Recours direct : la procédure au programme de l’INSERR !

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Depuis quelques semaines, le programme de formation continue des experts sur les procédures VE de l’INSERR intègre un thème relatif au recours direct, afin d’informer les élèves sur son périmètre et ses applications pratiques. Une vraie valeur ajoutée pour le Groupement d’intérêt public (GIP) qu’est l’INSERR par rapport aux formations privées de BCA Académie et d’IFOR2A (ANEA), dans un contexte où la réglementation n’évolue plus depuis 5 ans !

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C’est une première et c’est pour le mieux. En effet, en cette année 2015, L’INSERR est le premier organisme de formation d’experts en automobile à inscrire le recours direct sous forme de thème, avec informations théoriques et pratiques, au sein de son programme de formation continue “Véhicules Endommagés” (VE). Ce faisant, l’Institut national de sécurité routière et de recherches –dénomination intégrale de l’INSERR– prend de l’avance sur les autres “établissements” de formation d’experts que sont BCA Académie, dépendante du BCA comme son nom l’indique, et IFOR2A, l’institut créé par l’ANEA.

Et c’est tout à l’honneur de ce Groupement d’intérêt public (GIP) qu’est l’INSERR, un statut qui lui vaut d’être le seul organisme national de formation spécifiquement dédié à la sécurité routière, ceci depuis 1993, date de sa fondation. Ce qui lui vaut sa naturelle neutralité vis-à-vis des exigences commerciales des donneurs d’ordres. Cela fait presque aussi longtemps que Michel Barret, juriste spécialisé dans la sécurité routière, y tient le rôle de responsable pédagogique. 20 ans, en l’occurrence. Il en est même responsable depuis de longues années et a connu la grande majorité des experts diplômés qui exercent actuellement, puisque jusqu’à 2009, l’INSERR était le seul organisme agréé pour la formation des experts en automobile.

Plus seul mais toujours en avance

Depuis 2009, en effet, ce monopole de fait a été cassé et, à leur demande, BCA Expertises et l’ANEA se sont vus investies de la capacité d’assurer la formation des experts en automobile, et l’INSERR ne conserve qu’entre 10 et 15% des effectifs formés chaque année. Logique, puisque BCA et les adhérents de l’ANEA représentent les trois quarts, voire les quatre cinquièmes des experts français… Néanmoins, l’INSERR parvient à conserver un coup d’avance et cette inscription du recours direct au programme de la formation continue VE en vue de la qualification 2016 en témoigne.

«La réglementation n’a pas évolué depuis 2009, or, si l’on veut rester honnête envers les experts qui suivent nos formations VGE et VEI (NdlR : Véhicule gravement endommagé et Véhicule économiquement irréparable), il faut en renouveler le contenu, reconnaît Michel Barret. Et ce, d’autant plus que le retour satisfaction de nos stagiaires est excellent.» Aux alentours de 95%, de l’aveu même du responsable pédagogique. D’où l’importance de rester au fait de l’actualité du métier. Et cette actualité, c’est, entre autres, le recours direct. «Jusqu’ici, la formation au recours direct ne concernait que le corporel et non le matériel, explique Michel Barret. Désormais, c’est le cas.»

Une approche “bottom-up”

Le formateur s’en est donc ouvert au directeur de la formation, afin que les élèves de l’année –la formation étant désormais annuelle à raison de deux jours par an– puissent connaître le B.A-BA de la procédure et l’envisager dans un cadre délictuel. «C’est une procédure de droit qui existe et qui mérite d’être mise en avant, soutient Michel Barret. Notre démarche répond à un besoin d’éclairage de nos stagiaires dans leur quotidien et nous voulons expliquer aux experts qu’ils ont intérêt à disposer de cette procédure dans leur boîte à outils.»

Et conscient de la nécessité de rester au plus près de leurs préoccupations, Michel Barret n’hésite pas à s’appuyer sur des cas très concrets rencontrés sur le terrain. «Nous cherchons simplement à interpréter les bonnes méthodes dans l’esprit du législateur, c’est-à-dire dans l’intérêt de la sécurité routière et dans le respect de la loi», certifie-t-il. C’est le cas, en particulier, de la procédure de recours direct telle que pratiquée par Karim Megrous, patron du cabinet AAME, et son avocate, Me Nathalie Amill. Lesquels viennent de remporter une victoire éclatante face à Groupama devant le Tribunal d’instance de Nice.

Un par défaut fort à propos

Comme le souligne si bien le formateur, trop peu de choses bougent dans le paysage de l’expertise, surtout en matière de réglementation. La Commission nationale de l’expertise automobile (CNEA) n’a toujours pas été réactivée, le comité de suivi n’est toujours pas en place, bref, il convient d’apporter du neuf à la formation des experts en partant du quotidien des professionnels. «En l’absence de toute évolution, j’ai donc récupéré ce thème tout à fait réglementaire et attractif qu’est le recours direct, afin de l’aborder en toute neutralité.» Comme l’exige le statut de GIP de l’INSERR.

Le responsable pédagogique s’est donc basé sur la présentation «très pédagogique» de la procédure de recours direct présentée par Karim Megrous lors de la conférence que l’expert a donnée en septembre dernier à Saint-Laurent-du-Var, dans les locaux de la FNAA des Alpes-Maritimes. «Je n’ai pas, non plus, hésité à m’appuyer sur la décision du Tribunal d’instance de Nice pour enrichir et légitimer notre programme», certifie Michel Barret. De fait, le formateur et l’INSERR dans son ensemble aiment à s’appuyer sur la jurisprudence et Karim Megrous et Me Nathalie Amill, au cours des derniers mois, n’ont cessé de démontrer la légitimité du recours direct.

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2 Commentaires concernant “Recours direct : la procédure au programme de l’INSERR !”

  1. Selon TERENCE, « Parler franchement suscite la haine » .

    Eh bien je prends ce risque car il y va de la sécurité publique, de celle des automobilistes qui circulent et de tous les autres usagers qui sont les grands oubliés de toutes les mauvaises manoeuvres des uns et des autres, imaginées dans l’ignorance, la méconnaissance les plus totales! Je cite: Assureurs et Experts.
    C’est bien beau de faire du chiffre, vendre de la formation, mais si celle-ci ne profite qu’aux Marchands du Temple, le système est corrompu.
    Je ne doute pas de la bonne volonté des formateurs de l’INSERR, mais enfin! Quel est l’avenir de cette procédure du recours direct?? En quoi apporte-t-elle de la sécurité aux Propriétaires de véhicules accidentés?
    Il ne s’agit pas de formation technique, mais juridique. On empiète sur le travail de l’Assureur, alors que celui de l’Expert est trop souvent de médiocre qualité, faisant les Assurés jeter l’anathème sur les Professions d’Expert, d’Assureur, de Réparateu
    N’y a-t-il pas beaucoup plus urgent à traiter, dans l’intérêt de Tous, y compris bien entendu de l’Assuré automobiliste
    – Certainement que si!

    Je PROPOSE donc, la FORMATION étant OBLIGATOIRE, qu’elle porte sur plusieurs points bien précis :
    – 1) sur l’OUTILLAGE MINIMAL dont TOUT Atelier doit être équipé pour REALISER une REPARATION SECURITAIRE dans les REGLES de l’ART; Je pense principalement aux instruments de soudure, de rivetage-collage, mais aussi aux instruments métrologiques de mesures mécaniques, inconnus dans bon nombre d’ateliers (comparateur, palmer, etc..), qui sont indispensables à la réalisation de contrôles sérieux, à faire à l’établi! Oui à l’établi, parce que certaines opérations sécuritaires ne peuvent se faire que là! Et là, il n’y a pas de lecture faciles des codes défauts! Et là, tant la responsabilité du Réparateur mal outillé qui néglige les contrôles les plus basiques, faute de temps et d’outillage, que celle de l’Expert mal informé et généralement mal formé, qui prescrit mal , que celle de l’Assureur peu soucieux de la QUALITE finale des travaux réalisés sur le véhicule de son Assuré qu’il a pourtant orienté vers son Garage agréé à bas coûts, qui lui consent des tarifs trop bas pour qu’il puisse s’outiller

    -2) SUR les METHODOLOGIES de REPARATION : trop nombreux sont les Experts et les Réparateurs qui ignorent ce qu’est une réparation à réaliser dans les règles de l’art et négligent, ou refusent d’accorder ou de passer du temps pourréaliser les contrôles les plus basiques. Qu’il s’agisse: d’éléments de trains roulants, de direction, de géométrie, de carters, d’arbres, Les Professionnels de l’Expertise et de la Réparation automobile exercent trop souvent, comme des Médecins qui ne connaitraient pas l’anatomie. Celà peut arriver aussi, mais avouons que ce n’est pas rassurant!
    Qui, aujourd’hui, peut affirmer restituer au Client final un véhicule conforme à son état originel, ne serait-ce qu’au niveau de la peinture? C’est tout bête, et pourtant…
    Et
    -3) Une formation juridique très basique, sur les CONTRATS et la RESPONSABILITE me parait également indispensable. Par ignorance juridique, de nombreuses fautes sont commises alors qu’elles pourraient,être évitées.

    Enfin, je souhaite terminer cette réflexion sur une proposition positive : POURQUOI une TELLE FORMATION ne serait-
    elle pas IMPOSEE aussi aux REPARATEURS?

    Il y va de la sécurité de TOUS les UTILISATEURS de la VOIE PUBLIQUE.

    Un Observateur attentif, soucieux de qualité et de sécurité!

  2. Bonjour
    Depuis un certains temps déjà, nombreux sont ceux qui avaient constaté que le contenu des formations INSERR et ANEA avait des différences sur l’application et la mise en place de la procédure en fonction des demandes assureurs pour les seconds. Ayant moi-même fait les deux pour vérifier, je confirme cela et je pense que les lobbies assureurs sont très puissants et essaient de tout contrôler à leur seul avantage.
    Alors bravo à Mr Barret qui ose faire la promotion du recours direct car la majeure partie des experts d’assurances est muselée.
    Il est plus que temps de faire tomber les a priori sur une procédure qui marche!!!
    Bon courage à vous.
    Un expert libre
    David

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