EN DIRECT – Fog: les salariés tentent «la manif’ de la dernière chance»

Depuis ce matin 11 heures, une manifestation des salariés de Fog Automotive se déroule devant leur entreprise de Briare. Ils souhaitent ainsi peser sur le mandataire et la direction, réunis cet après-midi pour peaufiner un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Objet de leur action : obtenir du mandataire et du tribunal qu’avant de trancher, ils explorent au moins d’autres solutions que le seul plan de la direction…

Une manifestation des salariés de Fog se déroule en ce moment même à Briare, devant le siège de l’entreprise. Le climat est à l’urgence : à l’intérieur, la direction et madame Julie Lavoir, la mandataire désignée par le tribunal de Commerce de Paris, s’apprêtent à valider les derniers détails du plan de redressement ; à l’extérieur, plus de 90 salariés de Fog, soit plus de la moitié des 134 employés du groupe.

S’ils manifestent, expliquent-ils, c’est pour peser, autant que faire se peut, sur les décisions qui s’apprêtent, selon eux, à aggraver la situation de l’entreprise. Et ils ne sont pas seuls. Dans les frimas de cette fin de matinée grise, Marius Collot, le maire de Briare, souligne que l’entreprise, à elle seule, «représente 10% des emplois du bassin de Briare». Il y a aussi Anne Leclerc, conseillère régionale, venue exprimer elle aussi ses inquiétudes quant au destin de l’une des rares entreprises de la région. Parallèlement, M. Malizart, représentant du ministère du Redressement Productif, n’est pas présent mais travaille au dossier : il s’apprête à déjeuner avec Julie Lavoir…

Grosses inquiétudes
D’emblée, les salariés souhaitent clarifier leur démarche : «Nous sommes en colère contre les décisions qui s’apprêtent probablement à mettre une fin définitive à l’histoire industrielle de Fog. L’actuelle situation de l’entreprise est hélas inquiétante et le plan qui risque d’être décidé ne nous rassure guère», expliquent en choeur les représentants du personnel qui rappellent que la direction a confirmé à la presse que l’entreprise subit un endettement «insurmontable» de 12 millions d’euros, soit la moitié du CA annuel du groupe (voir «Peut-on encore sauver le soldat Fog?»).

Selon eux, «le plan actuellement discuté ne résoudra rien», précisent-ils : «car quand l’entreprise se retrouvera amputée de la moitié de ses salariés du fait de la disparition programmée de la production, l’endettement, même réduit d’un tiers ou de la moitié, hypothèquera de toute façon au moins toujours autant les capacités de rebond de Fog».

Mais malgré la dénonciation d’une «ambiance détestable qui préside aux relations internes» depuis la mise en redressement judiciaire, les salariés veulent rester raisonnables et raisonnés : «Malgré tout, nous restons pragmatiques et conscients que des décisions douloureuses doivent être prises en termes d’emplois et que la survie de Fog ne pourra en faire l’économie», tiennent-ils à préciser. «Ce qu’en revanche nous n’acceptons pas, c’est que le plan de redressement soit en passe d’être décidé sans qu’aucune autre solution n’ait été réellement étudiée par la mandataire désignée», poursuivent-ils en dénonçant l’absence totale de recherche de solutions alternatives.

Attention toutefois : tous les salariés ne sont pas d’accord. Deux thèses s’affrontent. Il y a ceux qui espèreraient une liquidation pure et simple qui permettrait à un repreneur éventuel de reprendre l’ensemble, production comprise ; et il y a les autres pour qui une liquidation est ressentie comme trop dangereuse pour qu’on écarte un plan de continuation en l’état actuel.

Pas d’autre solution ?
En tout cas, les salariés vivent et veulent leur «manifestation de la dernière chance» comme l’expression d’un bon sens «que ni le tribunal, ni la mandataire ne semblent vouloir partager avec nous. Mais quand il s’agit de rayer d’un trait de plume la moitié des effectifs d’une entreprise, il est inacceptable que la seule option étudiée et retenue soit, au final, le seul plan de redressement défini par une direction qui nous a déjà conduits, en à peine trois ans, à cette situation quasi-désespérée».

Pour que le personnel puisse croire que la moins mauvaise des solutions est finalement adoptée, «encore faudrait-il que le tribunal, la mandataire et la direction commencent au moins par en chercher une autre !», s’enflamme un salarié qui affirme qu’au moins une demande de consultation du dossier a été présentée par un possible repreneur… et refusée sans plus d’attention. La réunion du CE qui doit discuter le plan risque de durer tout l’après-midi. A suivre…

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