Gipa : quand les positionnements après-vente convergent…

Selon une étude Gipa qui « fuitait » récemment dans la presse,  les spécificités historiques des différents acteurs de l’après-vente se sont érodées en 4 ans. Tous tendent à converger, raréfaction des entrées-atelier oblige, vers une offre généraliste…

Eric Devos

Récemment, quelques chiffres de l’étude annuelle sur la réparation du Gipa et habituellement réservés à ses seuls adhérents, ont « suinté » dans la presse pro. Des chiffres particulièrement intéressants puisqu’ils soulignent l’évolution des divers acteurs (RA1, RA2, MRA avec ou sans enseigne, centres auto, spécialistes et pneumaticiens) en termes de grosses réparations. « Attention toutefois aux interprétations trop hâtives« , souligne Eric Devos, le directeur général de Gipa ; « contrairement à l’impression donnée par certains articles, ces chiffres ne mesurent pas l’évolution des parts de marché des uns par rapport aux autres. Ils ne permettent que de comprendre l’évolution de la part prise par la réparation technique dans l’activité totale de chaque acteur« .

Des progressions « relatives »
Prenons l’exemple des réparateurs rapides (centres auto, spécialistes et pneumaticiens) pour qui le Gipa constate la plus forte progression en termes de réparations lourdes en 4 ans (7% de leur CA en 2009 pour 17% en 2012). Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils aient progressé d’autant sur ce segment de marché, explique E. Devos : « On ne donne là que la progression de la part des dites réparations lourdes dans le CA moyen des seuls réparateurs rapides« .

Et encore faut-il connaître l’évolution des autres activités de ces mêmes réparateurs rapides (pneumatiques, vidange, pose d’accessoires, etc.), pour pouvoir évaluer la réalité de cette progression : « Car si l’une ou plusieurs de ces activités ont reculé sur la même période, le pourcentage de la réparation lourde peut avoir progressé relativement aux autres, mais sans traduire nécessairement une réelle conquête sur les autres acteurs« , précise-t-il. D’ailleurs, la part de CA des centres auto en matière d’entretien courant, leur terrain de prédilection historique, a, lui, reculé de 6 points durant la période 2009-2011…

La même relativité est à appliquer aux MRA (avec ou sans enseigne), pour qui la part de la réparation lourde a progressé de 4% en 4 ans pour représenter en 2012 un tiers de leur CA moyen.  Et la même prudence s’impose dans l’interprétation de la stagnation de la réparation lourde chez les RA1 (1/4 du CA) et le recul de 2 points dans le CA des RA2 (26%du CA) …

Les spécificités historiques s’effacent…
Ok pour la relativité de ces chiffres. Mais en valeur absolue, qui au final a gagné ou perdu des parts de marché ? « Ces données sont réservées à nos adhérents« , souligne avec une malice vengeresse un Eric Devos décidément jaloux de la confidentialité des données collectées par ses équipes.

Mais au moins acceptera-t-il de confirmer la tendance générale que ces chiffres inspirent : les territoires de prédilection historiques des uns et des autres s’effacent. Dans un contexte de recul structurel des entrées-atelier, « les divers acteurs, quels que soient leurs positionnements « naturels », explorent l’ensemble des segments de l’après-vente, qu’il s’agisse de l’entretien préventif ou de l’entretien curatif. Assez logiquement donc, les différences s’érodent et les cartes se redistribuent« , conclut-il.

Reste qu’au rythme où les positionnements semblent effectivement converger, il va falloir tôt ou tard se demander comment, en faisant tous les mêmes métiers de la même façon avec les mêmes compétences, les professionnels vont réussir à se différencier pour mieux séduire. Une prochaine étude Gipa nous le dira peut-être…

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