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Coronavirus: l’expérience italienne de Guy-Olivier Ducamp, directeur Europe de l’Ouest de Point S et managing director Italie

Il est arrivé en Italie en 2012, il avait créé First Stop France en 2005 puis son entreprise propre en 2014, avant d’arriver chez Point S en 2016 pour développer l’Europe de l’Ouest. Transalpin, Guy-Olivier Ducamp a vu débarquer le coronavirus un peu plus tôt que nous. Sa vision du déroulement des événements italiens fait figure de prédiction : nos voisins italiens ont 4 semaines d’avance sur nous. Sa conviction : le confinement va accélérer la digitalisation de tout le secteur. Retour d’expérience du confinement et de ses conséquences en Italie pour la réparation automobile…

Exemple de digitalisation à l'italienne: forcé par le confinement, Point S a organisé des réunions régionales digitales avec les réparateurs Point S. Peu digitalisés comme partout, ils sont en train d'y prendre goût...

Exemple de digitalisation à l’italienne: forcé par le confinement, Point S a organisé des réunions régionales digitales avec les réparateurs Point S. Peu digitalisés comme partout, ils sont en train d’y prendre goût…

Guy-Olivier Ducamp

Guy-Olivier Ducamp

“L’Italie devrait connaître une phase de pic la semaine prochaine et alors s’aggravera l’émergence sanitaire. la France ayant adopté des résolutions similaires, se posera vite la question sur le fait de devoir ouvrir ou pas nos garages, nos concessions.

“Il y a 3 semaines, le gouvernement italien a décidé de sécuriser une première zone rouge créant déjà un impact colossal sur l’automobile (quelques chiffres en Italie sur le mois de février 2020, VN -8,8%, VO -1%, les loueurs ont accusé une baisse de CA de 80% au nord et ne parlons pas du marché du pneu) et tout ceci c’était avant le shutdown de la semaine passée, le jour où le gouvernement italien a commencé la publication de plusieurs décrets oubliant dès les premiers instants les réparateurs automobiles et laissant à chacun l’arbitrage et l’interprétation des décrets et donc des ouvertures ou fermeture des garages ou concessions.

“Mais dès le début de la crise, le nombre d’entrée en atelier avait chuté de la moitié, et depuis le shutdown italien, ouvert ou fermé la question n’est pas là. Les voitures ne sont pas là et les clients ont disparu (isolement oblige).

“Nous aussi nous nous sommes posés la question de l’ouverture mais nous sommes très vite parvenus à un consensus. Notre devoir de réparateur est d’assurer un service minimum, de garantir la mobilité du personnel et des véhicules de soins, évidement en respectant les mesures de sécurité imposées par le décret et la santé de nos employés, mais devons-nous encore penser que la France pourrait avoir un écueil différent ?

“Il serait peut-être utile de créer un annuaire des réparateurs ouverts et un système d’astreinte afin de garantir notre devoir d’utilité publique, construire et partager les best practices des PCA (plan de continuité d’activité) et favoriser l’accès aux amortisseurs sociaux (micro-crédit, usage du report de TVA, chômage partiel ou encore les aides de la BPI ou autres).

“Sans doute devons-nous regarder d’autres secteurs d’activité et nous empresser de créer un PRA de la filière plutôt que de savoir si nous devons rester ouverts ou non. Sur ses 500 centres en Italie pour notre enseigne, seulement 80 sont encore ouverts aujourd’hui et pour chaque journée d’ouverture, on creuse la perte nous avons donc lancé un PRA (plan de reprise d’activité) pour permettre à chacun de pouvoir se créer des opportunités ou du moins un modus operandi.

“Il y aura un après covid-19 mais nous devons le préparer en tant que filière en laissant à chaque enseigne sa propre stratégie mais unissant nos forces, le temps est à la construction de cet après.

 

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