Allopneus : 10 ans et des ambitions

Allopneus, le pure-player leader de la vente de pneumatiques en ligne, fête en décembre 2014 ses dix années d’existence. L’occasion pour son président Didier Blaise de faire un point sur son entreprise et d’envisager l’avenir.

Didier Blaise, fondateur d'allopneus.com

Didier Blaise, fondateur d’allopneus.com

10 ans et toutes ses dents ! Né en 2004, le spécialiste de la vente de pneumatiques en ligne, leader du secteur avec plus d’un pneu sur deux vendu par ses soins, n’a pas encore atteint l’âge légal de la majorité mais semble pourtant à maturité.

La preuve, avec 2,5 millions d’enveloppes vendues en 2013 (pour un chiffre d’affaires de plus de 200 millions d’euros) et un total de 3 millions de pneus ambitionné en 2014, Allopneus se pose comme l’un des trois premiers distributeur de pneumatiques en France derrière les réseaux traditionnels (Euromaster et Profil +).

Centres de montage et camions atelier, le compte y est

S’il aura fallu 5 ans à l’enseigne pour vendre son premier million de pneumatiques en un an (en 2009), les 5 dernières années ont vu les ventes du pure-player grossir de 1,5 million grâce à une stratégie pour le moins agressive mais également une idée, celle de Didier Blaise : les camions de montage à domicile. Véritable coup de force du fondateur du site, ils sont au nombre de 90 aujourd’hui sur les routes et couvrent 92% du territoire. Pourtant le fondateur du site n’est pas satisfait pleinement et annonce que ce service manque encore «dans 8 départements au moins». L’objectif avoué : disposer de 100 camionnettes pour accompagner son réseau de 5 500 ateliers partenaires.

La rentabilité : une réalité

Autre donnée pour le moins intéressante dévoilée par Didier Blaise : sa rentabilité. Alors que beaucoup d’e-commerçants ne parviennent pas à gagner de l’argent malgré plusieurs années d’existence, c’est une réalité chez Allopneus. En effet, l’entreprise aurait par exemple dégagé en 2013 «environ 6,5 millions d’euros de bénéfice net» pour un chiffre d’affaires d’un peu plus de 200 millions d’euros soit une rentabilité de 3,25%. Problème : «la charge fiscale et les taxes toujours plus nombreuses commencent à impacter le résultat», s’emporte Didier Blaise qui se colore alors “semaine d’action patronale”.

Et le fondateur du site de prendre pour exemple son site de stockage de Oignies (Pas-de-Calais). Alors qu’il a investi «1 million d’euros pour le déploiement d’un tapis automatisé en toute fin de chaîne de préparation de commandes», l’homme voit arriver sur son site les autorités «qui annoncent qu’avec ce nouvel investissement nous ne sommes plus un site de stockage mais un site de production», détaille-t-il, dépité. Résultat :«On se retrouve avec une surcharge de taxe de l’ordre de 450 000 € par an. Mais je ne l’ai toujours pas payée et je tente de me faire entendre par Bercy», précise-t-il.

La concurrence, un vrai chantier

Autre chantier évoqué par le dirigeant, la gestion d’une concurrence toujours plus intense et n’hésitant pas à jouer avec les règlements et les lois pour tenter de se faire une place sur le marché français. Pour Didier Blaise «des entreprises comme 123pneus, via Delticom, profitent par exemple de leur implantation allemande pour ne pas appliquer l’éco-contribution obligatoire en France», s’énerve-t-il. Résultat : «un gain de 1,35 euro sur chaque pneu vendu sans aucune contrainte de collecte et de traitement en aval».

S’agrandir encore et toujours malgré un hiver en-deçà des ambitions

Une seule grosse ombre au tableau semble inquiéter Didier Blaise, celle des pneus hiver. Alors qu’il avait investi lourdement «avec un stock préventif de 600 000 enveloppes, le manque de neige cette année va nous en laisser sur les bras 150 000». Un semi-échec sur lequel le fondateur d’Allopneus a rebondi pour nous annoncer être en négociation avec «un groupe de banques dont l’une institutionnelle» afin «peut-être d’ouvrir son capital. C’est avant tout pour nous offrir une respiration financière», mais aussi et surtout «préparer un investissement dans un nouveau site de stockage». En effet, Didier Blaise a confié être dans l’optique d’investir un nouveau hangar de stockage «de 15 000 à 20 000 m2 afin d’entrer 400 000 nouveaux pneus en stock».

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À propos de l'auteur

Jean-Marc Pierret

Editeur du magazine Après-Vente Auto et de son site Apres-vente-auto.com, Jean-Marc Pierret suit depuis 30 ans l'actualité stratégique du secteur de l'après-vente automobile.
Il se passionne tout particulièrement pour les mutations qui traversent et transforment le paysage de l'entretien et de la réparation automobiles.
Avec Stéphane Freitas, il co-dirige Pertineo Group qui détient les sociétés Publi Expert Gestion (Après-Vente Auto et Après-vente-auto.com), AM-Today (Am-today.com) et l'agence de communication Action Media.

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