Spécial assureurs: la FNAA accuse les assureurs de tromperie!

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En fouillant dans les chiffres des assureurs, la FNAA est arrivée à un constat troublant et explosif : contrairement à ce qu’affirment les compagnies, l’assurance auto est tellement rentable qu’elle invalide de fait les pressions tarifaires toujours plus fortes sur les carrossiers et les experts. La FNAA a donc décidé de dénoncer une situation qu’elle estime préjudiciable au métier… et aux consommateurs !

Incroyable mais pourtant vrai : les assureurs, contrairement à ce qu’ils distillent à l’envi, gagneraient beaucoup d’argent avec l’activité assurance automobile ! C’est la FNAA (Fédération nationale des Artisans de l’Automobile) qui l’affirme, après avoir traqué et débusqué des chiffres qui, à y regarder de près, sont effectivement surprenants : en 2011(*) selon la FFSA (Fédération Française des Compagnies d’assurance), les assureurs ont collecté 19 milliards d’euros en primes d’assurance et reversé… 15,5 milliards d’euros en indemnisation (1 728 € en moyenne par sinistre pour environ 9 millions de dossiers). Le calcul est simple comme une soustraction : les assureurs dégagent la modique somme de 3,5 milliards d’euros par an, soit une confortable marge brute de 18,5% de profitabilité dans l’activité automobile.

La fin du mythe de la non-rentabilité
Pourquoi s’agit-il d’un gros pavé dans la mare ? Parce que les compagnies d’assurances professent habituellement un tout autre dogme et de bien différents « éléments de langage ». Ils répètent ainsi que, malgré tout, «techniquement», l’activité assurances automobiles est en déficit larvé et menace de le rester du fait notamment du coût de réparation croissant et surtout, de l’augmentation irrépressible des indemnisations corporelles.

C’est vrai, concède la FNAA : le coût des conséquences corporelles des accidents progresse de 5% pour an alors que les sinistres matériels régressent. Et selon les chiffres de la Caisse centrale de réassurance (CCR), ces dommages corporels coûtent la bagatelle d’environ 4,5 milliards d’euros par an. Mais ce que la FNAA révèle, c’est que même tout bien pesé, même tout bien pris en compte, les chiffres demeurent têtus : ces 4,5 milliards sont déjà inclus dans les 15,5 milliards globalement remboursés. En fait, les assureurs gagnent bien 3,5 milliards par an !

Féroce réquisitoire
Qu’on ne s’y trompe pas, explique en substance Gérard Polo, président de la FNAA : il ne s’agit pas de reprocher bêtement aux assureurs de gagner de l’argent. Mais à la lumière de ces excellents chiffres, il s’agit en revanche de remettre en perspective toute la problématique de la mainmise des assureurs sur la filière de la réparation-collision, experts et carrossiers compris.

Et sur ce terrain, le réquisitoire de la FNAA est aussi féroce que la situation lui paraît injuste : les carrossiers en ont assez de payer pour que les assureurs s’enrichissent. «On pouvait jusqu’alors penser que, la rentabilité globale de l’assurance en France étant incertaine, les sacrifices exigés par nos donneurs d’ordres en termes de taux de main d’œuvre, de remises et de services imposés étaient sinon toujours acceptables, au moins justifiés», explique Gérard Polo, président de la FNAA. Le mot n’est pas dit, mais il est pensé très fort : les assureurs trompent éhontément les experts et les carrossiers…

Carrossiers et experts, dindons d’une mauvaise farce…
Ainsi, après avoir rappelé en détail comment les assureurs ont organisé leur maîtrise de toute l’activité (plateformes de gestion de sinistre, agréments, contrôle des flux de véhicules à réparer…), la FNAA en vient à l’essentiel de son message.

«Rentables ou pas, dommages corporels inclus ou pas, il apparaît clairement que les réparateurs ne sont que les dindons d’une farce qui n’a que trop duré», ironise amèrement Gérard Polo. «Les assureurs ne demandent pas aux chirurgiens et aux personnels médicaux de tenir compte, dans leurs prestations, du coût du véhicule accidenté. Pourquoi alors ponctionnent-ils toujours plus les carrossiers-réparateurs pour financer des coûts indemnisation corporelle qui ne sont de toute façon ni de leur responsabilité, ni liés à leur prestation?».

Injuste variable d’ajustement…
Car c’est là tout le fond du discours : la FNAA accuse ni plus ni moins les assureurs de réduire les experts auto et les carrossiers à une vulgaire «variable d’ajustement qui permet aux compagnies de maintenir leur seule rentabilité», martèlent en cœur Jean-Paul Veyrac et Serge Valet, respectivement président et président délégué de la Branche Carrosserie de la FNAA.

Mais la FNAA, soucieuse de faire entendre son message au grand public, se défend de toute approche « corporatiste », même si, pessimiste, elle calcule que si rien ne change, quelque 8 000 entreprises de carrosserie sur les 14 400 existantes sont menacées et avec elles, une bonne partie des 32 000 emplois qu’elles représentent. «Soit l’équivalent de 10 usines PSA/Aulnay-sous-Bois qui disparaîtraient silencieusement»,assène la FNAA pour bien marquer les esprits.

Carrossiers, consommateurs : même combat!
Elle estime donc que la limite du tolérable est atteinte, mais pas seulement sur la seule question financière. «Il ne s’agit pas de réclamer une meilleure rétribution des carrossiers et des experts pour le seul besoin de restaurer une salvatrice rentabilité», précise Aliou Sow, secrétaire général de la FNAA ; il s’agit maintenant de prendre conscience, avec les consommateurs et les pouvoirs publics, d’une bien plus grave urgence. Si rien ne change, les carrossiers n’auront plus à court terme ni les moyens, ni la latitude pour pouvoir assumer pleinement et en conscience leur devoir d’une réparation parfaite garantissant l’intégrité du véhicule et la sécurité de l’automobiliste.»

Et c’est fort de cette argumentation consumériste que la FNAA repart à l’assaut avec 5 demandes-clés qu’elle estime impérieuses (voir «Les 5 actions-clés préconisés par la FNAA»). Selon l’organisation professionnelle, ces actions doivent permettre, enfin, de délivrer les carrossiers, les experts et les consommateurs des seuls critères financiers pour les remettre au centre d’une seule exigence : garantir des voitures sûres par une réparation correctement –et équitablement– rétribuée.

(*)La FFSA n’officialisera les chiffres 2012 que début octobre 2013

Voir aussi:

Spécial assureurs: les 5 actions-clés préconisées par la FNAA

Spécial assureurs: la « démonopolisation » des pièces captives!

Note de l'article
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7 Commentaires concernant “Spécial assureurs: la FNAA accuse les assureurs de tromperie!”

  1. Bonjour,

    Je dis aussi bravo à la FNAA, mais il va falloir y aller encore un peu plus fort en arrivant à faire condamner un peu les assurances qui profitent du système. De toute façon, tout ça, on le sait déjà. Mais comme on dit, c’est « le pot de terre contre le pot de fer ».

    Je souhaite vraiment que l’on arrive à nous laisser faire notre travail dans les règles de l’art et que l’on ait enfin moins de pression sur les épaules.

    J’attends la suite avec impatiente…

  2. Omission…

    On ne peut penser à tout en même temps…

    J’ai oublié dans mon dernier commentaire d’inclure un paragraphe sur les catastrophes naturelles…

    Eh oui, nos braves apprentis financiers dissimulent une grande partie des coûts des catastrophes naturelles ( les fameuses Cat Nat pour les initiés) dans les coûts sinistre collision…

    Tant qu’à faire, tant qu’on peut prendre le chaland pour un idiot, allons-y…

    Déjà, une partie des coûts du corporel étaient inséré dans la tôle, on y ajoute un peu de grêle et d’inondations agricoles sur la tôle et forcément on augmente les coûts de la tôle!!

    Bref, tout est bon pour charger la tôle… La vache à lait a encore de la laine sur le dos, les assureurs ont investi dans des tondeuses et des trayeuses gros débit!

  3. Ces pauvres assureurs victimes de la mondialisation…
    Quand un assureur va mal il se rapproche d’un « copain »: MMA => MAAF ( Au début MMA se sentait plus proche de la Macif, mais le président de la Macif de l’époque n’a pas cru bon de donner suite, Monsieur SEYS s’est rendu au Mans dans la journée..) GAN => Groupama (bon l’Etat n’a pas laissé le choix à l’assureur agricole… Dans le temps UAP=> Groupe DROUOT = AXA, depuis quelques années, on voit naître SFEREN, COVEA, mais plus de fusion acquisition, donc tout ce petit monde va bien!!

    Dans le monde de la santé, les micro-mutuelles ont fait des plus grosses mutuelles, et les grosses ont fait des mastodontes ( Mutuelles Générale, SMIP, pardon Macif mutualité..), bon là on est sous le sigle de l’alvéole apicole, la FNMF(je n’ai pas dit le Grand Orient de France…), et l’assurance santé va très très bien aussi.
    Pour avoir une vue en « temps réel » des comptes de ces mutuelles, il s’agirait de rendre légalement publics leurs comptes comme toute autre société française.

    Forts de leurs bénéfices colossaux tout ce petit monde a voulu jouer en Grèce, et juste avant aux States (souvenez-vous, les subprimes…) et à force de jouer avec le feu, les apprentis financiers se sont brûlés les ailes, comme les financiers avertis qui continuent à jouer sur les « découverts ».

    Et loin de ce monde de brutes « argentées », y’a les taupiers qui tapent la tôle pour rendre des voitures réparées à leurs clients, et ce, en réparant comme il se doit, des voitures accidentées, dans les règles de l’art, eux!

    La FNAA a osé dire la vérité, j’imagine que certaines tours de la Défense, un bel immeuble à Saint Denis, et quelques constructions pyramidales à Niort doivent bouillir à l’heure actuelle!! Comment les membres du GEMA et de la FFSA vont-ils pouvoir dire que ces chiffres sont faux et naturellement ne reflètent en rien la vérité et que le ration prime/sinistre est toujours égal à 107 voire 109%, alors qu’il est pour les moins bon de 65%.

    Ca fait plus de 20 ans que les experts et les réparateurs subissent la loi des marchés financiers, à eux désormais de rester indépendants, comme le veut la loi, et d’appliquer les lois naturelles du commerce…

    Derrière la FNAA, le CNPA et la FFC devraient monter au créneau […]
    On en apprendra peut-être plus dans les jours à venir… Si les langues se déliaient en cette fin d’année 2013…

  4. La désinformation ayant atteint son paroxysme, la boite de Pandore entrouverte, Que ne va-t-on faire semblant de découvrir des agissements mafieux des assureurs désignés depuis quelque temps, COVEA, AXA, ALLIANZ, GENERALI, MACIF, SFEREN (MAIF MATMUT), ACM, MACSFet GROUPAMA GAN!

    En effet, malgré les pertes en investissements à l’étranger, les bénéfices sont gigantesques, le montant des indemnisations en corporel ayant considérablement diminué, de l’ordre de 60% ces dix dernières années grâce à la baisse continue des sinistres et l’évolution de la sécurité passive des véhicules. Ce montant représentait plus de 70% de la charge sinistre collision auto et n’en représente pas la moitié à ce jour.

    Les bénéfices en la matière sont donc considérables pour les assureurs uniquement, ce qui leur permet d’une part de faire des investissements improbables à l’étranger, et d’autre part à certains de leurs dirigeants de se rémunérer grassement sur le dos de ceux qui travaillent, réparateurs, experts et [b][b][b]assurés[/b][/b][/b]….

  5. d accord avec toi CG… beau constat… et maintenant???

    comme d’hab, on peut être choqué, effaré, indigné, dégoûté… mais ???

    rien de plus… quelle manque de mobilisation des experts et garages…

    c’est triste… pour constater on est fort pour agir bien moins …(ps : et je me met dans le lot bien sur)

  6. La lumière se ferait-elle doucement sur les mensonges des apprentis-financiers???
    On baisse les coûts d’expertise, les taux horaire sous couvert d’augmentation des frais de gestion, et on se rend compte quelques années plus tard qu’on nous aurait menti!!!

    Je lis ici depuis deux ans au moins que ‘il y a un acteur de la réparation collision qui se moque des autres, et personne ne bouge, la FNAA vient de mettre les pieds dans le plat et ce n’est que pour rendre les choses justes!

    Les nobilas et consorts, suppriment jusqu’à 30% des expertises, des « réseaux » d’experts se montent pour faire de l’expertises « low cost » sous couvert de volumes… Certains experts se sont pris pour les Leclerc et Auchan de l’expertise, en même temps, les assureurs embauchent des acheteurs venus de la grande distribution pour négocier les prestations connexes à la réparation. On achète de l’expertise et de la carrosserie comme des boites de petits pois ou des survêtements désormais. Sauf que le bât blesse!!
    Le turn over des assurés va certainement augmenter ces prochains mois!

    L’arroseur arrosé… L’apprenti financier qui voulait se faire aussi gros que le banquier!!!

  7. Bravo à la FNAA pour ses informations croustillantes ….Mais que pouvons-nous en faire ?
    J’attends la suite avec beaucoup d’impatience…..

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