Informatisation des indépendants: l’ère des «DMS» est arrivée!

L’informatisation des professionnels du commerce et de la réparation est, sur les fonctions basiques, une vieille histoire. Gestion et compta de l’entreprise, édition de factures, édition de devis, gestion des fichiers clients… Tous n’utilisent pas ces fonctions, mais toutes ces fonctions leur sont accessibles aujourd’hui. En la matière, c’est plus une question de discipline, de formation et d’habitudes qu’un réel problème d’accès à l’outil informatique.

Le fruit de 30 ans d’évolution
Reste que l’informatisation des pros permet beaucoup plus. Côté constructeurs par exemple, les DMS (Dealer Management System) des réseaux de concessionnaires sont bien plus avancés. La dizaine de sociétés qui les développent et les commercialisent ont toutes digéré et transcendé les cahiers des charges imposés par les constructeurs dès l’orée des années 80.

Résultat : en 30 ans d’évolution, ils sont devenus de redoutables outils, solidement encadrés par contrats et mis au service des constructeurs comme de leurs réseaux. Qu’ils s’agisse de pièces de rechange, d’entrées-atelier, de VN, de VO, d’infos techniques ou de crédits, tout ce qui se passe chez un concessionnaire et tout ce qui passe par lui est analysable, compilable, comparable, interfaçable avec une incroyable précision.

A tel point d’ailleurs que ces systèmes hyperpointus sont même devenus assez «intrusifs» : qu’un concessionnaire fasse par exemple un misérable écart en matière de volume PR d’une année sur l’autre, d’un mois sur l’autre, voire d’une semaine sur l’autre, et un voyant rouge s’allume quelque part. Cette réalité n’est pas seulement celle des réseaux constructeurs : elle s’est diffusée dans les réseaux de franchises et les enseignes dites intégrées (points de vente filialisés).

Les vertus du DMS
On n’en est pas là, loin s’en faut, dans les réseaux multimarque dits traditionnels. Mais on y pense de plus en plus. Ce ne sont pas –pas encore en tout cas– les fonctions de flicage qui intéressent les têtes de réseaux indépendants. Seraient-elles d’ailleurs sujettes à ces tentations «Big Brotheriales» qu’elles se heurteraient immédiatement au rejet du conglomérat hétérogène de chefs d’entreprises qui constituent les dits réseaux.

En revanche, les enseignes ont compris que l’avenir de ces mêmes adhérents ne peut passer que par des informatiques suffisamment unifiées. Pourquoi ? Prenez l’exemple du très prochain «Fun2Drive» de Bosch (voir «la révolution est en marche»). Quand l’équipementier proposera le déploiement de ce système, il faudra bien qu’il soit interfaçable simplement avec une multitude d’ordinateurs d’un même réseau.

Les exemples de la nécessaire standardisation des DMS au vertueux profit de l’activité des réparateurs sont multiples : la nécessaire simplification des process facturations automatisées des apporteurs d’affaires en carrosserie ; l’indispensable «visibilité» centralisée des horaires libres des plannings atelier des réparateurs pour les prises de rendez-vous en ligne ; l’automatisation généralisée de la commande de pièce avec l’élaboration du devis, etc., etc.

C’est parti!
Pour des raisons de complexité du métier, la réflexion est plus avancée dans les réseaux de carrossiers. Mais à terme, même les indécrottables réparateurs « indépendantistes » en bénéficieront tant il est évident que si les distributeurs-stockistes proposeront rapidement de telles fonctionnalités à leurs enseignes multimarque, ils n’en écarteront évidemment pas leurs autres clients réparateurs…

Toutes les enseignes y pensent ; certaines ont déjà établi, voire diffusé leurs cahiers des charges. Elles ont raison car c’est une évidence : il va bien falloir que les fonctions fédératrices des DMS irriguent à court terme les systèmes informatiques des réparateurs indépendants, sous enseigne ou non. Dans leur propre intérêt : dans les années qui viennent, la bataille de l’entrée-atelier se gagnera aussi grâce à l’appui de ces DMS. Il y a des indépendances auxquelles il faudra bien savoir renoncer pour rester dans la course…

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À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

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