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Avec son kit R-Fit, le Méhari Club Cassis mise sur le rétrofit électrique

Fort des primes gouvernementales promises par le plan de relance de la filière automobile pour convertir à l’électrique les véhicules thermiques, le Mehari Club Cassis mise sur l’homologation de son kit R-Fit afin de maintenir roulants des véhicules emblématiques du patrimoine français comme la 2CV, la Dyane, la 4L ou, naturellement, la Méhari. Entre autres…

C’était le 27 mai dernier : Emmanuel Macron, visitant une usine Valeo, présentait le plan de relance de la filière automobile afin de permettre à celle-ci de rebondir du mieux possible suite aux 55 jours de confinement, dévastateurs pour l’économie du secteur. En mettant en avant une prime à la conversion incluant le rétrofit électrique et atteignant jusqu’à 5 000 euros pour les particuliers souhaitant convertir un VP ou un VU, 2500 euros pour les entreprises souhaitant convertir un VL et 5 000 euros pour la conversion d’un utilitaire, le Président de la République consacrait ainsi cette pratique enfin autorisée par un arrêté en date du 3 avril dernier.

En effet, grâce à ce texte, tous les véhicules thermiques de plus de 5 ans en bon état pourront désormais faire l’objet d’une conversion à l’électrique et ce, sans obtenir l’accord préalable du constructeur. Pourvu, simplement, que le kit de conversion nécessaire soit homologué et que le professionnel qui l’installe soit agréé.

Les promesses de ce nouveau marché s’annoncent d’ores et déjà intéressantes puisque les estimations des professionnels du secteur estiment à 350 000 véhicules le nombre potentiel de véhicules qui verront leur bloc thermique remplacé par un moteur électrique sur les 5 prochaines années, soit 1% du parc automobile français.

Un réseau établi sur lequel s’appuyer… et des installateurs à recruter

Un marché qui intéresse, et à plusieurs titres, le Méhari Club Cassis. En effet, l’entreprise d’origine familiale regroupe une soixantaine de collaborateurs dédiés à la passion des 2CV, Méhari et Dyane. Reconnu pour la pertinence du rapport qualité/prix de ses pièces de rechange (5 000 références en stock permanent), fabriquées à l’aide des outils d’origine du constructeur, pour la qualité de ses rénovations de véhicules et moteurs, pour son offre unique de services et l’accompagnement de ses clients, qu’ils soient particuliers ou professionnels, le Mehari Club peut compter sur 350 points relais et distributeurs pour commercialiser son offre. Et dans le cadre du rétrofit électrique, c’est son kit R-Fit que la société va désormais distribuer.

Ledit kit permet de convertir certains des véhicules les plus célèbres du parc français en électrique à un prix bien inférieur à celui d’un VE d’origine, puisque, prime déduite, le coût du véhicule total de l’opération revient à 9 000 euros. «Elle octroie des coûts d’exploitation minimum (batteries et chargeur inclus à l’achat) et réduit le coût d’entretien, explique le Méhari Club Cassis dans un communiqué. Après une charge complète de 3h30, l’heureux propriétaire de 2CV, pourra sillonner les routes de France jusqu’à 120 km d’autonomie.»

Ainsi, la prestation prolonge la vie des voitures anciennes en réduisant leurs coûts d’entretien. «Alliant économie et écologie à un confort de conduite optimal sans aucun tracas mécanique, il libère aussi l’accès aux zones urbaines pour les véhicules historiques», poursuit le Méhari Club Cassis.

Un acte de préservation du patrimoine

«Le rétrofit n’est pas nouveau pour nous, puisque certains de nos adhérents ont d’abord découvert cette pratique aux Etats-Unis avant d’installer des kits sur des véhicules de démonstration ici, rappelle Stéphane Wimez, directeur général du Méhari Club Cassis. Puis, en 2016, nous avons créé le projet Eden, permettant d’électrifier une Méhari, même si nous étions encore contraint par l’homologation du constructeur. Mais à Rétromobile, cette année-là, Eden a plus a beaucoup de méharistes, même si certains se sont dit gênés par l’absence du bruit caractéristique du moteur ou nous ont accusé de vouloir détruire le patrimoine», se souvient, amusé, le dirigeant.

Au contraire, celui-ci et toute l’entreprise en sont convaincus : c’est aussi dans un souci de préservation du patrimoine et de maintien des vieux modèles populaires de chez Citroën (et d’ailleurs) sur les routes de France que le kit R-Fit a été pensé. «Ce n’est pas du tout antinomique, affirme Stéphane Wimez. Jusqu’ici, les véhicules de collection ont bénéficié d’une législation clémente pour continuer à circuler mais il n’est pas sûr qu’elle perdure éternellement. En outre, l’électromobilité du quotidien a besoin de véhicules sexy, au design reconnu, pour convaincre. Enfin, le fait de pouvoir continuer à rouler proprement avec des véhicules historiques permettra de transmettre cette passion aux nouvelles générations de conducteurs, qui sont aussi de futurs clients.»

Un kit majoritairement développé en interne

Les quelque 70 Eden produits par le Méhari Club Cassis a permis à l’entreprise d’acquérir un savoir-faire certain en matière de rétrofit. «Tout ce qui est moteur, cartographie, gestion du pack batteries, chargeur, entretoise, est hérité de ce modèle-là, explique Stéphane Wimez. Nous avons tout de même dû nous approvisionner en cellules lithium-ion-phosphate plus performantes qu’en 2016.»

Reste que si le R-Kit existe, plusieurs modèles doivent être homologués par l’UTAC pour pouvoir ensuite être installés par des monteurs agréés. L’installation du kit fera l’objet d’une formation et sa distribution, ainsi que sa pose, s’appuieront sur une part des 350 points-relais que compte l’entreprise pour la distribution de ses pièces. «Certains agents qui font office de points-relais ont déjà l’habilitation, donc ça ira plus vite, mais nous allons devoir nous adresser à des ateliers supplémentaires pour renforcer notre réseau : des pure-players du rétrofit, qui ne font que ça ou presque, car la qualité vient de la répétition.»

Le Méhari Club Cassis s’est en tout cas rendu compte de la dynamique client que peut générer le rétrofit. «Nous l’avons constaté avec l’association AIRE, même si le prix de la conversion reste un facteur encore limitant, confesse Stéphane Wimez. D’autant que le prix du kW/h pour nous reste plus important que celui auquel peuvent prétendre les constructeurs. Nous comptons un peu sur la baisse du prix des batteries dans les 24 prochains mois mais sans nouvelle incitation pour faciliter l’achat, au-delà des mesures du plan de relance, cela sera compliqué de séduire autant de clients que le rétrofit le mérite.»

Mais le dirigeant en est convaincu : la libéralisation du rétrofit va sans doute aider un certain nombre de réparateurs à réfléchir à l’avenir de leur profession et à la préservation des emplois que permet la conversion des véhicules thermiques à l’électromobilité.

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