Témoignage – Prix fous (suite) : «La distribution française est la plus gourmande qui soit!»

Et le débat continue sur les dessous des “prix fous” qui bousculent le marché de la pièce ! Il prend la forme d’un feuilleton d’été dont ce nouvel épisode-commentaire est écrit par “Riri”, un lecteur qui vient pousser le débat dans le camp de la distribution traditionnelle. Comme chaque fois, ce n’est bien sûr qu’un avis, par définition partisan. Mais celui-là aussi semble suffisamment « expérimenté » pour mériter d’être partagé avec vous. Le précédent, intitulé «Ce genre de pratique de prix ne peut pas durer? Pas sûr», en est déjà à plus de 3 100 pages vues, en seulement 4 jours et en pleine période estivale !  Alors, bonne lecture…

témoignage 620

Effectivement ces commentaires sont bourrés de bon sens… mais surtout d’hypocrisie (NdlR : il y en a déjà 8 autres ; les relire en cliquant ici et ici) !

“La chaîne de distribution française est la plus gourmande qui soit ! 10 étages de fusée avant de vendre la pièce au particulier ! Alors bien entendu, la faute doit être chez l’un ou chez l’autre des étages ; mais que chacun des étages commence par faire ou refaire son travail correctement et tout ira(it) bien ! Ce travail devant finir un jour ou l’autre par réduire le nombre d’étages ou le nombre d’acteurs par étage va-t-il donc régler pas mal de problèmes de rentabilité ?

“Les sites internet ou autres casseurs de marché ne sont que le fruit d’un gavage des étages ! Comme l’était la situation des plateformes il y a quelques années en arrière et la conséquence de celles-ci !

“Quelle tristesse de voir tout le monde patauger sans chercher à mettre sur la table les dures réalités de la distribution et donc, les solutions. Trop simple de demander aux équipementiers de payer «à la place de» ! Vive les distributeurs qui investissent, qui forment et informent leurs clients garagistes des mouvances du marché et qui seront là demain, avec ou sans groupement !

“Ceux qui ne proposent qu’un comptoir de 2 m de long et qui prétendent devoir livrer 12 fois par jour les garagistes pour exister, eh bien ceux-là disparaîtront pour le bien-être de la distribution! Mais aussi pour le malheur (ou le bonheur ?) des groupements qui ne pourront plus se targuer d’avoir des centaines de points de vente (bien trop inertes!) comme justification à une course à l’armement pour avoir l’air d’être forts.

“Ces mêmes groupements devront faire le choix d’une distribution sélective en mettant enfin les marges arrière où elles doivent être : sur le terrain pour aider la distribution, en obligeant celle-ci à se repositionner pour ne pas mourir !

“Que les équipementiers aussi fassent leur travail et pas seulement celui de gaver les clients comme des oies avant Noël, en espérant que le foie sera meilleur !

“Alors que les rois du commentaire crient au loup en voyant les prix de certains me semble logique ! Mais que chacun se regardent dans la glace avant de tirer sur l’autre ! Et encore moins sur les ambulances !

“Bonnes vacances à tous !

RIRI, un ami qui vous veut du bien !

Retrouvez les principaux témoignages sur le sujet en cliquant ici

2 commentaires concernant “Témoignage – Prix fous (suite) : «La distribution française est la plus gourmande qui soit!»…”

  1. Qu’on arrête de blâmer les vendeurs de pièces traditionnels quand on sait que les vendeurs internet n’ont pas besoin de marge ou très peu car ils vivent surtout grâce au crédit d’impôt.

    Oscaro en 2011 a pris 83K€ de résultat mais 446K€ de crédit d’impôt.

    https://apres-vente-auto.com/pieces/5243-ventes-de-pieces-en-ligne-la-faible-rentabilite-des-sites

  2. Qu’il est agréable de voir que certains lecteurs ont encore un peu d’humour. Personnellement, je pense être tout sauf hypocrite (pour répondre à Riri).

    Ceci étant dit, la distribution traditionnelle avait une marge énorme. D’accord. Cette énorme marge a amené des investissements et des prises de bénéfices. D’accord. Aujourd’hui, Internet fait vaciller les étages de marges (il n’y en a plus 10 depuis longtemps). Je suis encore d’accord.

    Mais quand le distributeur traditionnel achète son embrayage de marque « premium » 5 Euros moins cher qu’il est affiché sur un site Internet, il n’a plus assez de marge pour faire vivre sa structure (et il ne lui reste qu’une mini-structure). Aussi vilain qu’il soit d’avoir pris de la marge dans le passé, ce distributeur est en difficulté (c’est d’ailleurs une maladie française de dire que ce n’est pas bien de prendre de la marge – moi, ma baguette du matin, je l’achète avec de la marge, pas avec du chiffre d’affaires…).

    Le constat est donc simple: il n’a donc plus les marges d’autrefois (qui faisait tout de même bien vivre aussi un grand nombre de personnels, vous l’avez oublié?) et les frais de structures ont augmenté de beaucoup en étant souvent inadaptés car il est difficile de les réduire facilement en France.

    Voulez-vous vraiment crier au scandale parce que le distributeur traditionnel n’investit plus? Papa est en Corse depuis des années avec l’argent qu’il a gagné pendant les belles années de son commerce de pièces détachées – c’est le fiston qui se bat (avec 5 Euros de marge sur un embrayage) dans l’ancienne boutique de Papa pour essayer de pouvoir continuer à la faire vivre. C’est pour cela que, même si le débat est rigolo, un peu de sérieux ferait du bien à tout le monde. Effectivement, la distribution a changé. Effectivement, on devrait avoir plus d’idées pour faire avancer nos entreprises. Mais autant nos parents ont eu l’avantage de gagner plein d’argent (par la marge) assez régulièrement, autant le gérant d’une entreprise grossiste traditionnelle face à la nouvelle distribution et Internet peine à se sortir un petit salaire. Et cela, ce n’est pas rigolo du tout.

    Je trouve d’ailleurs que trop de commentaires regardent vers le passé. Oui, il y a eu des erreurs faites. Mais aujourd’hui et demain, arrivera-t-on à gagner plus d’argent en accusant ceux qui (effectivement) ont bien gagné leur vie? Moi, je pense à aujourd’hui et à demain. Et je pense qu’effectivement, le sandwich n’aura plus que quatre étages à terme: Équipementier – Grossiste ou Plateforme – Garage – Particulier. Et deux, trois étages vont donc être comprimés ou vont disparaître tout simplement. Le fait de m’expliquer que « l’on aurait dû faire ceci et cela dans le passé » ne me fait ni chaud ni froid. Car on ne peut pas tirer de leçons du passé puisque la distribution a profondément changé. Il faut donc seulement réussir à s’adapter dans cette nouvelle configuration de la distribution avec un acteur comme le net. Et cela va être compliqué. Pour tous. C’est mon avis.

    Jeep

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


*

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (7 votes, moyenne : 4,00 sur 5)
Loading...

À propos de l'auteur

La rédaction