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Covid-19 : l’opportunité d’un changement pour Delphi Technologies

Acteur du marché de la première monte comme de la rechange, Delphi Technologies reconnaît l’impact inédit de la pandémie de Covid-19 sur les ventes de pièces mais considère, par la voix de son président Aftermarket, Alex Ashmore, que cet événement sans précédent constitue l’opportunité de plusieurs changements dans le monde de l’après-vente automobile, et notamment de l’accélération de la digitalisation.

Selon Delphi Technologies, tels sont les quelques effets vertueux qu’a pu avoir la pandémie de Covid-19 sur le secteur automobile…

Fort d’une trentaine d’années d’expérience dans le monde de l’automobile, Alex Ashmore, senior vice president de Delphi Technologies et président Aftermarket de l’équipementier américain, a donc le recul nécessaire pour considérer l’impact de la crise économique née de la pandémie de Covid-19. Et cette dernière a déjà impacté davantage le secteur de la rechange que la fameuse crise de 2008 ne l’avait fait. « Avant le covid-19, la pire crise a été celle de 2007-2009 où la rechange automobile nous a montré à quel point elle pouvait être résistante, souligne-t-il. Au cours de cette période, j’ai également vu les ventes de véhicules neufs chuter de 42% aux États-Unis, tandis que les ventes de la rechange ont connu une baisse de seulement 1%. »

Un rebond plus fort pour l’après-vente

Une résistance due à l’anticyclisme réputé du marché de la pièce de rechange et de l’entretien automobile dans son ensemble. Mais une résistance mise à bien plus dure épreuve par la pandémie actuelle. « La pandémie a quant à elle très vite atteint le marché de la rechange, confirme Alex Ashmore. Cela a commencé par une crise d’approvisionnement en Chine, se transformant rapidement par une baisse importante de la demande mondiale de pièces de rechange. Nous sommes passés par des plans de reprise de la production puis à la protection de nos employés, à la réduction des coûts et enfin à la protection des liquidités. »

Le président Aftermarket de Delphi Technologies le reconnaît : « avec le confinement, il y a eu une baisse soudaine et dramatique de la mobilité, le nombre de véhicules circulants a baissé de 80% ». Mais selon lui, « malgré tout, le marché des pièces de rechange récupérera plus rapidement que l’activité de vente de véhicules neufs, où la demande sera moindre pendant un certain temps en raison des pertes économiques endurées par chacun. L’aftermarket quant à lui profitera à mesure que l’âge moyen du véhicule augmentera, de la multiplication des réparations entretiens », ajoute-t-il.

Une après-vente plus écolo…

L’homme est d’autant plus optimiste qu’il constate, à raison, que les secteurs des véhicules commerciaux et agricoles ont été bien moins touchés, puisque contraints de continuer à tourner en tant qu’activités essentielles à la continuité de la nation. « Les consommateurs ont privilégié les services de livraison à domicile, ainsi nous avons pu constater un parc roulant constitué de deux roues et de VUL plus important », témoigne le dirigeant.

Alex Ashmore en est toutefois convaincu : l’après-vente de demain ne sera pas celle d’hier. Les bouleversements des habitudes qu’a généré la pandémie et notamment le confinement, ainsi que la baisse, pour l’instant relative, du pouvoir d’achat, vont jouer un rôle important. « Je pense que nous allons assister à un attrait pour des produits plus éco-reponsables comme les pièces remanufacturées. En effet, les gens sortent de la crise avec une vision du monde changée et sont davantage préoccupés par l’écologie. De plus, les gouvernements profitent de cette occasion pour stimuler ces secteurs de l’économie », ce que confirme –du moins en partie– le plan de relance du secteur automobile initié par le gouvernement en mai dernier.

…et plus digitale

Quant à la digitalisation du secteur automobile, déjà ébauchée avant la crise mais qui n’a pu aller qu’en accélérant ces derniers mois, elle est désormais irréversible, selon le président Aftermarket de Delphi Technologies. D’abord, au niveau des ventes de véhicules. « L’industrie automobile évoluait déjà vers la digitalisation, la pandémie n’a fait qu’accélérer ce processus, affirme Alex Ashmore. Nous pouvons voir un “changement radical” dans le comportement d’achat qui délaisse les showrooms et privilégie la vente en ligne. Les concessionnaires automobiles renforcent leur présence sur le web et leurs ventes en ligne augmentent. »

Et en matière d’après-vente ? Idem. « La prise de rendez-vous en ligne devrait à elle seule augmenter de 32%, tandis que les ventes de pièces en ligne maintiennent une augmentation de 64% par rapport à l’année dernière, explique le dirigeant. Les
consommateurs ne reviendront peut-être jamais aux modes de consommation traditionnels, ose-t-il même. Les magasins de pièces automobiles et les distributeurs constatent également une augmentation significative du nombre de consommateurs utilisant internet. Même dans la chaîne d’approvisionnement, nous voyons comment la distanciation sociale a créé un besoin d’automatisation et de consolidation dans la production et les entrepôts pour réduire le risque de propagation. »

Les investissements des constructeurs reconsidérés ?

Pour le dirigeant de l’équipementier américain, la pandémie de Covid-19 et ses conséquences pourraient conduire les constructeurs automobiles à revoir leurs priorités… et leurs investissements ! En misant, notamment, sur l’électrification des véhicules plutôt que sur leur autonomisation. « Avec cette pandémie les constructeurs automobiles vont, à court terme, accentuer leurs choix écologiques au détriment des investissements dans la conduite autonome, appuie-t-il. L’évolution vers la durabilité et une mobilité plus verte n’est pas seulement motivée par les consommateurs mais aussi par les gouvernements. »

Sur le marché de l’entretien-réparation, en tout cas, Alex Ashmore croit également au concept d’atelier « propre et vert ». Un marché qui devra toutefois faire face à un contrecoup à la reprise rencontrée depuis le mois de mai, a priori. « Malgré une reprise du trafic, dans l’ensemble avec le confinement, les kilomètres parcourus par véhicule ont été réduits, les collisions et accidents aussi donc par conséquent l’activité entretien et réparation a énormément diminuée et même été arrêtée pour certains », rappelle le président Aftermarket de Delphi Technologies. Mais son optimisme demeure car « nous constatons maintenant une augmentation de l’utilisation de la voiture à usage privé en raison des prix bas du carburant et de la crainte des usagers à prendre les transports en commun », tendance qui pourrait bien durer encore de nombreux mois si le SARS-CoV-2, virus responsable de la pandémie, continue de sévir tant qu’aucun vaccin ni traitement efficace n’est trouvé.

Des relais de croissance à trouver

Pour Alex Ashmore, il est impératif de trouver des relais de croissance pour les acteurs de la rechange. « Véhicules de livraison, véhicules anciens, formation en ligne, DIY, électrification, produits et services éco-responsables ; il est temps de chercher de nouvelles opportunités de croissance et d’infléchir vos investissements marketing et autres dans ces micro-marchés, adresse-t-il auxdits acteurs. Il est nécessaire pour chaque professionnel de participer à des formations en ligne axées sur ces technologies émergentes pour améliorer leurs compétences. »

Quant aux ateliers, le dirigeant les invite à « rechercher davantage de services à valeur ajoutée générés par l’extraction de données des véhicules liée directement aux diagnostics, pièces et services pour une solution complète » à l’attention de leurs clients. Autrement dit : ne pas négliger les ventes additionnelles potentielles et ne pas craindre d’alourdir la facture du client car les arguments commerciaux existent pour proposer davantage de services et de prestations. Encore faut-il savoir les amener.

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À propos de l'auteur

Journaliste par vocation, diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris en 2010, il fait ses armes dans la presse quotidienne régionale et nationale avant de s'orienter vers la presse automobile, d'abord grand public puis professionnelle.

Intéressé depuis tout petit par l'auto, il est spécialisé dans l'actualité du secteur de la réparation-collision et dans les réseaux de garages sous enseignes multimarques.

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