Aréas résilie son réseau d’expert pour le revoir à la baisse

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Aréas restructure la sectorisation de ses experts. La nouvelle carte sera connue fin 2013. En attendant, ils sont tous résiliés et savent déjà qu’ils seront moins nombreux en 2014…

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Un mauvais vent continue de souffler sur les experts automobiles. Après les menaces de Generali (voir «les drôles de vœux de Generali»), les coupes dans les honoraires décidées par la MAIF et la MATMUT (voir nos articles sur le sujet), c’est maintenant au tour d’Aréas(*), un groupe indépendant de sociétés d’assurances mutuelles, de bousculer ses experts. Ces derniers viennent d’apprendre dans le courrier ci-dessus en provenance d’Antoine Foulonneau, le responsable Sinistres Province de l’assureur, qu’Aréas envisage «un nouvelle sectorisation de [son] réseau d’experts à effet du 1er janvier 2014».

Cette sectorisation sera étudiée et décidée en concertation avec les Experts Conseils de l’assureur et sera communiquée aux experts concernés «au plus tard courant septembre 2013», c’est-à-dire… trois mois avant l’échéance de tous les contrats en cours avec les experts ! Car l’attente de la nouvelle carte des experts missionnables par Aréas ne fera effectivement pas partie du plaisir : «pour la bonne forme», poursuit le courrier, «je vous confirmerai dans les prochains jours la dénonciation à tire conservatoire de notre collaboration à effet du 31 décembre 2013». Non seulement les experts vont devoir patienter presque 9 mois avant de savoir s’ils font ou non partie de la nouvelle équipe, mais ce sera dans une situation incertaine et pas nécessairement pour un heureux événement.

Car ils savent déjà qu’ils seront moins nombreux à re-signer pour 2014, ce qu’Aréas explique presque expressément un peu plus tôt dans son courrier. Dans l’avenir, elle attend de ses experts une plus grande maîtrise du coût moyen, l’orientation systématique de toute expertise vers l’EAD (objectif mini : 25%) et un sensibilisation accrue à la détection de la fraude qui semble afficher chez Aréas un taux d’identification inférieur aux 3% moyens constatés sur le marché. Autant d’objectifs «qui ne peuvent s’envisager que sur un périmètre significatif», reconnaît le responsable Sinistres. Entendez, votre chiffre d’affaires va baisser à périmètre comparable, mais que ceux qui resteront se rassurent : ils bénéficieront de missions complémentaires venues des experts qui n’auront pas été renouvelés en 2014.

Durant 2013, on va se regarder en chiens de faïence, entre experts Aréas…

(*)Aréas se revendique comme le 7ème réseau d’agents généraux exclusifs en France (530 points de vente), cumulait 477 millions d’euros en chiffre d’affaires direct fin 2011, dont 38,3% dans l’automobile. Aréas s’appuie sur 2 500 garages et 1 500 spécialistes vitrage.

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3 Commentaires concernant “Aréas résilie son réseau d’expert pour le revoir à la baisse”

  1. Bonjour,
    Et ça continue: à force de diviser pour mieux régner, ils vont y laisser des plumes, peut-être pas à court terme, mais quand les experts et réparateurs seront denrée rares, que les sociétaires ne se laisseront plus mener par le bout du nez, que ces derniers auront trouvé la bonne compagnie hors de nos frontières (à force d’en changer tous les ans) ! NOUS, NOUS LES VERRONS TOUJOURS! LES REPARATIONS NE SE TROUVENT PAS SUR INTERNET.

  2. Que c’est beau cette course à la casse de l’expertise au premier trimestre de cette année!! Les contrôleurs de gestion ont donné leurs compte-rendus et les directeurs sinistres obéissent aux grand théoriciens de l’interprétation de Solvancy II, tout le monde se fait peur, et le chef comptable est content d’avoir mis tout le monde au pas.

    On serre les dépenses, on supprime le superflu en externe parce qu’en interne on veut la paix sociale quand même. Pathétique au fond. De plus, Aréas c’est minuscule, mais voulant paraître aussi réactive que les grands… La seule force des experts aujourd’hui c’est de faire attendre les expertises, les clients hurleront, changeront d’assureur, et les dindons de la farce seront ceux qui auraient voulu tout diriger d’un bureau en haut d’une tour d’ivoire…

    Si les experts mettent 3 semaines avant de voir chaque véhicule, les assureurs changeront leur fusil d’épaule… Sous couvert de la diversification, les délais de l’expertise auto de « base » ont changé, les cabinets ont eux aussi des priorités…

    [b]NDLR:[/b] [i]Solvancy II ou « Solvabilité II » est, selon Wikipédia une réforme réglementaire européenne du monde de l’assurance. Dans la lignée de Bâle II, son objectif est de mieux adapter les fonds propres exigés des compagnies d’assurances et de réassurance avec les risques que celles-ci encourent dans leur activité.[/i]

  3. Il semble à que cela soit aussi le résultat d’une politique de la compagnie qui rencontre des difficultés, suite sans doute à un mauvais relationnel avec ses clients.

    Il ne suffit pas de prendre des cotisations honteusement sur-évaluées et de chipoter lors de remboursement de sinistres. Une compagnie d’assurance ne peut pas refuser de régler des sinistres en cherchant sournoisement la petite bête: forcément un jour, ses clients s’en vont.

    Il est regrettable de constater que la réponse, prévisible du groupe financier, va être de mettre la pression sur les experts, afin qu’il « mégotent » encore plus sur les expertises, et qu’ils acceptent d’être sous-payés… (ils cherchent la relation à court terme) au lieu de se renforcer commercialement et de tisser une une relation pérenne sur le long terme. 😳

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