Loi Hamon : assureurs concurrencés, pros sous pression?

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Selon un sondage OpinionWay pour le comparateur en ligne LeLynx, les Français ont une bonne connaissance des possibilités offertes par la Loi Hamon en matière de résiliation de contrat d’assurance. Et seraient prêts à l’utiliser. Mais cette apparente bonne nouvelle pourrait, en creux, cacher autant de nuages gris dans le ciel déjà «plombé» des carrossiers…

 

LeLynx_homepage

Selon un récent sondage réalisé par OpinionWay pour le compte du comparateur de prix des assurances en ligne LeLynx.fr(*), la loi sur la consommation -ou Loi Hamon- qui permet depuis l’année dernière à tout automobiliste de résilier gratuitement et à n’importe quelle date son assurance après un an de contrat, est d’ores et déjà connue par 75% des automobilistes. A elle seule, cette proportion est digne d’intérêt : voir les trois quarts des consommateurs interrogés au fait des possibilités permises par la Loi Consommation un an seulement après sa promulgation est en soi presque étonnant. On se souvient du temps que la filière indépendante a mis pour qu’une part significative des consommateurs automobilistes ait enfin conscience de la possibilité pour eux de faire entretenir leur véhicule hors du réseau de marque sans perte de la garantie constructeur. Une possibilité qui date pourtant du règlement européen apparu en 2002…

Des assurés plus  »volages »

Ces assurés-sondés semblent même très bien connaître la nouvelle loi dans le détail. Selon le communiqué du site comparateur des tarifs d’assurance, 92% des répondants savent ainsi qu’il n’est plus besoin d’attendre la date anniversaire du contrat pour le dénoncer. 87% d’entre eux savent que cette résiliation est gratuite pour eux, les frais étant en effet supportés par le nouvel assureur (86% des répondants) !

Mais ce n’est pas tout : parmi les répondants connaissant la Loi Hamon, ils se déclarent 1/3 à avoir l’intention… ou à avoir d’ores et déjà changé d’assurance pour leur véhicule ! Principal motif : réaliser une économie financière pour 67% des répondants. Autres motifs avancés : un changement de contrat d’assurance pour bénéficier d’une meilleure couverture (19% des répondants), ou encore parce que l’assuré se déclare insatisfait vis-à-vis de son ancien assureur (10%).

Enfin, il convient de souligner que parmi les sondés ayant déclaré qu’ils n’avaient pas dans l’immédiat le projet de changer d’assureur, l’argument financier motiverait 40% d’entre eux…

Bref, les temps changent, et les assurés fidèles à leur assureur risquent bel et bien d’être moins nombreux qu’aujourd’hui, où «en moyenne, les Français restent 7 ans chez le même assureur automobile contre 2 ans chez nos voisins Anglais», compare LeLynx.fr.

Bon pour le consommateur, pas forcément pour le carrossier…

Mais en creux, la nouvelle n’est peut-être pas si bonne, en tout cas pour les carrossiers. Car un des possibles (pour ne pas dire probable) effets induits de la loi est que les assurances, toujours plus en concurrence, vont être tentées de limiter au maximum la hausse de leurs prix afin de demeurer le plus compétitif possible vis-à-vis de leurs clients automobilistes – comme de leurs prospects. C’est en toute logique ce qu’envisage LeLynx dans son communiqué révélant les résultats du sondage : «A moyen et long terme, la Loi Hamon aura un impact financier favorable sur le marché de l’assurance. Aussi, en accentuant la compétitivité entre assureurs […], les compagnies devront proposer des offres plus attractives pour continuer d’attirer de nouveaux clients».

Dans ce cadre, il va bien leur falloir récupérer d’un autre côté cette perte de rentabilité du côté des clients automobilistes. Et donc très vraisemblablement s’engager un peu plus dans leur désormais constante quête d’un «coût sinistre maîtrisé» en langage feutré. Soit, in fine, au mieux de maintenir –au pire d’intensifier– la pression déjà très (trop) forte exercée sur les professionnels de la réparation-collision… experts compris.

(*)Sondage réalisé par l’institut OpinionWay pour LeLynx.fr via internet les 21 et 22 décembre derniers, auprès d’un échantillon de 827 personnes responsables du choix de leur assurance auto, issues d’un échantillon de 1 013 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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