Spécial assureurs: la «démonopolisation» de la pièce captive!


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«Longtemps, nous nous sommes interrogés sur un étrange silence des assureurs, raconte Aliou Sow, secrétaire général de la FNAA : comment se fait-il que, eux qui viennent chaque année au moins réclamer aux carrossiers et experts quelques euros de moins en main d’œuvre ou honoraires et quelques pourcents en plus en remises de pied de facture, restent en dehors du débat sur la fin du monopole des pièces de carrosserie et de ses potentielles économies ?»

En ce qui concerne la main d’œuvre, la réponse saute aux yeux sur les deux graphiques. La main d’œuvre est largement majoritaire dans les devis de réparation inférieurs ou égaux à 1 500 euros. Comme ces devis-là représentent 75,3% du marché (entouré de rouge sur les graphiques ci-dessus), les assureurs ont été logique : négocier et renégocier la MO à la baisse a été et reste une priorité.

Mais alors, quid de la pièce de carrosserie ? Car son prix domine dans les 24,7% restants du marché qui concernent les réparation de plus de 1 500 €. Les assureurs ne sont pourtant pas habitués à laisser des gisements d’économie en jachère, aussi minoritaires soient-ils, a fortiori quand ils peuvent être exploités au seul détriment de ceux qu’ils considèrent comme des fournisseurs…

Le pouvoir de faire dire « oui »…
Ne cherchez plus : la FNAA a donné la réponse à la presse lors de sa conférence du 26 septembre.  «Dans les faits, les assureurs ont contourné les surcoûts induits par ce monopole en négociant des remises avec les constructeurs et leurs réseaux qui peuvent atteindre -25% sur le prix des pièces de carrosserie», révèle le dossier de presse de la FNAA. «Les assureurs ont donc ainsi pu annuler, à leur seul profit, une bonne part du surcoût que le monopole permet de générer au profit des constructeurs qui en bénéficient directement».

On comprend alors mieux pourquoi les assureurs veulent absolument conserver le contrôle de la distribution des véhicules à réparer : les petites réparations peuvent logiquement être imposées à des carrossiers indépendants qui présentent, contraints et forcés, la meilleure offre main d’œuvre ; les grosses réparations, elles, peuvent être orientés vers les quelque 7 000 concessionnaires et agents disposant d’une activité carrosserie. Là, même si leur taux demain d’œuvre est plus important, c’est le montant de la négociation sur les pièces captives qui priment. Bref : on comprend pourquoi les assureurs sont attachés à leur position dominante qui leur donne le pouvoir de faire dire « oui »…

Voir aussi:

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3 commentaires concernant “Spécial assureurs: la «démonopolisation» de la pièce captive!”

  1. On sait que beaucoup de concessions n’ont pas de carrosseries..C’est un fait établi, la tôle est sous-traité.

    En revanche, le même expert dans la concession ne moufte pas sur le taux horaire mais va houspiller le tôlier indépendant pour la même compagnie sur un sinistre identique et véhicule identique sur son taux (30% moins cher qu’un tarif concession… Ah les coûts d’infrastructures!!!)

    Pressés par les compagnies, les experts, pour garder leurs missions, serrent les indépendants, mais rampent dans les concessions.

    les constructeurs ont mis les assureurs au courant il y a longtemps, tant que les assureurs foutent la paix au réseau primaire, tout ira bien, dès lors qu’ils voudront jouer au fiers à bras, les constructeurs créeront des sociétés d’assurances… Le boucle est bouclé, l’indépendant carrossier réparateur pur risque de morfler!

    Oui, mais! Les concessions ne pourront jamais absorber tout le volume de sinistres, déjà que certains sous-traitent!
    Il faut que les indépendant pratiquent les mêmes tarifs que les concessions! Et ceux qui pensent qu’en appliquant des tarifs plus bas que les autres auront le business, je les regarde calmement! Un tarif bas cache forcément un « secret »… Travail dissimulé, pièces d’origine non tracée, pièce de réemploi facturée au prix du neuf, etc, etc, etc! Sans compter qu’au lieu de regarder le chiffre d’affaires, un chef d’entreprise responsable regarde sa marge nette, avant la brute!

    Mais comme dans beaucoup de PME c’est le comptable qui dirige, forcément, tant que le comptable peut se faire payer, le reste, il s’en moque!

  2. Bonjour, sur le point des tarifs préférentiels pour les assurances ( Taux MO et IP ) cela fait des années et là, si vous ne le faite pas en étant Concessionnaires, cela sera fait par un autre (MRA ou Agents). Et là, le MRA ou Agent peut faire de la sous-traitance avec son Concessionnaire.
    Je parle en connaissance de cause…

  3. Mouais, les concessionnaires, pas tous, mais beaucoup sont capable de pratiquer des tarifs agréments pour 40 € HT de l’heure alors que leurs tarifs publics oscillent entre 75 et 95 € HT…

    Personne n’est dupe et ça a fonctionné jusqu’à présent, cependant, la baisse des entrées dans les ateliers fait désormais réagir les gens qui veulent pérenniser leur activité.
    IL était temps!

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