Carrosserie Gros plan

La Carrosserie Crestoise partisane de la parité

Guillaume Raillon a fait de la notion de service un mot d’ordre dans son métier de carrossier, avec ses clients comme avec son personnel. Et c’est en se donnant les moyens d’accueillir des collaboratrices côté atelier que la Carrosserie Crestoise qu’il dirige est devenue une référence en matière de formation de réparatrices sur son secteur, avec toujours la notion d’art en point de mire.

 

Sur la ZA de la Plaine de Crest (26), où elle a emménagé début 2021 après des décennies passées en centre-ville et 800 000 € d’investissement total, la Carrosserie Crestoise, adhérente du réseau Autoneo, brille par la couleur gris foncé de son bardage. Une question de contraste, sur ce terrain blanc, pour une entreprise gérée depuis 2008 par Guillaume Raillon, qui l’a reprise à ceux qui l’avaient fondée près de vingt ans plus tôt. Passionné de design et de couleur, l’homme n’a jamais perdu de vue ce qui l’anime depuis sa formation en dessin et en aérographie à Marseille (13). Destiné à l’école Espera Sbarro de Montbéliard (25), à laquelle il avait dû renoncer faute de bourse, Guillaume Raillon n’a jamais cessé de se considérer comme un homme de l’art (voir encadré ci-dessous).

Il n’a jamais cessé non plus de se considérer comme un homme de transmission. Après une brève expérience d’enseignant en CFA, il est revenu bien vite à son métier premier, celui de carrossier, avec pour objectif de faire passer son savoir et son savoir-faire aux plus jeunes. Garçons et filles. Accueillir ces dernières à l’atelier, comme collaboratrices, est rapidement devenu une exigence pour celui qui accueille chaque année de nouveaux apprentis. L’atelier flambant neuf en compte deux : une carrossière et une peintre. « La principale règle pour accueillir des apprenties est de disposer d’un double vestiaire et de doubles toilettes : une contrainte légale aujourd’hui. Pour moi, c’est une question de logique », explique Guillaume Raillon. A tel point qu’aujourd’hui, l’entreprise compte autant de femmes que d’hommes, en comptant les apprenties.

Vers l’embauche des apprenties

Se souvenant avoir accueilli sa première collaboratrice lorsqu’il gérait l’atelier d’une concession Citroën, il explique « avoir adapté une partie de l’atelier pour qu’elle puisse se mettre en tenue dans un espace qui lui était dédié ». Une démarche ancienne, pour le carrossier. Sur le plan du travail lui-même, le réparateur juge qu’il n’existe aucun frein à attribuer les mêmes tâches à ses collaboratrices qu’à ses collaborateurs, à métier égal. D’autant que l’investissement massif de près de 200 000 € consenti à l’atelier inclut du matériel haut de gamme et améliorant grandement le confort de travail, notamment des tables élévatrices pour lever les véhicules jusqu’à 1m40 du sol. « Nos professionnelles font preuve de plus d’habileté sur certaines tâches et leur présence améliore l’entraide et l’écoute dans l’équipe », souligne Guillaume Raillon.

« L’une de nos apprenties termine à la fin de l’année son baccalauréat professionnel et nous allons l’embaucher. L’autre attaque sa seconde année de bac pro, et elle pourrait remplacer l’un de nos collaborateurs dont le départ en retraite est prévu d’ici trois ans », espère-t-il. Quant à accueillir de nouvelles apprenties par la suite, Guillaume Raillon laisse la porte grande ouverte. « J’accueille déjà deux des seules filles du CFA local, et cela crée un effet boule de neige : d’autres jeunes femmes sont venues frapper à la porte de la carrosserie. Il reste un gros travail pédagogique à faire auprès des entrepreneurs qui souhaiteraient faire de même, car la seule chose qui bloque réellement, dans beaucoup de garages, est l’absence de vestiaires et de toilettes dédiées au personnel féminin », insiste Guillaume Raillon.

Une notion du service très poussée

L’espace de détente et de repos de la Carrosserie Crestoise est encore partiellement en chantier dans les nouveaux locaux mais, à terme, femmes et hommes disposeront d’une douche et d’une baignoire, « laquelle sera plus appropriée pour se décontaminer des produits dangereux en cas de besoin », explique le carrossier. Une notion de service poussée en direction de ses collaborateurs. Mais l’entrepreneur n’oublie pas non plus le service à ses clients. Restauration de véhicules de collection, réparation de deux roues et autres véhicules : Guillaume Raillon s’emploie toujours à trouver des solutions pour chaque profil d’automobiliste.

Son expérience passée au service de Mad Graphics, entreprise de Cogolin (83) partenaire de la Patrouille de France pour la décoration des casques des pilotes, ainsi qu’à la modification des sièges et des châssis des motos des Hells Angels, a conduit Guillaume Raillon à apprendre à s’adresser à tous types de besoins. Dans ses nouveaux locaux, il a installé un appareil de découpe pour les films adhésifs dédiés aux motos, et il ne désespère pas d’y pratiquer la sellerie un jour. Dans son activité quotidienne, l’homme n’hésite pas non plus à prendre en mains les dossiers sinistres de ses clients lorsque ceux-ci sont démunis suite à un accident. Et en partisan du libre choix du réparateur, le carrossier veille toujours à rappeler au client son bon droit en la matière.

L’art de partager sa passion

Si encore 25 % de ses quelque 550 000 € de chiffre d’affaires sont générés grâce aux agréments d’assurance, 25 % supplémentaires dans le chiffre d’affaires proviennent de la préparation et de la peinture d’œuvres d’artistes plasticiens. « J’ai toujours travaillé avec des artistes à la carrosserie : certains sont des habitués. D’autant qu’il y a un vrai écosystème artistique en Drôme provençale, là où nous sommes installés. Et par voie de conséquence, nous récupérons souvent les belles autos des artistes à l’atelier », se réjouit-il. La Ville de Crest elle-même a demandé à la Carrosserie Crestoise de mettre en peinture ses décorations.

Retrouvez le grand format de notre reportage à la Carrosserie Crestoise dans le numéro 22 de Zepros Après-Vente Carrosserie, à paraître début 2022.

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À propos de l'auteur

Journaliste par vocation, diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris en 2010, il fait ses armes dans la presse quotidienne régionale et nationale avant de s'orienter vers la presse automobile, d'abord grand public puis professionnelle.

Intéressé depuis tout petit par l'auto, il est spécialisé dans l'actualité du secteur de la réparation-collision et dans les réseaux de garages sous enseignes multimarques.

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