FCGA: l’étonnante étude qui voit les carrossiers à +5,7% en 2013…

Partagez

fcga_logo

La récente étude de l’Observatoire de la Fédération des Centres de gestion Agréés (FCGA) a fait l’effet d’une petite bombe : selon elle, les carrossiers figurent parmi les plus dynamiques des pros, toutes catégories confondues, avec une hausse de… +5,7% de leur CA en 2013 ! Le mystère reste entier…

Voilà une étude qui fait du bien mais qui étonne. Selon l’Observatoire de la petite entreprise en effet, la carrosserie automobile figure parmi les secteurs ayant enregistré en 2013 la plus forte progression par rapport à l’année précédente, avec… +5,7%, quand d’autres baromètres les gratifient de -3,6%, soit un écart de plus de 9 points (voir « Réparateurs et carrossiers : les mauvais chiffres 2013« ) ! L’étude, dévoilant les « tops » et « flops » des TPE en 2013, proclame en effet que l’activité du carrossier vient clôturer un podium où les librairies indépendantes occupent la première place (+8% par rapport à 2012), suivies des entreprises de terrassement et de travaux publics (+6,2%)… Moins surprenant est le résultat du secteur de la vente et de la réparation auto, lequel enregistre, toujours selon l’étude FCGA, un recul de 4,1% sur l’année passée.

Incompréhensions
Vivifiante à la première lecture, l’info prête à sourire dans un second temps. Jaune. En effet, comment ne pas s’étonner de cette dynamique supposée des carrossiers lorsque tous les voyants sont au rouge pour les professionnels de la réparation-collision ?

«Je ne m’explique pas ces chiffres, s’interroge Fabien Guimard, responsable du réseau AD Carrosserie. Le marché, structurellement en baisse depuis plusieurs années, a encore enregistré l’année dernière un nouveau recul de la sinistralité compris entre 4 et 6%…» Et d’ajouter que la Banque de France a récemment mis en évidence la tension extrême existant sur le secteur du commerce et de la réparation auto. Sur 12 mois glissants (février 2013 à février 2014), elle avait enregistré la défaillance de 14 250 entreprises, soit une hausse de 4,5% par rapport à la période précédente (la deuxième plus importante sur cette période, juste derrière le secteur de la construction). Pour mémoire, la hausse du nombre de défaillances d’entreprises tous secteurs confondus n’atteignait pour sa part «que» 3,5%…

Pour Patrick Nardou, président de la FFC Réparateurs, c’est clairement impossible : «Depuis 10 ans, le CA des carrossiers en France baisse ou, au mieux, stagne. Le marché est de plus en plus orienté par les assureurs et de plus en plus concentré. La rentabilité s’érode exercice après exercice ; outre la baisse de sinistralité (qui conditionne directement le volume d’entrées-atelier), il faut aussi rappeler que le panier moyen aurait tendance à baisser !» Il tournerait autour de 1 200 € actuellement quand la moyenne traditionnellement admise était plutôt de 1 400-1 500 € il n’y a pas si longtemps encore.

Aliou Sow, secrétaire général de la FNAA, essaie de chercher la raison de cette progression à contre-courant : «Peut-être faut-il y voir, ne serait-ce qu’en partie, le résultat d’une hausse du prix des pièces de carrosserie», tente-t-il sans toutefois lui non plus y croire vraiment…

Ébauche d’explications
L’Observatoire, lui, pense pouvoir expliquer cet étonnant +5,7% par l’effet paradoxalement positif  de la situation sur la profession : la forcer un peu plus à diversifier ses services via des nouvelles prestations. Il est vrai que certains carrossiers n’hésitent pas à se lancer dans une activité d’entretien-réparation mécanique pour s’en sortir, mais pas tous, loin s’en faut…

Contactée par la rédaction, la FCGA épaissit le mystère en se défendant d’une étude fantaisiste : «Notre étude a été réalisée auprès des entreprises adhérentes à nos 114 centres de gestion agréés, explique dans un premier temps Yves Marmont, vice-président de la FCGA et président de la commission en charge des études statistiques. Les chiffres qui y figurent ne viennent pas de nulle part puisqu’ils se basent sur les déclarations mensuelles de chiffre d’affaires réalisés par les entreprises en question (NdlR: au nombre de 400 000) !» Et d’ajouter que sur les deux premiers mois de l’année, les carrossiers sont toujours dans le vert…

Si les chiffres ne sont pas discutables, est-ce alors une question de panel ? Les plus petites entreprises de la réparation-collision n’auraient-elles pas les mêmes problèmes que des structures plus grandes ? L’Observatoire s’attache à suivre les TPE dont l’effectif moyen est de 3 personnes alors qu’à force de pressions sur les prix et les marges, beaucoup de carrossiers ont dû accroître leurs tailles et leurs effectifs pour survivre.

Mais là encore, tous ne sont pas devenus des plaques de réparation-collision dites industrielles. Si nos lecteurs ont d’autres explications, elles sont les bienvenues…

Pour télécharger l’intégralité de l’étude, cliquez ici

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (Pas encore de votes)
Loading...

3 Commentaires concernant “FCGA: l’étonnante étude qui voit les carrossiers à +5,7% en 2013…”

  1. Bonjour, et merci beaucoup pour cette information sur les garages de réparations. Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles il est important d’avoir une voiture qui fonctionne correctement. Je pense qu’il est bon d’avoir une voiture inspecté régulièrement pour détecter tous les problèmes ou les dangers potentiels.

  2. Il faudrait peut être y opposer le résultat en face, car + ou – en CA ne signifie pas forcément bonne ou mauvaise santé.
    Un CA en + peut aussi annoncer une baisse des investissements ou des licenciements, donc moins de charge car les carrossiers attendent de voir ce qu’il se passe sur la marché.
    Bref: une étude uniquement sur le CA ne reflète pas forcément la réalité. En tout cas, voilà un joli dossier qui va être utilisé par les assurances pour justifier tout et n’importe quoi…

  3. Ce phénomène existe depuis longtemps. Déjà « l’observatoire de la petite entreprise », en 2009, notait la bonne santé des TPE (2,3% d’augmentation de CA en 2008) quand l’ensemble de la profession souffrait. Ces structures sont plus réactives, s’adaptent mieux. Elles disposent d’une souplesse que les organisations multi-agréées ne peuvent espérer, vu la lourdeur des processus nombreux et différents liés aux apporteurs d’affaires. A contrario, ce sont de jeunes pousses qui seront confrontées aux crises de croissance. Le choix, pour le chef d’entreprise, sera délicat : croître pour pérenniser l’entreprise (donc rentrer dans le marché) ou consolider (au risque d’être dépassé par la concurrence)…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*