Il y a plus de salariés à ZF-Sarrebruck… qu’à Peugeot Sochaux !

Les syndicats de Peugeot Sochaux viennent de déplorer publiquement que leur «ex-première usine de France» passe symboliquement et pour la première fois sous la barre des 10 000 employés… soit moins que la discrète usine de boîtes de vitesses ZF à Sarrebruck. Signe des temps et preuve que l’industrie équipementière a du souffle…

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Usine ZF de Sarrebruck : plus de 10 000 employés, soit plus que l’effectif actuel de l’historique Peugeot Sochaux…

S’il fallait une preuve de plus que le modèle industriel allemand est ultra-dominant, c’est bien celle-là. Quand les syndicats de PSA soulignent amèrement que PSA Sochaux , longtemps première usine de France, vient de passer «sous la barre symbolique des 10 000 salariés» (voir l’information sur AM Today), il suffit de se tourner vers l’usine sarrebruckoise de ZF en Sarre, à une encablure de la frontière française et à seulement 300 km de Sochaux, pour y retrouver… plus de 10 000 employés, dont d’ailleurs 20% de Français transfrontaliers !

C’est bien là un signe des temps : une “toute bête” usine de boîtes de vitesses automatiques d’un “tout simple” fournisseur de l’automobile parmi tant d’autres compte, à elle seule, plus d’employés que l’ex-fleuron industriel national siglé Peugeot-Citroën… C’est certes  un exemple de plus de l’indiscutable suprématie allemande dans l’automobile. Mais c’est aussi, en creux, un signe de la discrète mais réelle prépondérance industrielle qu’ont pris les équipementiers-systémiers sur leurs donneurs d’ordres historiques.

Penser “équipementier” plutôt que seulement “constructeur” ?

Cette comparaison valorisante pour ZF entre les deux usines, ce n’est évidemment pas l’équipementier qui la fait. Un autre récent indice montre, à la seule échelle “franco-française”, que les fournisseurs se savent forts et s’assument comme tels, allant jusqu’à pleinement revendiquer leur part dans les succès des constructeurs. Le 4 mai au petit matin, PSA faisait savoir à la planète entière que la voiture la plus sobre au monde (2 litres/100 km !) est dorénavant une Peugeot 208 ; le même jour en fin d’après-midi, Michelin venait rappeler son rôle dans ce nouveau record en soulignant que ses pneus « Energy Saver » co-développés avec le constructeur et chaussant la 208 «contribuent très fortement aux performances de la citadine, améliorant de façon significative l’efficacité énergétique de la voiture».

Il est donc bien fini, le temps où les équipementiers restaient humblement un pas derrière, cédant tous leurs lauriers à leurs seuls souverains constructeurs. Mais si donc l’industrie équipementière triomphe (voir «Résultats 2014 : quand les équipementiers vont, tout va?»), si les sous-traitants allemands embauchent tant, si Michelin peut ainsi paraphraser la célèbre formule taquine de son fondateur −«la voiture est l’accessoire du pneu»−, pourquoi pas l’ensemble du “tissu équipementier français” ?

La Fiev ne nous contredira sûrement pas, elle qui vient de déplorer que les effectifs équipementiers aient encore baissé en France en 2014 malgré une reprise de l’activité. Il y avait 114 500 emplois équipementiers en France en 2007 ; il n’y en a plus que 73 700 aujourd’hui. A l’heure où nos politiques ne frémissent vraiment pour nos emplois automobiles nationaux que lorsque nos constructeurs disent s’enrhumer ou craindre de l’être, il serait peut-être temps de regarder comment favoriser plus largement une réindustrialisation équipementière en France puisque, visiblement, c’est elle qui a tous les atouts pour prospérer…

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