Témoignage – Recours direct : AXA informe, mais pas les plus intéressés

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Il y a informer, et informer les bonnes personnes : ce sont deux choses différentes. AXA comme d’autres assureurs, bien que transparents dans la possibilité pour les victimes de pratiquer le recours direct, ne transmettraient pas la notice que nous reproduisions ce 22 septembre aux automobilistes les plus concernés par une indemnisation à travers cette procédure, à savoir leur propre client lorsqu’il n’est pas responsable de son sinistre. C’est ce que souligne ci-dessous un agent général d’assurance.

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Une info venue de nos lecteurs-correspondants!Nos lecteurs sont bienveillants et ont bien raison de remettre dans leur contexte, si nécessaire, les documents que nous produisons régulièrement sur ce site. Ainsi, la notice d’AXA que nous publiions ce lundi 22 septembre fait preuve d’une transparence toute légale sur la réalité du recours direct pour les victimes de sinistres automobiles.

Seulement, il s’avère que le destinataire de cette notice est généralement son assuré, s’il est responsable de l’accident mais accompagné de passagers ayant, eux, subi des dommages corporels et ayant droit à être indemnisés. Ou alors l’assuré adverse, non responsable du sinistre, et ses passagers, tous légalement autorisés par la loi Badinter de 1985 à obtenir l’indemnisation qui leur est due. Mais jamais, ô grand jamais, le document ne serait transmis à l’assuré AXA s’il n’est pas responsable et que le sinistre n’est « que » matériel. Notre agent général nous explique pourquoi.

« Je dois attirer votre attention sur un point important. Le courrier que vous joignez (voir « Recours direct : AXA en flagrant délit de mauvaise foi »), rédigé par AXA, est déclenché par le service sinistre dès lors qu’il existe une ou plusieurs victimes potentielles. C’est ainsi dans toutes les compagnies. Pourquoi ? Simplement parce que la loi dite « Badinter » de Juillet 1985 a fixé de façon plus stricte les règles incontournables d’information… et de règlement des victimes. Elle a été instituée afin que les victimes de dommages corporels liés à un accident de la route soient (quasi…) certaines d’obtenir la réparation de leurs préjudices corporels.

Ainsi, contrairement à ce qui existait précédemment concernant les victimes « à l’intérieur du véhicule responsable », lesquelles ne pouvaient prétendre à indemnités sauf à ce que le contrat auto inclut une garantie « individuelle conducteur et passagers », la loi a institué une notion de tiers vis à vis des passagers… Ainsi, toute victime, y compris les membres de la famille du conducteur responsable, peut désormais prétendre à indemnisations. Seul le conducteur, s’il n’existe pas de garantie « conducteur », peut ne pas être indemnisable. Comme il est spécifié dans la loi et reproduit dans le texte, la ou les victimes sont totalement en mesure de mener (plus généralement, de faire mener pour leur(s) compte(s) par des experts d’assurés) les recours en la matière.

Mais vous pensez bien que les compagnies ont eu tout le temps voulu pour trouver d’autres failles…

Je m’explique : la communication initiale est donc conforme à la loi, raison pour laquelle ces courriers font état de tant de « libertés »… Là où le bât blesse, c’est que ces courriers ne sont rédigés que par l’assureur du responsable et en aucun cas l’assureur de la victime n’intervient pour vérifier que la juste rémunération des préjudices à bien été calculée… Il s’en garde bien : « n’attaquons pas pour ne pas être attaqués » !

Il est donc nécessaire voire impératif, pour nous, Agents Généraux, de nous ré-imprégner de nos obligations basiques envers nos clients : la connaissance ou la recherche, aujourd’hui aisée, des taux d’indemnisations des postes corporels par les Cours d’Appel. Ne comptons pas sur nos compagnies, même lorsque les victimes sont NOS clients ! On n’est donc pas près, toutes compagnies confondues, de voir les services sinistres adresser pareil courrier aussi vertueux à leurs propres clients en matière matérielle… »

AGENT GENERAL

 

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1 Commentaire concernant “Témoignage – Recours direct : AXA informe, mais pas les plus intéressés”

  1. Bonjour
    Effectivement, les assureurs ne sont pas idiots au point d’encourager le recours direct car ce dernier leur couterait bien trop chère au final.
    Ils préfèrent la méthode traditionnel de la convention I.R.S.A. quitte a léser le propriétaire sur les valeurs de remboursement proposer par « leurs experts ».
    J’ai des tas de cas de dossier en suivi V.E.I. et V.G.E. ou les valeurs de remplacement sont souvent inférieur de 100 ou 200 euros du montant estimé des travaux.
    Les réparations étant très souvent gonfler pour passer le véhicule en convention pour que l’épave soit revendu au profit de l’assureur qui se remboursera donc sur la bête au frais de l’assuré (une honte quoi)
    Il est grand temps de faire cesser ce système qui ne profite qu’a l’assureur. Si au moins cela servait a faire baisser les primes ont pourrait comprendre mais cela n’a jamais été le cas.
    Osons appliquer le recours direct car la méthode existe et elle est légale.
    Le changement c’est maintenant.
    David

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