Spécial Internet: les groupements, ou le double langage par obligation

C’est un fait: deux sites de vente de pièces et de pneus en ligne s’alimentent déjà sur deux plateformes nationales de groupements. On comprend mieux que l’Autodistribution l’ait eu «mauvaise» -alors qu’elle n’y était vraiment pour rien et reste en dehors des opportunités internet- d’avoir été mouillée à tort par les rumeurs ayant agité l’association Webdealauto/CIA/Bernardtapie.com (voir «ça flingue à la CIA»)…

Démenti significatif
Son rapide démenti forcé prouve au moins que les têtes de groupement sont mal à l’aise quand elles sont associées aux parias de l’internet. Et celles qui sont vraiment impliquées sont alors condamnées à pratiquer un double langage. Elles occultent tant que possible leurs liens avec les hérétiques du web auprès de leurs adhérents. Des liens que les centrales d’achat n’ont il est vrai pas toujours initiés, qu’elles ont trouvés au gré d’un rachat ou à l’initiative d’un adhérent remuant; des liens qu’elles n’ont pas toujours voulus mais qui leur permettent aussi d’être aux avant-postes de l’évolution. Voire de redresser des chiffres laminés par la mise en place de la LME.
Le tableau en fin d’article « Spécial Internet: virus ou gène mutant? » le prouve: les centrales d’achat des têtes de réseaux, quand elles sont impliquées, ne sont pas pénalisées dans les marges de leur business direct avec les sites web parce qu’à la source de ce circuit court.
Les plateformes régionales, elles aussi, ne sont pas en reste. Comment en effet certaines d’entre elles peuvent-elles afficher des progressions ici aussi à deux chiffres quand un distributeur traditionnel, son client naturel, peut s’estimer heureux d’être arrivé à l’équilibre en 2009?

Grand écart douloureux
Pour trois importantes plateformes parisiennes au moins, la messe est dite: c’est tout bonnement parce que la moitié de leur CA est d’ores et déjà réalisée grâce à ces sites de vente en ligne… Selon nos informations, une de ces plateformes au moins est d’ailleurs la propriété indirecte d’un des groupements de distribution traditionnelle.
Qu’on ne nous fasse pas dire ce que l’on ne dit pas: il n’y a en fait aucune volonté perverse des groupements à jouer sur les deux tableaux. Malgré eux, ils se retrouvent souvent le c… entre deux chaises, à faire un périlleux et douloureux grand écart. De toute façon, les volumes que réalisent certains groupements directement ou indirectement avec des acteurs du web ne sont pas assez significatifs pour que l’idée saugrenue de se passer de leurs adhérents traditionnels, ou même de les trahir, leur soit venue. Ou ne leur vienne jamais.

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La rédaction