Pour le Megacities Institute, le véhicule autonome est déjà là

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À l’initiative du Mégacities Institute, le GiPA a mené une enquête auprès d’automobilistes possédant des véhicules équipés de systèmes autonomes tels que le freinage d’urgence, le régulateur de vitesse ou l’assistance au stationnement. Même si ces automobilistes émettent quelques petites réserves sur leur utilité ou leur fonctionnement, ces équipements seront pris en compte pour le rachat d’un nouveau modèle. Quant à l’autonomie totale, la plupart sont prêts à mener l’expérience, surtout chez les gros rouleurs et les plus jeunes.

En parallèle d’une étude de Bosch sur les Adas, Megacities Institute, une structure créée par Allianz, Bosch et le Gipa, vient de publier sa «première étude indépendante et multimarque sur les conducteurs de véhicules semi-automatisés et leur regard sur la voiture autonome».

C’est l’une des volontés de cette structure de comprendre ce type d’attente. Réalisée par le GiPA, cette enquête a été menée en ligne à la fin de l’année 2018 auprès d’un échantillon de 474 conducteurs dont le véhicule est équipé d’au moins l’un des trois systèmes d’aide à la conduite étudiés : freinage d’urgence, régulateur de vitesse et/ou aide au stationnement.

«Pour un assureur comme Allianz, il est important de comprendre ce qui change dans la société, dont la mobilité et où nous allons», explique François Nédey, membre du Comité exécutif d’Allianz France. «L’étude est exploratoire car nous sommes au début des systèmes d’aide à la conduite. Les parts de marché sont celles de 2017 pour cette étude réalisée en 2018», complète Odette Dantas, directrice générale adjointe du GiPA.

Réduire les accidents

Il est à remarquer dans cette étude que 91% des répondants sont des hommes dont l’âge moyen est de 55 ans pour près de 50%, soit un ratio proche de l’âge moyen des acheteurs de véhicules neufs en France qui se situe à 53 ans. Ils sont 43% à rouler dans des modèles Premium, dont 91% d’entre eux parcourent entre 20 et 30 000 km par an. Le taux d’équipement des véhicules en Adas de niveau 2 se répartit ainsi :

  • Système de freinage d’urgence : 87%
  • Régulateur de vitesse : 71%.
  • Stationnement automatique : 50%

En ce qui concerne le niveau d’importance dans l’achat, le freinage est à 50%, le régulateur de vitesse est à 61% et le stationnement à 19%. Ainsi, le premier élément équipant les véhicules des personnes interrogées, le freinage d’urgence, pourrait rapidement devenir obligatoire au plan législatif. Il permet une réduction de l’accidentologie, notamment quand on sait qu’il représente dans le Grand Paris 45% de tués piétons et 5% de cyclistes.

Danger potentiel

D’après l’étude, le freinage d’urgence est activé dans 94% des cas. On remarque que 44% des répondants déclarent qu’il peut se déclencher à des moments inappropriés. Il apparaît qu’une formation sur cet Adas devrait être assurée auprès des automobilistes en raison du bruit généré et de la brutalité du freinage face à un danger potentiel.

En ce qui concerne le vécu par rapport aux attentes du freinage d’urgence, on remarque que 45% considèrent qu’il apporte de la sécurité, que les systèmes sont fiables pour 33% et que le risque de dysfonctionnement n’est mentionné qu’à hauteur de 18%. Ils sont 75% à penser qu’ils l’utiliseront toujours et 51% l’estiment indispensable lors d’un prochain achat.

Pour sa part, le régulateur de vitesse est enclenché dans 79% des cas et même 33% ne le désactivent jamais. C’est un élément perçu comme une sécurité dans 41% des cas avec un risque de dysfonctionnement potentiel évalué à 14%. «Plus je suis senior et moins je fais de kilomètres et plus j’utilise le régulateur de vitesse», constate O. Dantas. On note que 57% des répondants indiquent que c’est un équipement important en renouvellement de véhicule. Et F. Nédey (Allianz) rappelle au passage que 29% des accidents mortels sont dus à la vitesse et 28% à l’alcool et aux stupéfiants.

Modifier les infrastructures

Enfin, les systèmes de stationnement automatique sont utilisés régulièrement à hauteur de 23% et pour 43% seulement si la place est étroite. Ils sont 18% des automobilistes interrogés à déclarer ne jamais l’utiliser. Quant à la fiabilité du système, il est reconnu à hauteur de 33% et le niveau de sécurité supplémentaire à 26%. Ils ne sont que 15% à penser qu’il peut y avoir un risque de dysfonctionnement. «Sur cet équipement, le bluff technologique fait son effet, car il a un vrai effet visuel sur l’assistance», remarque Franck Cazenave, directeur Smart Cities et Véhicule Autonome Bosch France.

À tel point que dans 40% des cas, il sera un critère de rachat. Enfin, à la question de savoir si les conducteurs sont ouverts à utiliser une voiture réellement autonome, 65% des répondants se sentent prêts. Ce sont plutôt les gros rouleurs et les jeunes. Pour 15% des répondants, les voitures autonomes sont déjà là. Ils sont 60% à penser qu’elles partageront les mêmes routes à l’avenir contre 6% pour des voies dédiées.

«La voiture autonome sera autorisée en France en 2020 si la Convention de Vienne le permet», rappelle F. Cazenave. «Tous ces changements vont modifier structurellement les infrastructures, les villes, etc. La manière de penser l’automobile actuellement devra se modifier avec l’arrivée des véhicules autonomes», conclut F. Nédey.

voir aussi : «Voiture autonome : mythe moderne ou réalité prochaine?»

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