles adoptent deux angles diamétralement opposés. A votre avis, lequel de ces deux messages peut emporter l’assentiment des femmes automobilistes ?

3 commentaires concernant “Secur : une campagne amortisseurs… au ressort usé”

  1. Effectivement affligeant. Et effectivement, cette pub semble faite par des hommes qui rient comme des hommes (nous aussi on peut caricaturer, non?). Et qui oublient que 49% des clients après-vente… sont des clientes!

  2. J’approuve totalement le contenu de votre billet d’humeur !
    Cependant, je pense que cette campagne s’adresse plus aux hommes qu’aux femmes qui, eux, vont trouver cela très drôle…si, si 🙁 !

  3. Bonjour,
    Voici un copier coller de ce que j’ai écrit sur la page FB de la collective, 100% d’accord avec vous!
    Ange ou démon était vraiment un film excellent, créatif, fin, remarquablement réalisé et avec juste ce qu’il faut de provocation iconoclaste … Le psy était pas mal, malgré une certaine « évidence » de scénario. Il y a eu ensuite la douche avec les deux hommes, là on commence à tomber dans la facilité du quiproquo mais ce n’est rien à côté de votre dernière production: machiste, sexiste, dégradante, … sans parler de la pauvreté du scénario. Je ne suis pas persuadé que vous réussirez à convaincre les femmes de changer leurs amortisseurs en les faisant passer pour des dindes écervelées qui gloussent en permanence. Dommage!

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À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

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