Analyse – Autodistribution serait à vendre : quelle surprise ?

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L’info a “claqué” la semaine dernière : Autodistribution serait à vendre. Et le très elliptique «no comment» de l’entreprise n’a guère calmé les chuchotements du Landerneau de la rechange et de la réparation auto. Mais en fait, où est la surprise ? Retour sur le fond et la forme d’une revente annoncée…

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Notre confrère Décision Atelier le premier, puis l’ensemble de la presse pro, ont récemment relayé des rumeurs venues de milieux financiers américains annonçant une possible vente d’Autodistribution, pour une possible valeur de 600 millions d’euros.

Aussi spectaculaire soit-elle, l’information, sur le fond, n’en est pas vraiment une. Towerbrook reprenait Autodistribution dans des conditions homériques début 2009 (voir «Autodistribution/TowerBrook : c’est signé !»). Le fonds d’investissement n’a rien d’un philanthrope éternellement et jalousement enamouré de pièce automobile : c’est un financier pragmatique cherchant à faire, aussi vite qu’aussi bien, fructifier son investissement. Il a déjà gagné à l’entrée, en s’adjugeant alors une entreprise opportunément lavée d’un endettement mortifère issu de son passé. Il sait donc que la sortie se traduira par un second bonus particulièrement sonnant et trébuchant. Et il n’a jamais caché cet objectif…

Par nature donc, la vocation de Towerbrook est de rester quelques années seulement aux commandes d’une entreprise pour ensuite tirer les fruits de sa revente. Or, il s’est déjà écoulé six ans depuis le rachat d’Autodistribution, ce qui est inhabituellement long en la matière. Parce que la crise a ralenti les cycles de rachat-revente habituellement plus proches de 3 à 4 ans ? Parce qu’Autodistribution a su assez profondément se révolutionner tant dans son amont de “piéçard” que dans son aval de réseaux de réparation pour convaincre de fait Towerbrook qu’il fallait attendre un peu plus pour mieux habiller encore la future mariée ?

Un peu des deux probablement. Mais c’est une autre évidence que les fonds d’investissement prennent aussi parfois la décision de revendre telle ou telle participation pour des raisons totalement extérieures à l’entreprise détenue. La brutale nécessité, par exemple, de trouver du cash pour se lancer dans une autre aventure aussi inattendue que succulente.

Pour toutes ces raisons, la question n’a donc jamais été de savoir SI Autodistribution serait vendue puisque c’était déjà dans les gènes de l’arrivée de Towerbrook. La question est surtout de savoir QUAND Autodistribution doit l’être et surtout, à QUI.

La question du “QUAND”

En ce qui concerne le “QUAND”, le très lapidaire «no comment» qu’Autodistribution oppose à cette rumeur d’une revente a évidemment tendance à accréditer l’imminence d’une opération. Mais il ne faut pas non plus oublier que, depuis sa levée de 240 millions sur les marchés financiers pour refinancer sa dette début 2014 (voir «Autodistribution se donne les moyens de ses ambitions»), l’entreprise est drastiquement astreinte à une communication très codifiée et corsetée.

Dans ce contexte peu propice à la libération de son verbe, son «no comment» peut aussi signifier «je ne peux rien dire», que l’info soit fondée ou pas. Les financiers de tous poils détestent les rumeurs qui font imprévisiblement varier les valeurs et les plans, sauf quand ils pilotent eux-mêmes les fuites à dessein. Du coup, les actionnaires détestent encore plus que “leurs” entreprises parlent et commentent sans leur autorisation expresse…

Les mystères du “QUI”

En matière de “QUI”, les observateurs rivalisent évidemment de conjectures. Il leur apparaît ainsi comme peu probable que ce soit un Alliance-Groupauto qui, encore en pleine digestion de Precisium, vienne gober Autodistribution : le monstre “multi-culturel” et potentiellement anti-concurrentiel qui en accoucherait serait plus source de problèmes que de solutions.

Les regards se tournent naturellement vers d’autres acteurs. On évoque bien sûr les éternels constructeurs : il y a quelques années, Peugeot avait dû démentir vouloir racheter Autodistribution quand intervenait le rachat de 5 sites Autodistribution par le groupe Dubreuil ; la récente révolution logistico-culturelle et le rachat de Mister-Auto par PSA ont du coup remis en selle et le constructeur, et le groupe lui-même. Parallèlement, comme la récente rumeur vient des États-Unis, le lien est également vite fait avec le nord-américain et gourmand LQK, qui n’a jamais caché ni ses appétits européens en la matière, ni la taille de son chéquier…

Mais ce ne serait pas non plus la première fois qu’un investisseur revendrait tout simplement à un autre investisseur, le premier ayant donc besoin de cash et le second se montrant à son tour prêt à parier sur des lendemains encore plus payants. Ce n’est effectivement pas à exclure : l’Autodistribution et le contenu de son fameux plan Référence 2018 en ont visiblement encore sous le pied en termes de développement.

A suivre donc…

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