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Epaves roulantes: “2 500 VO rappelés et autant de victimes qui attendent une explication”

Comme en témoigne le nombre de commentaires sur notre récent article sur la campagne de rappels de 2 500 véhicules achetés d’occasion suspectés d’être des épaves roulantes, le sujet continue de polariser les acteurs de la réparation-collision. Et l’observateur attentif du secteur qui nous avait déjà transmis une tribune en octobre dernier à ce sujet ressort à nouveau sa plume acérée…

Note de la rédaction : Comme son nom l’indique, notre espace “tribune libre”… est libre d’accès à tout observateur informé. Elle permet à ceux qui s’en emparent de faire connaître leurs avis et positions selon le ton et les éléments qu’ils choisissent de communiquer. Très attentif au secteur de la réparation-collision, son auteur s’est déjà exprimé anonymement dans nos colonnes et souhaite de nouveau maintenir son anonymat compte tenu du contexte politico-judiciaire entourant les nombreuses affaires de faux VO/vrais VGE qui se sont fait jour ces dernières années, et notamment la campagne de rappel de 2 500 véhicules qui s’est achevée le 15 décembre dernier.

« C’est apparemment dans une officine d’État, dénommée Délégation à la sécurité routière (DSR) et gouvernée par un magistrat nommé Emmanuel Barbe, que plusieurs décisions censées augmenter la sécurité des usagers de la route sont prises. Sauf que ces décisions -quand bien même elles auraient été étayées par des études indépendantes (c’est-à-dire sans aucune influence d’une quelconque organisation d’experts)- sont manifestement toutes soumises à l’accord systématique des assureurs. Laissant croire au peuple que toute action publique nécessite d’être alimentée suivant le bon vouloir de ceux qui précipitent les victimes des experts de la Confédération française des experts en automobile (CFEA) dans un imbroglio mécanico-judiciaire inextricable.

« La situation est en effet peu banale. Il suffit d’un trait de plume signé par le magistrat délégué le 9 octobre, pour que tout le monde se pose la question : mais pourquoi serais-je coupable d’avoir acheté une épave ? C’est bien là ce qui cloche, car aucune victime ne peut être coupable. Pour autant, quelques explications ne seraient pas de trop…

« On a bien compris que l’État ne s’impliquait pas vraiment dans cette affaire. Déjà, le courrier transmis aux titulaires du certificat d’immatriculation n’explique rien !

« Qui plus est, de trop nombreux cas (notamment pour les professionnels de l’automobile) n’ont pas été pris en compte par l’administration. Car il faut savoir que pour cette dernière, les titulaires de ces cartes grises ne sont pas tous forcément enregistrés comme étant les propriétaires de ces voitures. Alors pourquoi le magistrat titulaire de l’autorité publique veut-il imposer au titulaire de la carte grise d’apporter la voiture dans un centre de contrôle de la CFEA ?

Comprendre la situation des véhicules rappelés

« Pour comprendre, il faut décrire précisément cette situation. Des épaves techniquement irréparables en grande majorité, constituées principalement de pièces de sécurité issues de la fraude, expertisées sans démontage pour dire si, oui ou non, elles sont dangereuses, ont été de nouveau réparées par des réparateurs peu scrupuleux. Dont certains, bien connus des services d’enquête, sont trop heureux de remonter quelquefois des voitures dont le numéro de châssis n’est pas le bon, avec des airbags d’occasion, ou des freins usés, dont l’origine ne leur a jamais été spécifiée.

« C’est dans ces circonstances que les défauts sont tous censés avoir été identifiés dans le rapport du premier expert qui avait vu la voiture. Mais comment faire cette vérification, lorsque les archives des cabinets d’expertise comprennent en tout et pour tout à peine cinq ans de rapports, messieurs les experts de la CFEA ?

Celui qui gouverne achète la paix sociale

« La chose transpire tellement de ce vaudeville à la campagne de rappel des épaves roulantes qu’il n’est plus permis de douter des motifs qui gouvernent la sécurité routière : acheter la paix sociale en favorisant la remise en circulation d’une majorité de voitures frelatées à prix cassé.

« La dernière campagne, issue du procès d’un expert véreux pour lequel la justice ne requiert aujourd’hui qu’une condamnation clémente a déjà coûté une expertise remboursée jusqu’à hauteur de 375 euros par voiture par les compagnies d’assurances, exemptes de tout reproche, selon elles.

« Rappelons, à leur corps défendant que les assureurs, patronnant dans la triste réalité des faits les experts en automobile, s’insurgent de cet expert véreux qui s’est permis de trahir leur confiance, tandis qu’ils l’avaient grassement missionné depuis plus de vingt ans.

100 000 épaves roulantes par an

« Seulement, les responsables de l’assurance collision de la fameuse fédération française de l’assurance (FFA), qui instillent sans vergogne au gouvernement ce genre d’argument pernicieux, oublient encore plus facilement que ce sont eux les primo déclarants dans la transaction d’un véhicule endommagé qu’ils rachètent. Se laissant ainsi le loisir d’oublier que la loi prévoit une sanction financière au cas où ils ne déclarent pas toutes les voitures qu’ils rachètent.

« Les services des préfectures interrogés sur ce sujet par M. Bertrand Daillie, procureur adjoint du Tribunal de grande instance (TGI) d’Evry, n’avaient-ils pas d’ores et déjà précisé selon les chiffres officiels détenus par l’administration, que ces absences de déclaration de procédure véhicule endommagé (VE) ne concerneraient tout au plus qu’une centaine de milliers de véhicules chaque année ? Ou bien cette affirmation ne concernerait-elle pas plutôt 100 000 épaves roulantes de plus chaque année, ce que la CFEA a déjà osé qualifier de rumeur, pour mieux réussir à diminuer la vérité…

« Voilà pourquoi les assureurs s’interrogent et, tout en feignant de ne pas comprendre, s’affublent d’un ton offusqué lorsqu’ils sont reçus dans les cabinets de certains ministères : comment se pourrait-il que ce soit aux compagnies d’avoir à indemniser des expertises pour des voitures qui ne les concernent pas ?

« Rassurez-vous, Mesdames et Messieurs les victimes : “Vos amis” les assureurs qui missionnent sans exception tous les experts automobiles, détiennent pour la plupart d’entre vous ce qu’ils appellent “la solution miracle”.

Le retour miraculeux du premier rapport

« Le système d’enregistrement des rapports que l’assureur finance en grande partie, dénommé Développement d’applications sur réseaux à valeur ajoutée (DARVA), contient l’enregistrement de ces informations. Bien que la loi prévoie parfaitement la production d’un rapport initial authentique pour tout accident déclaré en moins de cinq jours, l’astuce des experts de la CFEA consiste à demander aux assureurs d’utiliser le rapport provisoire du premier expert qui a vu le véhicule.

« Ce premier rapport d’expertise provisoire DARVA est celui-là même qui a certainement permis de récupérer la voiture au profit de l’assureur. Laquelle fut annoncée (verbalement) techniquement irréparable à son propriétaire particulier précédent, qui l’a au final délaissée à son assureur pour une poignée de figues. C’est aussi ce rapport DARVA à géométrie variable qui, souvent surchargé artificiellement par des doublons de pièces (montées, et démontées), permettra par la suite à l’assureur de revendre la même voiture à un épaviste au prix d’une voiture en capacité de rouler -certes, sur trois roues- au moment de cette revente. Et ce, sans informer le moins du monde ce professionnel du caractère techniquement réparable éventuel de cette voiture vendue pour réparation.

« Mais pour l’heure, cette transaction a donc tout naturellement été initiée par un assureur qui s’est bien évidemment abstenu, pour diverses bonnes raisons selon lui, mais toutes illégales dans les faits, de déclarer dans le délai imparti par les textes de loi l’achat de la voiture dans le système d’immatriculation des véhicule (SIV) du ministère de l’Intérieur.

Quel est l’avenir de cette procédure de rappel pour les victimes ?

« En attendant que la CFEA ait pu réussir à “réexaminer” toutes les voitures, une nouvelle réalité s’est fait jour. Certains propriétaires ne sont pas parvenus à obtenir de la CFEA le numéro de reprise ou REP qui leur permettrait un rendez-vous avec leur véhicule, ni à joindre par téléphone la CFEA pour signaler ce lourd dysfonctionnement.

« Gageons que les pouvoirs publics, fussent-ils un tant soit peu impliqués pour notre sécurité sur la route, vont enfin faire pression sur les responsables de l’assurance, qui ne pourraient refuser d’indemniser les travaux sur les véhicules du moment que le propriétaire victime dépose plainte.

« Car les assureurs, “donneurs d’ordres”, savent pertinemment que ce n’est pas en faisant un choix sur des prestations de réparation et d’expertise volontairement toujours plus bas de gamme, puisqu’indemnisées cette fois-ci à hauteur de 150 euros seulement, que les experts de la CFEA censés faire réparer dans les règles de l’art ces épaves pourront atteindre le niveau de sécurité attendu.

« En revanche un nouvel effort financier, parfaitement réalisable, permettrait sans doute aux assureurs pointés du doigt dans cette nouvelle affaire de dégager leur responsabilité pénale, dans la perspective de la recherche qu’ils encourent au cas où ils refuseraient toujours de réparer l’erreur dont à l’origine, ils sont la cause irréfutable. »

4 commentaires concernant “Epaves roulantes: “2 500 VO rappelés et autant de victimes qui attendent une explication”

  1. Je n’ai pas fini de lire ce texte tellement il contient d’inepties, d’à-priori, d’idées toutes faites…. Méconnaissance manifeste des procédures et de la législation concernant les véhicules, les sinistres et les conditions d’entrée et sortie de procédures, avec les responsabilités de chacun… La plume peut être adroite, ce n’est pas ce qui fait sa justesse ni sa légitimité.

  2. Voilà un auteur tellement courageux qu’il en est anonyme, surtout quand il s’agit de ne déverser qu’un flot amer d’inexactitudes et de frustrations ! Visiblement, le ridicule est la seule chose qui ne lui fasse pas peur. Est-ce un expert qui a quelque chose à se reprocher ? Ou un réparateur qui croit que tout doit tourner autour de lui ? Une chose est sûre, c’est sans doute au mieux un rigolo, au pire un parano ! Voilà une tribune qui permet de voir tout ce qu’il ne faut pas faire pour défendre une profession. Les propos sont tellement déplacés qu’ils décrédibilisent totalement son auteur (ce ne sera pas la première fois…), mais également le site (et là, c’est vraiment dommage…).

    NdlR: il s’agit d’une tribune libre, un lieu où les opinions peuvent s’exprimer librement. Comme la vôtre d’ailleurs qui est tout aussi légitime.
    🙂

  3. Je trouve inadmissible qu’un tel courrier soit paru sur un site tel que le vôtre… Quasi la totalité de ce qui est écrit est faux…
    Peut-être que l’auteur est l’un de ceux qui signent les nombreux rapports et qui se sait en danger par la mise en place de contrôles sur ces véhicules !?

  4. Il est regrettable que l’auteur de cette lettre s’exprime sans connaître le dossier mais peut-être a t’il des faits à se reprocher ? Il est toujours facile de « pointer » les assureurs, le gouvernement, quand l’intérêt personnel dépasse la sécurité…

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