Experts : le SNDEA lance la course aux adhésions… et à la représentativité

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Avec son courrier de fin d’année adressé aux experts adhérents et non adhérents, le président du Syndicat national des experts en automobile (SNDEA), Jacques Cornut, réaffirme la position de rassembleur du syndicat et ouvre officiellement la campagne d’adhésion, avec en ligne de mire les fameux 8% de représentativité exigés par la loi pour 2017.

Cliquez sur la lettre pour la télécharger.

La fin d’une année 2014 difficile pour toute la profession d’experts va-t-elle laisser place à une année 2015 sous le signe de l’apaisement et de la confraternité ? Rien n’est moins sûr, même si les douze mois qui viennent de s’écouler ont sérieusement mis à mal l’indépendance même des experts en automobile et prouvé ouvertement la dépendance aux « agréments » d’assurance d’une majorité d’entre eux.

Et si les experts ont globalement montré plus de sensibilité au sort que partagent avec eux les réparateurs (pressions des donneurs d’ordres, serrages de vis tarifaires, recherche du coût moyen sinistre à tout prix, remises sur honoraires et pied de facture…), tout en essayant de créer un meilleur terrain d’entente avec l’autre profession de la réparation-collision, force est de constater que la plus ou moins bonne foi de l’ANEA à propos des réunions de concertation sur le « rôle économique de l’expert » dans la Charte de bonnes pratiques experts-réparateurs, comme nous le dévoilons par ailleurs, jette un (nouveau) voile de suspicion sur le principal syndicat du métier.

Si chers 8%…

De son côté, le SNDEA s’est également rapproché du CNPA, resté seul à la table des négociations avec l’ANEA, et entend bien faire de 2015 l’année de la conquête des 8%. Ces fameux 8% de représentativité au sein de la profession d’experts, obligatoires pour être reconnu comme syndicat apte à négocier au nom des experts en automobile. Car la loi n° 2008-789 du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail, exige des partenaires sociaux, à l’horizon 2017, ce taux minimal de représentativité des professionnels qu’il défend afin de devenir officiellement interlocuteur des pouvoirs publics et d’autres organisations, dont les assureurs qui, pour l’instant, ne s’adressent qu’à l’ANEA.

C’est pourquoi dans son récent courrier envoyé «à tous les experts automobiles» libéraux, Jacques Cornut, président du SNDEA, évoque d’emblée cette question de la représentativité. «Vous n’êtes pas sans ignorer que pour siéger auprès des différentes institutions et autres, il faut avoir une représentation suffisante, fixée en ce qui concerne notre profession à 8% environ, soit 250 adhérents pour être précis», rappelle-t-il aux destinataires de la lettre. Avant de souligner qu’il «manque quelques adhérents» au SNDEA pour atteindre ce chiffre. Un «quelques» qui se chiffre en dizaines plus qu’en unités, mais qui pourrait être rapidement comblé selon les affirmations de l’expert lillois et d’autres membres actifs du syndicat.

De futurs adhérents SNDEA menacés ?

Ainsi Jacques Cornut exhorte-t-il les experts «très nombreux à vouloir [se] rapprocher du SNDEA» à ne pas céder aux «menaces [les invitant à] ne pas y adhérer». Des menaces qui, selon les informations qu’il nous a fournies de vive voix, viendraient essentiellement des compagnies d’assurance. «Certains experts que j’ai eu au téléphone ou qui m’écrivent m’ont certifié qu’ils avaient reçu de leurs donneurs d’ordres l’information que leur portefeuille de missions leur serait retiré s’ils adhéraient au SNDEA.» Et à en croire les remontées du terrain, lesdits donneurs d’ordres seraient les mêmes que ceux ayant assommé les experts libéraux à coups d’appels d’offres brutaux cette année.

Des appels d’offres contre lesquels Jacques Cornut s’élève au nom du SNDEA mais aussi de toute l’expertise libérale dans son courrier. «Quel est l’avenir de nos entreprises si chaque année, tous les  »assureurs » lancent des appels d’offres dont le but unique est de réduire les honoraires, qui à ce jour ne permettent plus de dégager des marges, limitent nos investissements et bientôt notre formation ?», interroge fort logiquement le président.

Et celui-ci de rappeler, par une anecdote de son cru, que la «partie d’échecs» menée par les assureurs avec les experts pousse une bonne partie de ces derniers à «[chercher] constamment comment prendre le travail des autres confrères». Ce qu’a démontré l’appel d’offres d’Allianz, Jacques Cornut nous rappelant notamment que les experts retenus par l’assureur allemand dans sa région –ou plutôt dans sa future grande région, Nord-Pas-de-Calais et Picardie étant appelés à fusionner– n’étaient pas les experts ayant le mieux performé, mais les experts les moins-disants sur leurs honoraires. Des experts qui risquent, à terme, d’être aussi les moins regardants quant à la sécurité des véhicules à réparer qui, elle, a un coût.

«Un syndicat concerné par l’intérêt général»

«Lorsque Allianz a décidé de pratiquer le jeu de la chaise musicale, qui se transforme aujourd’hui en siège éjectable pour beaucoup, en lançant des appels d’offres, il suffisait (et c’est là que la moralité se place) que le syndicat actuel sollicite tous ses adhérents à refuser de retourner les documents adressés à chacun d’eux ; comme toujours, il y aurait eu des exceptions, mais cela aurait, j’en suis convaincu, déstabilisé l’assureur», assure Jacques Cornut. «En tant que syndicat, il faut privilégier l’intérêt général des professionnels que l’on représente, se soucier de leur avenir», nous a-t-il d’ailleurs confirmé. Autrement dit ne pas monter au créneau sur un dossier –Allianz– et en délaisser un autre –Matmut, pour ne citer que lui– comme a pu le faire l’ANEA en début d’année (voir « Libre choix/note de la Matmut (suite) : l’ANEA réagit… comme un assureur !« ). Alors que les deux dossiers mettent la profession d’expert face à la même problématique : la perte d’indépendance et l’instrumentalisation à visée comptable.

«L’avenir de notre profession dépend de nos actions, il est grand temps d’agir ; alors agissons dès 2015 avant qu’il ne soit trop tard, votre conviction a toute son importance», conclut Jacques Cornut avant de souhaiter «d’excellentes fêtes de fin d’année» à tous les destinataires de son courrier. Et de leur suggérer de remplir leur bulletin d’adhésion, en espérant que les nouveaux adhérents soient bientôt suffisamment nombreux pour faire atteindre au syndicat les 8% de représentativité et permettre de créer des pôles régionaux du SNDEA, afin de mettre celui-ci au plus près des revendications de la base de la profession.

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1 Commentaire concernant “Experts : le SNDEA lance la course aux adhésions… et à la représentativité”

  1. Bonjour
    Je ne suis pas personnellement convaincu par Mr CORNUT, eu égard à sa prise de position sur une autre affaire ou il a utilisé des méthodes d’assureur pour contraindre un certain carrossier du Nord à ne pas appliquer ses tarifs publics, si chers soient-ils.
    Je suis content qu’un syndicat autre que l’ANEA puisse exister. Mais il ne faudrait pas qu’un double discours de son président, tantôt bourreau des assureurs et tantôt président d’un syndicat disant tout le contraire, vienne pervertir ce dernier.
    Le métier d’expert est à ce jour gravement malmené par les assureurs qui les utilisent comme bras armé comptable en inventant des rôles économiques qui n’existent pas dans les textes de loi.
    S’il faut des adhésions pour que le SNDEA soit représenté, aidons-le. Mais n’oubliez pas, Mr CORNUT, que l’on juge les gens par leurs actes et non pas des beaux discours, si rassembleurs soient-ils.
    À bon entendeur
    David

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