Coût moyen des sinistres: flou… et complètement fou!

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Tout le monde parle du «coût moyen sinistre» avec la crainte pour les réparateurs de le dépasser, la crainte pour les experts de ne pas le maîtriser, le tout sous la pression constante des assureurs pour qu’il soit le plus faible possible. C’est d’autant plus complexe à respecter… que tout le monde ne parle pas de la même chose ! Car il s’agit du recensement et de l’analyse d’un ensemble de données qui n’ont pas de concordances entre les différents intervenants, y compris chez les assureurs eux-mêmes.

Un peu de tout…
Pour preuve, si les 3 éléments essentiels de base qui constituent une facture (les pièces pour 47,3%, la main d’œuvre à hauteur de 42,4% et les ingrédients peinture qui représentent 10,3%), sont effectivement considérés, un flou artistique plane en revanche autour des autres critères retenus pour définir cette notion !

En fait il faudrait, selon le représentant de Generali, faire la part des choses entre 3 libellés : Le coût moyen sinistre, le coût moyen de l’expertise et le coût moyen de la réparation. Certes, la précision mérite d’être faite ; mais au regard de la liste des paramètres qui constituent le coût moyen sinistre de la même assurance, une grande confusion subsiste. Ce coût moyen est en effet constitué par :

  • le coût moyen de la réparation (défini par la facture de réparation et le rapport de l’expert)
  • les éléments sous réserve de garantie contractuelle (accessoires, aménagements etc.),
  • les frais annexes (dépannage, gardiennage, véhicule de remplacement, assistance etc.),
  • les honoraires,
  • les véhicules irréparables,
  • les recours,
  • les bris de glace.

… et même n’importe quoi !
Comme on peut le constater, le coût moyen sinistre (environ 1 050 €) imputé à un réparateur, est clairement flou, complexe, avec des composantes qui ne le concernent pas directement et qui lui échappent. Mieux, l’intervenant de la Maif lance que «si les carrossiers veulent baisser leur coût sinistre, ils doivent impérativement faire des efforts sur la productivité de leurs productifs» ; il ose même la caricature : «si vos employés ne perdaient pas des quarts d’heures entiers à chercher leurs outils, peut-être seraient-il plus productifs et votre taux mieux ajusté (entendre : moins élevé)» !

Outre l’outrecuidance et le délit d’ingérence affirmés de ce Monsieur, osons lui signifier qu’une telle «leçon» dans un colloque de concessionnaires serait encore plus mal ressentie; si le montant des taux horaires devait effectivement compenser une désorganisation d’atelier, cela reviendrait à dire qu’il y a un sacré « bazar » dans les ateliers des RA1… ce qui n’est évidemment pas le cas.

Attention aux excès
Parmi les autres étrangetés des coûts moyens sinistres, soulignons les problèmes rencontrés par un carrossier : «J’ai réparé deux véhicules haut de gamme, dont les factures se sont élevées à plus de 20 000 € chacune. Peu de temps après, je me suis vu interpellé par l’assurance qui voulait impérativement me voir pour une hausse anormale de mon coût sinistre. Ma position est donc simple : dorénavant, je ne réparerai plus de véhicule de ce genre». Une position qui a été rapidement relevée par le représentant de Generali : «Restons calmes, a-t-il répondu ; si plus personne ne veut réparer ces véhicules, nous sommes dans une position bien délicate… Ce ne sont que des exceptions, qui doivent être gérées en marge du coût moyen sinistre».

A quand donc une réflexion de fond sur ce coût sinistre, qui sème le trouble et entretient un climat malsain à tous les maillons de la chaîne ? A ce propos, un débat ne devrait-il pas être engagé sur le sujet au sein de la Cintra, où toutes les composantes (experts, assureurs, carrossiers et constructeurs) sont représentées ? A suivre. De près…
Martial Burat

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1 Commentaire concernant “Coût moyen des sinistres: flou… et complètement fou!”

  1. Le coût moyen mis en avant est un pur mensonge…. Les bases de stats sont le plus souvent erronées, elles viennent de d’Arva, et les utilisateurs savent comment jouer avec les corbeilles pour diluer les gros sinistres, notamment les experts, missionnés par qui déjà?? Ah oui par les assureurs, l’indépendance légale de l’expertise est partie loin…

    Les « statisticiens » des assureurs ont une vue très étroite et ne regardent que le COUT, sans se soucier du reste; c’est de la poudre aux yeux et on fait dire ce qu’on veut aux chiffres. Rappelez-vous que seuls 13% de la cotisation d’assurance sert à la réparation… Où passe le reste, messieurs les assureurs??? Frais de gestion??? au delà de 35% de frais de gestion, vous êtes très très très mauvais, pires que la pire des administrations…

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