Quand Oscaro sacralise la réparation…

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Décidément, nous étions bien en deçà de la vérité quand nous qualifiions Oscaro de «Zorro de la pièce auto» à l’occasion du lénifiant reportage de M6/Capital retraçant l’odyssée de son patron Pierre-Noël Luiggi (voir «Oscaro sur M6 : Pierre-Noël Luiggi ou le Zorro de la pièce auto»). Voilà qu’on le retrouve maintenant chaussant le costume de révolutionnaire romantique proclamant à la face du Monde sa «Déclaration du Droit d’ouvrir son capot»

C’est notre confrère «Décision Atelier» qui a déniché cette pépite sur le site d’Oscaro : la «Déclaration du Droit d’ouvrir son capot». Initialement porteur de ses vœux 2014, le texte tient en trois brefs articles qui s’ouvrent sur une citation de Jean-Paul Sartre : «La possession est une amitié entre l’homme et les choses». Le philosophe n’aurait sûrement pu imaginer venir illustrer un jour le si terre-à-terre marché de la pièce de rechange…

Les deux premiers articles s’inspirent certes de deux revendications anciennes des réparateurs et distributeurs indépendants : «le Droit à l’information» (technique) – et «le Droit de réparer». Mais c’est le ton inédit d’une Déclaration des Droits de l’Homme Automobiliste qui est choisi : «Les citoyens doivent avoir accès à la documentation complète des pièces détachées d’origine» et «les citoyens doivent avoir le droit de réparer ou de choisir leur propre technicien de réparation».

Le texte sait aussi revenir aux réalités. C’est ainsi qu’il distille des arguments plutôt malins qui constituent autant de charges contre les constructeurs. «Les constructeurs font 10% de leur CA et 30% de leur bénéfice sur la vente de pièces automobiles», proclame le second article. «Les propriétaires qui réparent ou font réparer indépendamment (indépendamment de qui ? Des réparateurs doit-on comprendre, même si le doute subsiste ?), économisent environ 70% du coût annuel de maintenance de leur voiture», poursuit-il.

Et de conclure par un lyrique troisième article qui troque cette fois Sartre pour Aragon au gré d’un ébouriffant «Droit d’aimer». «Les produits sont conçus pour ne plus être systématiquement jetables, pour être réparés, pour durer et être aimés plus longtemps», déclame-t-il, avant de préciser, plus pragmatiquement, qu’une voiture «de 100 000 km produit moins de CO2 que la production d’une voiture neuve».

Le meilleur est à la toute fin. L’exergue qui vient fermer ce texte fondateur nous emporte maintenant vers des sommets transcendantaux :

«La réparation est un droit qui émancipe.
Elle permet le partage, la transmission entre les générations et les cultures.
La réparation inspire la fierté. Elle stimule la créativité et l’indépendance.
Réparer, c’est faire des économies. Réparer c’est préserver la planète.
La réparation c’est la liberté»…

Mazette… Nos lecteurs réparateurs se sentent-ils, eux aussi, ainsi traversés et emportés par ce souffle quasi-mystique lorsqu’ils mettent les mains dans un moteur ? Avaient-ils seulement jusqu’alors subodoré toute l’importance sociétale, voire l’essence humaniste, de leurs gestes quotidiens qu’ils pensaient si banals ?

Pierre-Noël Luiggi, merci d’avoir ainsi sacralisé la réparation. Les acteurs de l’après-vente ne verront plus jamais leur métier de la même façon.

5 commentaires concernant “Quand Oscaro sacralise la réparation…”

  1. La rédaction Un lecteur attentif / 15 avril 2014 á 14 h 54 min / Répondre

    Pour revenir sur la «déclaration du droit d’ouvrir son capot» de Pierre-Noël Luiggi, je ne suis pas sûr que vous ayiez bien relevé la tonalité typique nationaliste corse du message où l’on retrouve les mots clés: émancipe – partage – transmission entre les générations – fierté – indépendance – liberté.

    Tout cela dans 4 petites phrases.

    Quel talent !

  2. Messieurs les Commentateurs,
    Soyons sérieux…nous faire croire qu’une plaquette de freins est un organe de sécurité et qu’il faut Bac+7 pour monter un jeu de plaquettes…
    Posez-vous qqes questions avant d’affirmer des vérités de la sorte :
    – Combien de « compagnons » sont duement qualifiés et diplomés en mécanique dans vos ateliers ? Faites un tour dans les Speedy-Midas…c’est édifiant…
    – Les Grossistes en pièces auto réalisent environ 20% de leur CA avec leur clientèle dites « comptant »…ou vont ces pièces ?
    – Les rayons des Centres Auto n’ont pas que des balais d’essuie glaces ou des tapis de sol ? Ils ont également des disques et plaquettes en libre service si je ne m’abuse ?
    Soyons sérieux…

    Plutôt que de crier au « Loup » sur le web, revoyez vos tarifs !
    Baissez le prix de vente des pièces et valorisez vos Baremes Temps Main d’Oeuvre en les augmentant à leur juste valeur…

    Si Oscaro vendait des pièces dangereuses qui occasionneraient des accidents en cascade cela se saurait je pense ? non ?
    Les temps changent…les conducteurs n’ont plus d’argent. Il faut adapter vos méthodes et tarifs…et services également !

  3. Bonjour,
    tout à fait d’accord avec Mr Boyer: les pièces de sécurité ne devraient pas être vendues aux particuliers car nous le constatons malheureusement régulièrement: les pièces ne sont pas toujours bien montées, voir les centres de contrôles techniques qui, eux aussi, peuvent en témoigner.

    • Pour parler comme ça, vous ne devez pas être un professionnel de la réparation!! Certes il ne faut pas avoir bac+7 pour changer des plaquettes de frein, mais il faut un minimum de métier et d’outillage sur certains véhicules. Pour ce qui est des centres auto,ce qui est édifiant ce n’est pas l’incompétence des « monteurs » mais le nombre incalculable de retours suite à des réparations mal effectuées, notamment des freins mal montés. En ce qui concerne nos tarifs, on ne vous a pas attendus pour adapter nos prix sur de la pièce de qualité et de la main d’œuvre expérimentée. OUI!!! Les plaquettes de frein sont un organe de sécurité et celui qui affirme le contraire est un inconscient!!!

  4. La liberté!!!!!!!!!!!!! Oui la liberté de réparer sa voiture sans en avoir les compétences et au risque de mettre en danger le conducteur et les passagers du véhicule « bidouillé » et les autres usagers de la route!!! Et ça la fameuse sécurité routière ne s’en émeut pas!!!! Il devrait être interdit aux non professionnels d’acheter des pièces de sécurité pour leur véhicule. Même un remplacement de plaquettes de frein,qui peut paraître anodin pour un novice ou un « mécanicien de parking », doit être effectué dans les règles de l’art et avec une certaine expérience et surtout, avec les outils appropriés! Nous professionnels, on nous tanne à longueur d’année avec cette fameuse « obligation de résultat », on nous oblige à investir dans le matériel et la formation et à côté de ça, le particulier peut tout se permettre?

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