Panorama des réseaux de carrosseries 2016 – Des pros confiants et toujours attachés à leur enseigne

Le Panorama des réseaux de carrosseries a démontré une nouvelle fois le très fort niveau d’attachement des pros envers leurs réseaux. Et a en outre pu mettre en exergue une confiance retrouvée malgré un contexte économique toujours difficile…

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Patrick Cleris, président de la FRCI

Les carrossiers aiment leurs réseaux respectifs ! C’est une constante depuis le lancement du premier panorama, en 2012, et c’est une particularité qui se renforce édition après édition. Enfin presque : le panorama 2015 avait certes montré un léger repli des deux notes-clés de l’étude (satisfaction générale et attachement à l’enseigne). Cette édition 2016 renoue donc avec les beaux scores de 2014 et démontre surtout que, malgré un marché structurellement en baisse et où la notion de rentabilité revêt une importance capitale −un point que ne cessera de souligner Patrick Cleris, nouveau président de la FRCI, durant ce Panorama et pour qui «les carrossiers sont aujourd’hui passés du statut d’artisan à celui de gestionnaire-chef d’entreprise»−, les pros retrouvent une certaine confiance dans l’avenir… ce qui n’exclut pas des attentes fortes de leur part !

Des pros satisfaits…

Avec une note de satisfaction générale (tous réseaux confondus) de 7,5, cet indice progresse de 0,2 point par rapport à la précédente édition (7,3) ; il retrouve ainsi son niveau de l’édition 2014. Un niveau particulièrement flatteur dans le secteur BtoB −qui plus est dans une branche d’activité dont le contexte économique reste difficile− où la moyenne de satisfaction des adhérents envers leur enseigne se situe à 7.

Dans le détail, la politique d’achat du réseau demeure le principal motif de satisfaction de la part de ses membres (7,2). Pour 80% d’entre eux, adhérer à un réseau apporte un avantage en matière d’achat de pièces de rechange, et pour 69% des répondants en matière d’achats de produits peinture et para-peinture.

En revanche, les notes concernant le support technique de l’enseigne, l’animation réseau et la communication extérieure enregistrent toutes trois une baisse à respectivement 7 (-0,3), 6,9 (-0,4) et 6,5 (-0,4)… Pour le premier item, la qualité de l’assistance technique est jugée en baisse, de même que la fourniture de données techniques et des informations sur l’évolution technique du secteur. Pour le deuxième, la note est tirée vers le bas en raison d’une information sur la vie du réseau jugée insuffisante ; en matière de communication extérieure, les professionnels sondés ont plus sévèrement jugé leur panneau sur l’aspect de la communication locale, d’où une note moins bonne qu’à l’occasion du précédent panorama. Formation −malheureusement insuffisamment suivie− (6,4), rentabilité (6,3) et apport d’affaires (6,1) viennent clore la hiérarchie de sept items principaux étudiés au travers de l’enquête du CSA.

…et attachés à leurs enseignes

Quant à la note d’attachement, elle atteint cette année le score de 7,6. Pas moins de 92% des répondants ont ainsi déclaré souhaiter rester au sein de leur réseau et 88% recommanderaient leur enseigne à un confrère. Ils y voient un véritable avantage concurrentiel : 86% des pros interrogés estiment en effet qu’adhérer à leur réseau s’avère un avantage plutôt que de travailler sans enseigne ; et ils sont 83% à estimer qu’appartenir à leur enseigne est un avantage par rapport à un autre panneau.

Cet attachement se matérialise enfin à travers une autre donnée, particulièrement révélatrice : l’ancienneté des adhérents sondés pour cette étude. En effet, 66% des 529 répondants ont le même panneau depuis 5 ans ou plus. 38% −soit un gros tiers− sont affiliés au même réseau depuis 10 au moins. Une proportion qui a pris 7 points par rapport à la précédente étude…

In fine la note de satisfaction globale, moyenne de la note de satisfaction et de la note d’attachement, s’établit à 7,5.

Retour à l’optimisme

Point intéressant qu’a relevé l’étude cette année : la part des professionnels sondés ayant perçu une évolution positive de leur chiffre d’affaires de leur carrosserie est supérieure à la part de ceux ayant observé une baisse de ce dernier. En effet, ils sont 30% à avoir noté une évolution positive, soit 9 points de mieux qu’à l’occasion du panorama précédent ! La part des carrossiers ayant perçu une stabilité de leur CA reste grosso modo la même (la moitié des sondés), tandis que la part des pros enregistrant une baisse du CA de leur entreprise descend à 17% dans ce panorama 2016 (-12 points). Ainsi, c’est la première fois que le delta entre ceux qui ont perçu une hausse et ceux qui ont perçu une baisse est aussi important : l’écart était en effet de 4 points seulement en 2014 et de 8 points il y a un an. A noter : le réseau Top Carrosserie apparaît comme celui dont les adhérents ont le plus perçu une hausse de leur CA.

Mieux encore : à la question «comment voyez-vous l’avenir à court terme pour votre carrosserie ?», les pros laissent apparaître un très net regain d’optimisme. En effet, ils sont 36% à se déclarer «plutôt optimistes», 37% n’attendent pas de changement (une part des sondés en hausse de 13 points par rapport à 2015), et 26% se déclarent pessimistes quant aux prochains mois. Ces derniers affichent un recul de quelque 15 points par rapport au précédent panorama des réseaux de carrosseries. Et l’édition 2016 devient ainsi la première à voir la population optimiste de carrossiers sous enseigne dépasser celle des pessimistes !

Des attentes fortes… et multiples

Diverses attentes ont été manifestées à travers les réponses des carrossiers. Si la politique d’achat a toujours été la mieux notée parmi les items abordés dans le cadre du panorama, 71% des adhérents des enseignes auscultées pensent que leurs têtes de réseaux pourraient aller encore plus loin et se sont déclarés intéressés pour que le réseau négocie avec des prestataires pour obtenir des conditions sur les contrats de fourniture d’énergie, mutuelle, fourniture bureautique… L’optimisation des conditions d’achats (et à travers elle l’accompagnement de l’adhérent par sa tête de réseau), semble donc désormais toucher la vie de l’entreprise dans son ensemble.

La baisse de la note liée à l’aspect «communication externe» trouve pour origine un manque de moyens pour la communication locale selon les professionnels sondés. Les moyens mis en œuvre pour augmenter la visibilité du réseau au plan national et les stratégies web qui se mettent en place partout ou presque, semblent ainsi faire “oublier” aux têtes de réseaux les fondamentaux du commerce de proximité. Mais c’est aussi sûrement à l’artisan −devenu aujourd’hui également gestionnaire… et commerçant−, qui est le mieux placé pour connaître sa propre zone de chalandise, que revient principalement la prospection en local !

Autre attente forte des professionnels sondés : les accords-cadres négociés avec les donneurs d’ordres, ou apporteurs d’affaires. Une dimension incontournable dans la mesure où les sociétés d’assurance continuent de faire la pluie et le beau temps sur le marché de la réparation-collision, mais où volume ne signifie pas forcément rentabilité pour l’entreprise. Un exercice toujours délicat pour les têtes de réseaux.

Est-ce pour cela que cette année, maintenant que la relation entre cette étude et la FRCI (Fédération des Réseaux de Carrossiers Indépendants) s’est assagie, le baromètre de la difficile relation carrossier agréé-assureur n’a pas été reconduit après les trois précédentes éditions passionnantes sur le sujet ?

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