L’UFC-Que Choisir s’attaque aux pièces de carrosserie!

Le lobbying de la Feda se poursuit et s’intensifie. «l’UFC-Que choisir?» vient de s’approprier son étude sur le prix des pièces de carrosserie et réclame au gouvernement et aux instances européennes de mettre fin au monopole français…

Joli coup: grâce à la puissance de feu de «l’UFC-Que Choisir?», la Feda vient de démultiplier ses efforts pour dénoncer le monopole français des pièces de carrosserie. L’association de consommateurs s’est en effet approprié son étude récente (voir «Pièces captives: jusqu’à +380% en 1 an!») pour alimenter une enquête qu’elle a visiblement réussi à faire reprendre par les radios, les télés et les médias grand public au début de la semaine.

En couplant cette enquête avec un article dans son numéro mensuel d’avril, «Que Choisir?» frappe avec des arguments-massue qui veulent égratigner les constructeurs là où ça fait mal. Exemple? Si les ventes de pièces de Renault ne représentent que 13,21% de son chiffre d’affaires, elles pèseraient tout de même 31% de sa rentabilité, relève le magazine de consommateurs. Chez VW, les 11,93% du CA se traduiraient même par 45% de la profitabilité!

Pour «Que Choisir?», l’explication est évidente: c’est dans le monopole français de la pièce de carrosserie que l’essentiel du profit est fait; ce même monopole qui permet aux constructeurs de privatiser ce marché de 3,9 milliards d’euros par an… et d’y décider librement du prix des pièces. Le magazine reprend ainsi à son compte l’étude de la Feda en publiant les «40 plus grosses augmentations» relevées entre 2008 et 2011: elle vont de +113,1% pour une platine de phare de Renault Express jusqu’à +425,6% (!) pour un joint de pare-brise de Peugeot 206!

L’argument consommateur
L’article essaie également de chiffrer l’impact positif que la libéralisation du marché des pièces de carrosserie aurait pour le consommateur. «-10 à -15% sur le prix de la réparation-collision», explique «Que Choisir?» en citant Eric Girot, DG de GAU. -10% sur les primes annuelles des assureurs, complète le magazine qui souligne que les véhicules âgés, souvent peu cotés, seraient plus nombreux à être réparés plutôt qu’envoyés à la casse si le prix des pièces de carrosserie était normalement concurrencé…

L’UFC-Que Choisir affirme qu’ainsi, «les consommateurs paient en moyenne 35,5% moins cher en Allemagne (par rapport aux prix catalogue des constructeurs), 33,5% en Belgique et 33,9% en Espagne», qui sont des pays où règne déjà la concurrence sur les éléments de carrosserie…

«Au vu des résultats sans appel de son étude, l’UFC-Que Choisir appelle à une libéralisation du marché des pièces de carrosserie.» Elle demande ainsi «au gouvernement français d’adapter sa législation, comme l’ont fait récemment d’autres pays européens comme l’Angleterre, la Pologne ou la Grèce». et elle se tourne aussi vers les autorités européenne (Commission et Parlement) en leur demandant «de faire le nécessaire pour que la clause de réparation soit définitivement adoptée». Elle avait été votée par le Parlement de Strasbourg fin 2007 mais elle n’est toujours pas validée par la Commission européenne (voir «l’explosion programmée»).

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À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

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