Panorama des réseaux de carrosserie 2015 – Des pistes à explorer… d’urgence !

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Agréments, libre choix, diversification… le panorama des réseaux de carrosserie a cette année donné la parole aux professionnels sur ces thèmes d’actualité. Des pros qui attendent plus et mieux de leur enseigne, au risque de mettre ces dernières dans l’embarras…

Spot repair

Les résultats en baisse de la 4è édition du Panorama des réseaux de carrosserie organisé par notre confrère Décision Atelier, traduisent une réelle attente de la part des adhérents envers leur réseau. Une attente de plus en plus forte à mesure que l’activité ralentit, que les marges s’amenuisent tandis que les nécessaires investissements augmentent en parallèle, débouchant sur un sournois «effet ciseau» que les professionnels ont aujourd’hui bien du mal à contrer.

En marge des items traditionnellement évoqués pour définir les niveaux de satisfaction globale et d’attachement des professionnels à leur enseigne, ces attentes ont donc été décryptées dans l’étude réalisée par le CSA.

Agréments : divergence d’intérêt ?

Au cœur de l’actualité du secteur, la délicate question des agréments, déjà analysée l’année dernière, a été à nouveau étudiée cette année. Et force est de constater que les donneurs d’ordres ne sont pas davantage en odeur de sainteté dans cette étude 2015 que dans celle réalisée un an plus tôt ! En effet, alors que les professionnels interrogés en 2014 étaient 55% à prévoir la résiliation d’un ou plusieurs agréments, ils sont encore cette année 49% dans cette optique. C’est certes une plus faible proportion, mais c’est encore une (petite) moitié qui se déclare prête à sortir d’un carcan où les carrossiers se sentent toujours plus à l’étroit…

Et c’est là surtout un point intéressant de l’étude réalisée par le CSA. Il traduit possiblement le point de rupture entre les intérêts du carrossier et ceux de sa tête de réseau : en effet, tandis que le cadre dans lequel doivent évoluer les professionnels pour réparer les véhicules est jugé toujours plus contraignant (part de la main d’œuvre dans la facture en baisse sur les 5 dernières années pour 77% des répondants ; discussions avec les experts qui achoppent quasi-systématiquement sur l’aspect économique des réparations et un contradictoire expert/réparateur de moins en moins présent pour 62% des carrossiers sondés), les têtes de réseau ont, elles, tout intérêt à signer des accords avec les donneurs d’ordres car leur permettant de remplir -au moins en partie- la promesse de trafic faite à leurs adhérents. Tout au plus peuvent-elles tenter de desserrer ledit carcan en obtenant de moins mauvaises conditions ; rares sont celles qui peuvent se permettre de dire non au regard d’un contexte peu reluisant. Mais elles existent

Libre choix : les réseaux plutôt discrets

Et la même logique apparaît dès lors qu’est évoquée la grande actualité de la profession avec l’arrêté sur le rappel du libre choix du réparateur. Et pour 56% des professionnels sondés, sa publication n’a pas eu d’impact positif sur leur activité. Du moins pas encore. Si 39% pensent le contraire (dont 8% qui estiment que l’arrêté a eu un impact important), ils sont 62% à estimer que leur enseigne devrait davantage communiquer sur le sujet. Davantage communiquer, voire communiquer tout court…

Et c’est là un autre point de divergence qui ressort de cette étude : alors que les carrossiers demandent des leviers leur permettant de booster leur trafic à l’atelier (en l’espèce plus de communication pour plus de visibilité), les têtes de réseaux se font elle, fort logiquement, plutôt discrètes sur ce point : difficile en effet pour un réseau commercial, qui négocie des accords-cadres nationaux avec les assureurs, d’aller communiquer sur le libre choix du réparateur…

Une lecture identique pourrait être faite de la question de la cession de créance : beaucoup de pros la connaissent (60%), peu la pratiquent actuellement (9% déclarent avoir déjà utilisé ce procédé). En revanche, ils sont 96% à souhaiter un accompagnement de leur enseigne dans la mise en place de ce mode de règlement ! Cependant, là encore, la position de la tête de réseau est délicate, car s’opposant aux politiques d’agrément traditionnellement mises en place.

A la croisée des chemins

Plus consensuels sont les thèmes de la diversification. Mais là encore, les têtes de réseaux sont attendues : quelque 75% des carrossiers sondés ont déclaré en effet voir leur enseigne développer une offre de type «hors assurance» ; 52% se disent favorables à ce que l’enseigne mette en place une offre concernant le dégrelage. Quant à la pièce de réemploi, elle est appelée de ses vœux par 62% des carrossiers interrogés dans l’étude. Principalement d’ailleurs dans l’intérêt de leurs clients, plus que dans le leur : pas toujours simple d’expliquer qu’une pièce de réemploi, ça demande un temps certain pour être remise en état…

Pour le reste, les têtes de réseaux se trouvent à la croisée des chemins. Des choix forts vont devoir être opérés, au risque de froisser les donneurs d’ordre. Sous peine de voir leurs relations se détériorer encore davantage avec leurs adhérents. La marge de manœuvre est sûrement étroite…
Faute de solutions venant du panneau, les carrossiers adhérents commencent d’ailleurs à prendre les devants : ils sont une bonne moitié à se déclarer prêts à utiliser les plateformes d’intermédiation (type zerofranchise.com ou carrossier.com). 5% d’entre eux déclarent même s’y être déjà inscrits… Un service auquel les réseaux devraient penser ?

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