Nouveau contrôle technique : évolution sans révolution selon Dekra

On craignait la mise en application du nouveau contrôle technique en 2018. Malgré tout, plus qu’une révolution, Dekra a plutôt constaté une évolution. Reste que les défaillances techniques les plus récurrentes portent sur la sécurité des usagers : pneumatiques, freins et feux stop. Et c’est plus le recrutement des contrôleurs qui pose problème en raison de l’augmentation du niveau de qualification, passé du CAP au Bac Pro.

Karine Bonnet, présidente du Réseau Dekra.

Karine Bonnet, présidente du Réseau Dekra.

Jusqu’au 19 mai 2018, les contrôles techniques se basaient encore sous l’ancienne directive. Mais le 20 mai, on s’attendait à une grande révolution en raison de l’application de la nouvelle réglementation européenne CE 2014/45. On passait ainsi de 12 fonctions et 140 points de contrôle, soit 459 défaillances possibles dont 206 à contre-visite ou report de visite, à 133 points de contrôle générant 610 défaillances potentielles, dont 470 à obligation de contre-visite. Ces défaillances sont classées en deux catégories : 341 sont dites majeures et 129 sont qualifiées de critiques.

«S’il apparaît plus sévère, le nouveau contrôle technique permet d’aller au bout de la mission de prévention», reconnaît Karine Bonnet, présidente du Réseau Dekra. Ainsi, en 2018, 20,5 millions de VL et VUL sont passés au contrôle technique, ainsi que 300 000 véhicules répondant à des réglementations particulières. Seuls 12,9% ne présentaient aucune défaillance élémentaire, soit un peu plus d’un point de moins que les 14% de 2017. Et on constate peu de différence entre l’avant et l’après 20 mai 2018 puisque, par exemple, 19,4% ont été soumis à contre-visite. On remarque encore que depuis l’application du 20 mai 2018, seuls 1,3% de véhicules présentent des défauts critiques. Les trois défaillances principales concernent les pneus, les freins et les feux stop.

Recrutements plus difficiles

En fait, le changement le plus notable concerne les contrôleurs techniques. Si on leur demandait un simple CAP pour exercer, «aujourd’hui le recrutement se fait au niveau du Bac Pro. Et tous les ans, les contrôleurs subissent des épreuves de maintien de qualification», explique K. Bonnet. Ce niveau Bac Pro rend donc les recrutements plus difficiles, ce que Dekra tente de compenser par le biais de son Summer Campus à destination des jeunes diplômés.

En effet, dans les toutes prochaines années, de nombreux contrôleurs vont partir à la retraite. Les estimations parlent de près d’un tiers des 6 500 spécialistes actuels. Outre le recrutement, se pose aussi la question du relationnel client. Dekra forme ses équipes afin de renforcer leur rôle pédagogique, car «il y a toujours une crainte en cas de mise en défaillance critique d’un véhicule. Mais il n’y a pas eu jusqu’à maintenant d’incidents majeurs constatés», reconnaît K. Bonnet.

Côté tarif du contrôle, on imaginait aussi une flambée du prix, mais il est quasiment stable se situant en pratique à moins de 70 €. Dekra propose aussi plusieurs forfaits. Tout ça se faisant en attendant la mise en place du contrôle 5 gaz, prévu pour 2022, ou le contrôle technique 2 roues. Ces sujets demandent cependant des études complémentaires.

Dernier point où Dekra intervient encore, le code de la route. Si en Allemagne et en Nouvelle-Zélande le groupe fait aussi passer la conduite, en France on se limite au code. Dekra vise les 200 centres agréés d’ici à la fin de l’année 2019.

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