Diag on line : ça arrive

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Sujet encore tabou : l’inéluctable disparition du matériel de diag physiquement présent dans l’atelier au profit du diagnostic on line (en ligne). Inévitable évolution ? Au moins en partie dans un premier temps. Bosch n’exclut pas qu’en plus des appareils multimarque existant, on ait recours à terme, pour certaines informations constructeur, à des diagnostics Internet payants. Chez Launch, malgré une demande de la clientèle pour une valise de câbles et un CD ROM sans le boîtier, la crainte du piratage bloque toute velléité de développement de diagnostic on line. Pour Delphi, la raison évoquée est plus pragmatique mais seulement conjoncturelle : bien que s’intéressant au procédé du diag on line, l’équipementier estime que la part des réparateurs disposant de connexion Internet est encore insuffisante (60% selon lui) pour envisager un produit essentiellement consultable à partir du Net.
Pour Actia enfin, le frein principal à la mise en place d’un système de diag on line serait plus organisationnel que technique, puisqu’il exige l’installation d’une VCI (interface de communication véhicule) pour dialoguer avec la voiture dans l’atelier. Enfin explique Laurent Guerci (Business Unit Multi-Diag), ces procédés ne concernent pas pour le moment plus de 20 % des réparateurs, ils ne sont pas pour le moment à l’ordre du jour. Pourtant, comme souvent, la clé est peut-être plus politique que technologique. Tout pourrait s’accélérer au début de l’année 2009 avec l’obligation à tous les constructeurs automobiles de fournir l’information technique, au moins sur leurs véhicules neufs. A ce point le diagnostic prendra un tournant et la reprogrammation de calculateurs sera bouleversée.
 

Le «Pay per Diag» : c’est pour demain
Reste que le télédiagnostic (ou diagnostic à distance) est inscrit dans les gênes d’Internet. Smart l’avait déjà testé il y a une dizaine d’année, via un système de diagnostic par satellite. Trop tôt, trop cher, trop lourd. Côté multimarque, il faut préalablement standardiser : aux Etats-Unis, la norme SAE J2534 existe déjà qui définit un protocole standard de discussion pour recoder les calculateurs à distance. En pratique, le garagiste se connecte chez le constructeur, muni des références du véhicule à réparer. Le constructeur délivre alors un code d’accès pour un temps donné et un logiciel spécifique à télécharger dans le calculateur du véhicule.
En France et dans le reste de l’Europe, on en reste encore à espérer que le projet communautaire Oasis (Organisation for the Advancement of Structured Information Standards) obtiendra le même résultat qu’outre-Atlantique. Il est temps : c’est le 3 janvier 2009 que nos constructeurs devront rendre leurs informations techniques définitivement accessibles, même si, (pour l’instant du moins), seuls les nouveaux véhicules seront concernés.
Amar Cheballah, le directeur technique et marketing de l’AD, prédit donc sans hésiter l’avènement du «Pay Per Diag» ou Diag payant au coup par coup, d’origine constructeurs ou non, via Internet. Pour lui qui a travaillé sur ce sujet dans le cadre de ses activités passées chez de grands équipementiers et fabricants d’outils de diag, «ce n’est plus qu’une question de temps». A l’atelier, un module hardware (dans lequel il faudra toujours investir) suffira pour se brancher sur la prise de diagnostic et recoder les calculateurs à distance.
 

Des heures enfin facturées
Même si certains constructeurs comme Peugeot ont fait le choix de matérialiser le temps de diagnostic sur leurs factures, cette prestation reste difficile à valoriser auprès du client. Là aussi, cela pourrait changer. Car dès lors qu’elle serait ainsi externalisée et facturée au garage, les choses deviendront plus simples : la prestation de diagnostic estampillée «constructeur» sera plus facile à expliquer, à justifier… et à refacturer au client.
Reste à franchir beaucoup d’étapes, là aussi plus politiques que techniques : à combien le constructeur facturera le diag au coup par coup ? comment la concurrence pourra-t-elle s’organiser ? etc., etc. Arnaud Gauthier
 
Télédiagnostic pour flottes
Effectuer un diagnostic à distance sur une flotte de véhicules de société permet d’effectuer des économies de temps et de kilomètres. C’est ce que propose Texa avec sa technologie TMD. TMD (Texa Mobile Diagnostic) est un système multimarque pour le diagnostic automobile à distance. Il permet notamment la transmission en temps réel d’informations logistiques et de localisations satellitaires relatives au moyen de transport en mouvement mais traite aussi de la maintenance ordinaire. Le TMD est directement branché sur la prise diagnostic et transmet à une centrale opérationnelle les données relatives à l’injection, l’ABS, les suspensions. Le TMD exploite toutes les ressources de l’autodiagnostic (signal de panne, extinction des témoins, réglages, lecture des paramètres de fonctionnement).
 
 
IDELSY : le (triste) constat européen
Et si le contrôle technique ajoutait à ses déjà nombreux points de contrôle un diagnostic électronique des principales fonctions de sécurité (airbag, ABS, etc.) ? Dans cet esprit, la Communauté Européenne a souhaité explorer l’idée en testant, logiquement, les principaux produits multimarque du marché. C’est ainsi qu’est née l’étude européenne IDELSY (Initiative Diagnosis of Electronic Systems in Motor Vehicles for PTI(*)) publiée le 20 juillet 2007. 7 outils de diagnostic ont été confrontés à 2 234 véhicules. Verdict : il a été possible de se connecter et d’examiner jusqu’à 83% des systèmes électroniques. Rendons à César ce qui lui appartient : c’est le KTS 520 de Bosch qui est arrivé en tête. Une belle performance qui ne cache toutefois pas ce que la Commission européenne a pu, de fait, constater : 17% au moins de l’info technique essentielle (celle liée directement à la sécurité), n’est pas encore accessible. Et il est assez probable qu’en étudiant en détail les résultats de cette étude, la Commission s’est du coup fait une opinion très claire et très argumentée des bons et des mauvais élèves constructeurs : ceux qui jouent le jeu de la libéralisation des infos techniques, ceux qui font semblant… et ceux qui s’entêtent résolument à refuser l’obligation de diffusion de l’information.
Un os de plus à ronger pour les chantres de la libéralisation de l’information et une pièce de plus à l’important dossier de l’accessibilité de l’info technique au 3 janvier 2009… mais pour l’instant seulement évoquée pour les nouveaux véhicules ! Le combat continue…
(*)Periodical Technical Inspection (contrôle technique périodique)
 
L’offre du marché
 ACTIA
Multi-Diag Mobile – Prix HT: 2990 €
Multi-Diag Master – Prix HT: 5400 €
Mise à jour: 590 à 660 € / an
 
 AVL DITEST France
AVL DIOBD 880 – Prix HT: nc
AVL DISCAN 8000 – Prix HT: nc
Mises à jour : nc
 
 ROBERT BOSCH (France) SAS
KTS 200 – Prix HT: 2 980 €
KTS 530 – Prix HT: 1 990 €
KTS 540 – Prix HT: 2 400 €
KTS 570 – Prix HT: 3 850 €
KTS 670 – Prix HT: 7 449 €
Mises à jour pour tous ces produits : 4 fois par an ESItronic 1175 €
 
 DELPHI
DS100E – Prix HT: 1989 €
DS150E – Prix HT: 2299 €
DS350E – Prix HT: 5400 €
DS500E – Prix HT: entre 7675 € et 9410 €
DS800E – Prix HT: entre 9640 € et 11032 €
Mises à jour : 280 et 685 € pour abonnement et mises à jour
 
 ETAS
MTS 4100 – Prix HT: entre 1800 € et 3600 € selon config.
Mise à jour : possible, si nécessaire
VCI – Prix HT: entre 750 € et 1500 € selon config.
Mise à jour : non
 
 JOHNSON CONTROLS
€ box tablet – Prix HT: à partir de 3900 €
Mise à jour : 35 € /mois
 
 LAUNCH
X 431 – Prix HT: 3200 €
Mise à jour : 999$
 
 TECNOMOTOR
SOCIO 500 – Prix HT: 2250 €
Mise à jour : 45 € mois version complète
SOCIO 700 – Prix HT: 3200 €
Mise à jour : 45 € mois
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