Carrosserie: le poids et l’impact des agréments enfin quantifiés!

Percutante, cette série de questions sur les agréments d’assureurs posées à 669 carrossiers des 9 enseignes étudiées(*) par le «Panorama des Réseaux de Carrossiers 2013» de notre confrère « DécisionAtelier» (voir les résultats généraux). Pour la première fois, l’impact de la pression des assureurs sur les carrossiers est aussi finement mesuré que lourdement dénoncé…

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Premier constat en forme d’état des lieux de cette étude confiée à CSA : les carrossiers estiment en moyenne que 52% de leurs entrées-ateliers proviennent des agréments des donneurs d’ordres. Et ce n’est là qu’une moyenne : en entrant dans le détail, on constate même que 45% des carrossiers interrogés estiment en dépendre au moins à 51% et 24%, à plus de 75% !

Agréments dominants et pesants
Si l’on superpose ces pourcentages aux 4,9 millions de sinistres par an (1 505 € par sinistre) auxquels s’ajoutent 3 millions de bris de glace pour un coût moyen de 365 €, on constate que les assureurs et plateformes de gestion de sinistres canalisent environ 4,4 des 8,45 milliards d’euros (pièces et MO) qu’enregistre annuellement l’activité réparation-collision (chiffres 2011).

Cette démonstration faite –s’il en était encore besoin– du poids économique concentrés entre les mains des donneurs d’ordres, l’étude passe aux questions concernant la perception que les carrossiers interrogés ont du poids croissant des agréments. Et là, le jugement est sans appel : 87% d’entre eux ont constaté ces 12 derniers mois un durcissement de la politique d’agréments et dans des conditions «importantes», voire «insupportables» pour 64% ! A l’opposé, on trouve aussi 30% de carrossiers qui constatent peu (22%) ou pas (8%) d’aggravation…

Le détournement de clientèle accusé
La question suivante est encore plus symptomatique du malaise des carrossiers. Car elle est posée de façon claire : «Pensez-vous que des entrées-atelier vous échappent car des assureurs refusent que leurs clients aillent chez vous à cause d’agréments signés avec d’autres carrossiers (phénomène aussi appelé détournement de clientèle) ?».

Au cœur de la problématique du libre choix du carrossier par le consommateur (voir «le libre choix revient renforcé devant l’Assemblée Nationale»), les réponses sont massivement positives. 89% pensent ainsi que des entrées-atelier leur échappent a cause de la préconisation du donneur d’ordres. 69% en sont «certains» pendant que 20% jugent cette cause «probable». Rendons aux assureurs ce qui leur appartient : il reste 11% de carrossiers qui affranchissent leurs donneurs d’ordres d’un quelconque impact sur le remplissage de leurs ateliers. S’agit-il en l’occurrence des « carrossiers des champs », ceux qui ne sont pas –pas encore ? – sous pression car loin de l’hyper-concurrence des grandes conurbations et de leurs forts potentiels ?

La dernière question leur demande d’estimer l’impact de ce «détournement de clientèle» sur leur chiffre d’affaires. En moyenne, les carrossiers l’estime à -24%. Dans le détail, le quart des carrossiers pensent même qu’il se situe entre -21 et -40%, voire même au-delà de -40% pour 7 d’entre eux. A l’opposé, 19% des carrossiers le minore à -10% maxi et pour 23%, entre -11 et -20%. Le quart des carrossiers restant n’ont-ils pas d’avis sur la question ? L’étude ne parle pas d’eux…

Une chose est certaine : l’étude interrogeait des carrossiers malmenés après une énième année de recul du marché de la réparation-collision (-10%). Et l’année en cours, qui affiche déjà une tendance à -8%, ne va pas les rendre moins grognons ni moins inquiets. Dans ce contexte, il y a peu de chance que le rapport carrossiers/assureurs se détende, ces derniers ne semblant pas envisager de «cessez-le-feu» en matière de pressions tarifaires.

(*) Les enseignes étudiés par CSA/Le Panorama des Réseaux de Carrossiers (669 interrogés entre avril et mai 2013): Acoat Selected, AD Carrosserie, Autoneo, Axial, Five Star, Ixell Carrosserie, Precisium Carrosserie et Top Carosserie.

3 commentaires concernant “Carrosserie: le poids et l’impact des agréments enfin quantifiés!”

  1. Il y a un paramètre sur lequel tous les carrossiers agréés peuvent jouer, c’est la remise en pied de facture.

    Dès lors qu’un remise en pied de facture dépasse la remise sur la pièce faire par le grossiste ou le concessionnaire, le réparateur vend à perte et c’est juste parfaitement illégal.

    Pour ne pas continuer à être dans l’illégalité, les réparateurs devraient commencer par renégocier ces remises en pied de factures.

    COVEA accélère son processus de « partenariat » avec sikkens et sidexa pour simplement diminuer le nombre d’expertises, les agréés COVEA sont pieds et poings liés avec les fournisseurs imposés par leur donneur d’ordre.

    Ne serait-ce pas là une clause commerciale abusive??

  2. Bonjour,
    je tiens à réagir à cet article car je pense que le problème vient aussi du fait que nous, les réparateurs, ne sommes pas assez solidaires et que nous manquons tous de temps de nos jours pour combattre ce que j’appelle moi « une guerre d’usure ».

    Cela fait maintenant 12 ans que je dirige mon entreprise sans aucun agrément et nous continuons aussi à progresser, peut-être grâce à ça. Il est vrai que cela reste un combat de tous les jours contre les assurances qui ne voient que « leur coût moyen ».

    Effectivement, on ne laisse plus trop de choix au clients en leur faisant croire qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Ce qui est bien dommage car ils profitent du fait que, déjà, leurs assurés sont dans le souci de leur accident et ne veulent pas que cela soit encore plus compliqué. Je pense qu’il faudrait que des messages publicitaires passent de partout afin que l’on arrête de mentir aux assurés et leur expliquer leurs droits.

    Pour notre part, nous avons fait le choix de privilégier nos clients en leur expliquant comme il faut les choses et les aidant à faire leurs démarches.

    Par contre, nous ne sommes pas que les réparateurs à être gênés par ces problèmes de coût moyen, car les experts automobiles subissent aussi cette même pression et je pense que s’ils ne réagissent pas eux non plus, ils seront voués à disparaître petit à petit.

    Toute notre profession est en danger et il faut vraiment réagir et monter au créneau le plus tôt possible. En plus, nous avons la chance d’avoir le CNPA pour nous aider à nous défendre et qui fait déjà un travail énorme.

  3. LES NOMS D’ENSEIGNES QUE VOUS CITEZ? EUX N’ONT PAS DE PROBLÈMES D’AGRÉMENTS.
    IL FAUT VRAIMENT ARRÊTER CE SYSTÈME.
    MÊME UN AYANT UNE ENSEIGNE COMME NOUS CITROEN LES ASSUREURS PRÉFÈRENT DONNER LE BOULOT AUX GROS CONCESSIONNAIRES ET ALBAX QUI FAIT DU TRAVAIL DE M… AU LIEU DE DONNER AU PETITES ENTREPRISES COMME NOUS.
    C’EST VRAIMENT N’IMPORTE QUOI

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À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

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