Congrès de l’ANEA: le chiffrage automatique en question

Le chiffrage des dommages était l’un des deux thèmes du congrès de l’alliance nationale des experts en automobile (Anea) qui a eu lieu les 25 et 26 mars derniers. Un sujet «épineux», car il remet en cause pas mal de principes….

Les interventions des 5 dirigeants des groupes des sociétés et mutuelles venus présenter leurs visions sur l’indemnisation des dommages teintés de chiffrage automatique des dommages n’ont fait que confirmer cette tendance.

Olivier Deshayes, professeur à l’Université de Pontoise, venu rappeler le cadre juridique de l’indemnisation des victimes d’accident, a néanmoins précisé que «si ce sont les assureurs qui ont la volonté de lancer et développer massivement cette pratique, il en revient d’autorité aux Pouvoirs Publics de la stopper en fixant autoritairement ce qui est autorisé ou pas dans ce domaine».

Et il a rappelé que le chiffrage du dommage est une mission qui incombe à la victime. «Elle peut se contenter d’un chiffrage résultant du devis de réparation d’un professionnel ou d’un expert et de le transmettre à l’assureur, qui peut  avoir recours à un autre expert pour avoir un avis contradictoire». En revanche, a rappelé O. Deshayes, «l’expertise obligatoire vient surtout des assureurs qui ont signé la convention IRSA stipulant, entre autres, que l’expertise est obligatoire pour des montants supérieurs à 650€!».

En attendant, tout le monde n’a pas la même vision des procédures mises en place ou en test par les assureurs. Pour les uns, ils visent à orienter leurs clients chez «leurs carrossiers agréés» et les autres dans les réseaux existants. Concernant l’évaluation des dommages, on défend l’expertise au premier euro chez les uns, on prône l’expertise automatisée chez les autres, tels Nobilas par AXA ou encore CAR par Covea AIS, Careo par Generali…

Ça coûte cher !
Plus ou moins opérationnels, ces systèmes automatisés irritent ostensiblement les experts qui voient des missions leur échapper et commencent à indisposer les réparateurs.

Stanko Novakovic, carrossier Five Star à Cambrais, reconnaît volontiers qu’il faut «certes évoluer avec les nouvelles technologies et les outils ,qui en découlent. Mais nous faisons à ce jour 5 métiers différents et nous sommes multi-assurances du fait que chacune d’elles a ses manières de procéder et ses systèmes». Il faut donc rester vigilant, précise-t-il en substance: car tout ceci impose des investissements qui ne génèrent pas forcément de chiffre d’affaires supplémentaire. «Tous ces systèmes qui arrivent nous obligent à faire évoluer nos systèmes informatiques, voire à les multiplier, nous abonner à des bases de données spécifiques et le principe qui consiste à transférer les devis via ces systèmes coûtent chers. Pour CAR, par exemple, pourquoi faut-il utiliser exclusivement l’outil de chiffrage Sidexa et pourquoi payer 18,40 ! à chaque envoi de dossier?» Cherchez l’erreur!

1 commentaire concernant “Congrès de l’ANEA: le chiffrage automatique en question”

  1. Avatar #Dédélecarrossier / 6 octobre 2014 á 9 h 41 min / Répondre

    Bonjour à tous,
    Je trouve inadmissible qu’un assureur nous impose un outil de gestion sans pouvoir aucunement en maîtriser le coût!
    L’outil SIDEXA est très cher, trop cher! Pas étonnant que l’entreprise SIDEXA enregistre un bénéfice de 15 000 000€ net par an.
    Pendant que les carrossiers se battent pour trouver de la marge….
    Quelle alternative à SIDEXA pour les dossiers CAR?
    Nous nous trouvons clairement dans un abus de position dominante!
    Il est grand temps de réagir.
    Je souhaiterais que votre site fasse à nouveau un article sur cette situation anormale dont personne ne parle…
    Je soupçonne que ce silence s’achète par le lobbying Aquila.

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


*

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (1 votes, moyenne : 5,00 sur 5)
Loading...

À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

Tel. +33 (0)1 41 88 09 04

jmpierret@apres-vente-auto.com