Témoignage – Dégrêlage version Macif : « trop, c’est trop! »

Il est représentant peinture et fréquente les carrossiers depuis trente ans. En découvrant chez un de ses clients réparateurs la stratégie de «commissionnement grêle» de la Macif, Roger Picat a décidé de prendre la plume pour témoigner.

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lecteur_gris-2“Représentant peinture depuis 30 ans à la fin de ce mois, qu’elle n’a pas été ma stupéfaction de constater chez un de nos clients, le commissionnement «grêle» de la Macif !!! Facture à l’appui, ce client du département de Saône et Loire m’a montré la façon dont la Macif le rémunère sur le dégrêlage 2015 . Forfait : 150 €, quel que soit le montant total HT de l’intervention.

“Et mon client n’est même pas sûr qu’en cas de défauts constatés sur ledit véhicule, il ne doive pas reprendre la garantie des travaux.

“J’ai pu lire ainsi : «intervention dégrêlage» ou DSP 650 €, 1 850 €, 2 000 €, etc.
Forfait commissionnement : 150 € HT.

“La profession est déjà en grande difficulté et ces multinationales les enterrent doucement, un peu plus chaque jour. J’ai envie de leur dire, avec un peu de cynisme, continuez donc, allez plus vite. Vous finirez par tuer les carrossiers les plus fragiles.

“Entre la clientèle dirigée par les plateformes de gestion de sinistres, les obligations toujours plus grandissantes de leurs exigences pour satisfaire leurs assurés, il ne restera plus que les gestionnaires purs. Et là, bien leur en fasse, ceux-là seront plus solidaires entre eux.

“Les compagnies d’assurances, en réduisant la marge des carrossiers, creusent leur tombe doucement, mais sûrement.

“Qu’ils continuent, et je dirais même, qu’ils aillent plus vite ! Et que ceux qui restent en tirent la leçon.
Finies les réunions de syndicats enflammées le soir, suivies du dur retour à la réalité dans les ateliers le lendemain, en oubliant les discours utopiques de la veille. Parce que la dure réalité reprend le dessus.

“Et si j’étais le seul à abandonner mes agréments, à arrêter les véhicules de prêts neufs, à arrêter les remises de pied de factures, à arrêter les pièces de ré-emploi, à arrêter…, etc. ? Pour vivre enfin de mon travail décemment, normalement.

“Pour les derniers mois de ma carrière professionnelle qu’il me reste à faire, que vais-je encore constater ? Quelles couleuvres mes amis carrossiers vont-ils encore avaler en pensant survivre ? Eh oui, pour la plupart après 30 ans de bons et loyaux services, ils sont plus devenus des amis que des clients.

“Alors ça fait mal de voir la profession mourir à petit feu. Tout ces indépendants, et Dieu sait s’ils portent mal leur nom, ne savent pas ce que l’avenir leur réserve. Continuer, arrêter, vendre ? Faire quoi, ensuite ?

“C’est un si beau métier !!! La satisfaction du travail bien fait. Travailler dans les règles de l’art. Ce que le véhicule est redevenu après un choc, la satisfaction du client.

“Aujourd’hui, créer, reprendre une carrosserie, le banquier ne vous suit pas. la profession est listée rouge. Sauf si vous présentez des garanties énormes.

“Voilà mon coup de gueule. Ce n’est pas dans mes habitudes. Mais là, trop c’est trop !

“Respectueusement,

Roger PICAT

2 commentaires concernant “Témoignage – Dégrêlage version Macif : « trop, c’est trop! »

  1. Les coups de gueules sont justifiés et on les entend, mais je suis très surprise de voir quelqu’un qui parle de rassemblement alors que des fédérations se mobilisent, provoquent des réunions sans réponse des réparateurs. Les réparateurs sont présents dans les réunions des assureur alors que ceux-ci vous mettent une pression financière dont vous aurez du mal à vous remettre.Il faut dire que les assureurs rendent ces réunions obligatoires. Certaines fédérations automobiles mettent tout en place pour vous aider, mettent à votre disposition des outils pour lutter contre tout ce déséquilibre et provoquent des réunions d’information qui hélas ne regroupent pas assez de réparateurs.
    Pardon, mais tous ceux qui crient aux feux ne font pas d’effort pour se renseigner, ne connaissent pas les actions menées.
    SVP, prenez le temps de vous renseigner, regardez la fédération qui vous représente le mieux en tant qu’artisan. Sachons nous poser et réfléchir ensemble. Notre solidarité entre professionnel ne se fait pas par un message lancé « à la sauvette » un jour.
    Je connais très bien le travail effectué des fédérations et oui je pense que le réparateur, par son manque de motivation et d’implication est responsable des grandes difficultés de notre belle profession.
    c’est « mon coup de gueule ».

    NdlR: Le témoignage qui inspire ce commentaire de Josiane n’est pas, en l’occurrence, un commentaire de réparateur susceptible d’être adhérent d’une organisation professionnelle mais d’un représentant en peinture appartenant probablement à une autre convention collective.
    Cela dit, le « coup de gueule » de Josiane est fondé. Nous nous en sommes déjà ouverts dans un précédent « commentaire de commentaire »: beaucoup de professionnels profitent de cet espace pour souvent tirer à boulets rouges sur leurs fédérations ou sur celles des autres, sans souvent avoir pris connaissance des dossiers traités par elles et des efforts faits pour défendre les intérêts des professionnels.
    Les fédérations en question ne savent peut-être pas suffisamment faire savoir ce qu’elles font, mais elles en font bien plus que beaucoup semblent croire.
    Encore une fois: pour nous journalistes, ces fédérations sont très régulièrement de précieuses sources d’informations et de compréhension et ce, sur des problématiques qui touchent les professions des services de l’automobile. Si elles ne bossaient pas leurs sujets, si elles ne se mobilisaient pas pour infléchir des tendances contraires aux intérêts des professionnels, elles seraient bien incapables d’avoir les avis circonstanciés et les analyses utiles qui nous sont souvent précieux pour écrire les articles qui vous intéressent. 🙂

  2. Bonjour,

    je suis professionnel depuis 20 ans, j’entends votre coup de gueule qui est repris en boucle depuis plusieurs 10 années sans aucuns changement a l’horizon voir même s’empire d’année en année……
    Mon grand pères disait : si tu continu alors que tu as mal, c’est que tu n’a pas encore assez soufferte pour t’arrêter.
    Nous avons la chance dans notre métier d’avoir un savoir et une technique qui ne rentre pas dans des cases de financier, alors une bonne fois pour toute ::::
    j’appelle tous les carrossiers de toutes les régions de France de se rencontré par ville, département, région pour échanger sur l’avenir et de travailler al main dans la main ensemble pour satisfaire nos clients et renvoyer a la paperasse les assureurs…….

    A bon entendeur……..

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