Batteries: Steco veut reprendre Exide-Auxerre !

Denis Chabaneix, le patron de Steco Power, a décidément de l’ambition pour le dernier fabricant français de batteries basé à Outarville (45) qu’il dirige depuis 2007. Après avoir réinjecté 7 millions d’euros dans l’entreprise et l’avoir respécialisée avec succès sur le marché de la rechange (voir "Steco a retiré ses semelles de plomb…"), voilà qu’il veut lui ajouter un étage de taille à son projet d’entreprise: le site d’Auxerre qu’Exide a annoncé vouloir fermer en début d’année. Il va déposer une offre de reprise auprès du géant américain. S’il y parvient, il ajoutera aux 1,25 million de batteries produites par Steco en 2008 et à ses 240 employés un deuxième site produisant 2,4 millions d’unités et employant 315 salariés, salariés que Denis Chabaneix s’engage à reprendre. Soit environ 1/3 des 10 millions de batteries du marché français (7 millions en rechange, 3 millions en 1ère monte). Cerise sur ce gâteau: il ouvrira à Steco Power la voie du retour en 1ère monte, le site d’Auxerre fournissant la 1ère monte française…

Délocalisation inutile
Pourquoi vouloir reprendre un site qu’un concurrent souhaite fermer ? Exide veut transférer la production de son usine bourguignonne, spécialisée dans la batterie PL et VL, à Poznan (Pologne), Romano (Italie), Manzanares et Azuqueca (Espagne). Or, explique Denis Chabaneix, la batterie a une double particularité: le part de la main d’œuvre ne représente que 10% du coût de production et le transport coûte cher, poids unitaire oblige. «Faire parcourir 1 000 km aux batteries ainsi produites pour les faire revenir vers les usines des constructeurs en France génèrera un coût de transport qui effacera quasiment l’ensemble des gains de production obtenus par les délocalisations».
C’est sur cet argument central que Denis Chabaneix construit sa volonté de maintenir une industrie française de la batterie : «PSA et Renault ont donc peu de raisons objectives de délocaliser leurs achats en la matière, d’autant que le bilan carbone d’une batterie parcourant 1000 km n’est pas anodin», poursuit-il.

Bras de fer
Le dossier est parallèlement suivi avec bienveillance par Bercy, que Denis Chabaneix a informé de son projet. Car il ne s’agit pas seulement de préserver les 315 emplois d’Auxerre: «si la production française de batterie se résume à terme à notre seule production d’Outarville, la filière de la récupération du plomb, très bien organisée en France, sera remise en question. Des centaines d’emplois seront, là aussi, remis en question.»
C’est Helix Partner, le fonds de redressement que dirige Denis Chabaneix, qui boucle le montage financier de cette reprise éventuelle. Reste le plus dur: convaincre Exide de revendre un site industriel et ses capacités de production à un concurrent. Denis Chabaneix compte sur l’argument financier : «Fermer ce site imposera à Exide un coût que nous estimons à 30 millions d’euros: il faut indemniser les 315 salariés, rembourser 8 millions de subventions publiques et ajouter quelque 4 à 5 millions pour dépolluer le site».
CQFD: la cession du site à Steco Power lui coûterait moins cher…

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