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Equip Auto 2019 – Essai 2017 transformé!

Près de 100 000 visiteurs malgré une grève des transports, soit +2 à 2,5% au total et une jolie progression de +22% d’internationaux, Equip Auto a réussi sa transformation ébauchée en 2017. Le voilà campé sur son format plus festif, dopé par un courant de business qui semble avoir satisfait les exposants. Les équipementiers présents ont su devenir très majoritairement “réparateurs-compatibles”. Et les organisateurs ont rééquilibré les flux des 3 halls…

Dans notre édition papier de début octobre, nous titrions «Equip Auto 2019 va-t-il transformer l’essai 2017 ?» La question restait en effet posée, mais sans grande crainte tant les mutations de 2017 semblaient l’avoir bien réorienté (voir «changement réussi d’air, d’ère… et d’aire !»).

Mais sait-on jamais… Force est finalement de constater que, contrairement à l’équipe française de rugby de la coupe du monde, Equip Auto n’a pas faibli et a tenu en 2019 toutes les promesses faites en 2017. Il a bien transformé l’essai, en faisant même mieux qu’il y a deux ans. Aux 93 447 visites d’alors, il vient d’opposer le chiffre symbolique de «presque 100 000 visites» en 2019, selon son bilan officiel publié lundi après-midi.

Enfin des halls homogènes

Pour nous qui avons sacrifié plus de 15 000 pas quotidiens à arpenter les trois halls, cette progression de +2 à +2,5% semble cohérente. Mais surtout, ces presque 100 000 visites semblent s’être réparties entre les 3 halls de façon bien plus homogène qu’il y a deux ans.

Cette répartition optimisée du visitorat était effectivement ardemment souhaitée, notamment par les exposants frustrés des halls 2 et surtout 3 en 2017. Cette année, la savante fermeture de certains accès ont obligé les visiteurs à n’entrer ou sortir que par le hall 1 ou le hall 3. L’astuce a marché : cette configuration a amélioré la régularité des flux  ; probablement a-t-elle pu également convaincre, en amont de l’événement, quelques stands à fort pouvoir d’attraction d’accepter de sortir d’un hall 1 tant convoité pour se répartir dans les deux autres, consolidant ainsi un meilleur œcuménisme des visites. Que ceux qui, comme nous, ont parfois pesté d’avoir à marcher plus que d’habitude se consolent donc d’avoir payé ainsi le petit prix d’un meilleur bien commun (et d’une meilleure santé)…

Grève SNCF : même pas mal…

Bien sûr, les organisateurs ont sûrement un regret : que la grève surprise des transports soit venue contrarier les visites des deux derniers jours, notamment celles tant attendues de nos lointaines provinces. Equip Auto semblait pourtant avoir cassé son mauvais Karma en ayant pu éviter en 2017 ses habituelles déconvenues exogènes. Tel ce 11 septembre de sinistre mémoire. Telle la crise financière de 2009 doublée d’une excessivement terrorisante grippe A. Telles ces grèves de rentrée sociale si régulièrement françaises…

Le salon peut cette fois se consoler par une notable progression du visitorat international (+22%) qui privilégie naturellement l’avion sur le train. Il est vrai aussi que 60% des 1 200 exposants étaient internationaux. Tout cela prouve bien que, sans trains annulés, les Français eux aussi seraient probablement venus encore plus nombreux…

Puisqu’il vient de progresser malgré l’adversité syndicale, Equip Auto n’a pas besoin de s’abriter derrière cette mauvaise surprise ferroviaire de 2019 pour se justifier. Il pourra même transformer cette mauvaise surprise en attractive promesse pour 2021 : si la prochaine édition ne subit pas d’événement extérieur, elle devrait pouvoir franchir le sommet mythique des 100 000 visiteurs frôlé cette année et longtemps hors d’atteinte depuis le record de 102 725 visites de 2011…

Absents et semi-présents

Les présents auront donc eu plus que jamais raison, et les absents plus que jamais tort (voir «Les nouveaux venus et les revenants»). Dans le festival de distributeurs présents, nombreux sont ceux qui regrettent d’autant plus l’absence bruyante d’Alliance Automotive Group, de ses enseignes de distribution comme de réparation. Le distributeur était pourtant revenu en 2017…

Côté équipementiers, nous ne résistons pas au plaisir de souligner la surprenante mais réelle présence de Valeo malgré sa très regrettée absence institutionnelle. En début d’année, lors d’un événement Nexus, son président Jacques Aschenbroich avait laissé entendre que l’équipementier serait présent à l’édition 2019 (voir «5ème anniversaire de Nexus : le P-dg de Valeo à l’honneur»), alors qu’il avait déjà fait savoir ne pas y être. Le P-dg n’aura donc finalement pas été parjure : le 1er équipementier français qu’il dirige remplissait l’un des angles du village de l’APAM (Feda, SNCTA, les Pros du Pneu et la FNA), pendant que ses vertes et souriantes équipes sillonnaient les allées.

Mélange réussi des cultures

Oui, les absents ont eu tort. L’impression générale très positive que laisse cet Equip Auto est à la hauteur de sa profonde révolution. Les stands équipementiers claquemurés d’antan ont enfin troqué cette règle pour de rares exceptions. Presque tous ressemblaient enfin aux riants et festifs stands des équipements de garage, multipliant concours, démonstrations et animations diverses. Les exposants allemands, qui les premiers étaient passés de stands bourgeois-guindés à des plateaux ouverts à la gourmandise des réparateurs, ont visiblement fait école. Sans oublier bien sûr le programme de 34 conférences et des multiples tables rondes destinées à aider les visiteurs à décrypter les grandes tendances…

Bravo aussi à la Fiev d’avoir, après le glaçant constat de 2015 (voir «Plaidoyer pour l’Equip Auto d’hier et donc, de demain !», su encourager avec succès les tenants du « tout 1ère monte » à enfin se désengourdir les muscles après-vente… D’ailleurs, félicitons aussi les organisateurs pour avoir su mélanger les cultures et les genres tout en respectant les sectorisations, capillarisant ainsi un peu plus les visites et les pôles d’attraction. Nous avons même eu l’impression qu’il y avait moins de stands chinois qu’à l’habitude, alors même qu’ils étaient, nous affirme-t-on, aussi nombreux.

Le rôle de la porte de Versailles

Quel rôle a joué la relocalisation parisienne par rapport à l’ancien Parc des Expositions de Villepinte ? Un rôle indirectement moteur. Si vendredi et samedi n’ont pas été si violemment contrariés par la grève, c’est probablement parce que les visiteurs ont été plus nombreux à planifier un week-end dans la capitale dans la foulée de leur venue à Equip Auto. Et pour les exposants souhaitant enchaîner par une soirée festive, c’est éminemment plus simple depuis la porte de Versailles que de Villepinte. Avant la relocalisation parisienne, la moindre sortie vers la capitale imposait de quitter le Salon dès 16 heures pour éviter les embouteillages…

Car cette fois c’est certain : Equip Auto continuera d’exister, tant l’édition 2019 est venue confirmer la relance 2017. Au détour d’une allée, nous avons croisé Olaf Mußhoff, le directeur du puissant Automechanika Francfort. Quoi de mieux que l’avis d’un concurrent ? Il nous a confié avoir trouvé un Equip Auto bien plus dynamique, ouvert et festif.

Oui, voilà Equip Auto de retour sur ses rails de salon incontournable de l’après-vente, lui dont on craignait une mortifère déshérence il y a seulement 4 ans. «Après une édition 2017 repensée et réussie, nous avions à cœur de confirmer le renouveau d’Equip Auto, a expliqué Philippe Baudin, le président d’Equip Auto. En amont du salon, le travail de fond sur la stratégie, mené en concertation avec l’ensemble des organisations professionnelles, nous a permis de replacer le salon au cœur des enjeux de la filière et de revisiter son format».

Quelle visage le salon arborera-t-il en 2021 ? Philippe Baudin élude la question avec l’air entendu et taquin de celui qui prépare déjà un bon coup. On le connaît assez pour s’y attendre : il n’est pas homme à se satisfaire d’un acquis, aussi positif soit-il…

Voir aussi «Les nouveaux venus et les revenants».

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