Oscaro nouvel adhérent de Temot International?

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L’information vient d’Espagne, captée au détour d’une banale table ronde sur la stratégie des groupements de distribution de pièces : Oscaro serait déjà, ou en passe de devenir, adhérent de Temot International ! Du bon pour les possibles deux partenaires, et quelques bousculades pour d’autres…

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« Nous construisons des ponts en reliant des professionnels exceptionnels entre eux », proclame ce slogan du site institutionnel de Temot International. L’arrivée d’Oscaro au sein du groupement, si elle se confirme, ne le ferait pas mentir…

Notre homonymique confrère espagnol Postventa (Après-vente en espagnol) vient de lâcher cette bombe : Oscaro serait en train d’adhérer (ou l’aurait déjà fait) à Temot International. C’est Alejandro Vicario (distributeurs CGA) qui l’a annoncé au détour d’un exposé sur l’évolution des groupements internationaux en Europe. Personne n’était en mesure, ce week-end, de confirmer l’information. Tout au plus certains observateurs croient-ils pouvoir affirmer que l’adhésion est déjà effective et qu’elle doit être officialisée… au moment du tout prochain Equip Auto.

En soi, voir Oscaro adhérer à un groupement international ne serait pas aberrant. D’accord, le site de Pierre-Noël Luiggi aime cultiver son glorieux isolement de leader. Mais il n’en est pas moins soumis aux même problématiques que ses concurrents. Il subit un marché de la pièce en ligne qui a cessé de croître à périmètre constant, affronte une concurrence féroce et endure des marges structurellement faibles du fait de la nature même de son business-model. Et comme ses concurrents donc, il serait assez logique de le voir ainsi chercher à optimiser ses achats pour restructurer ses marges : à défaut de pouvoir continuer à surfer sur l’algorithme défunt du “vendre toujours plus”, l’heure est sûrement venue de tâter du plus traditionnel “acheter mieux”.

L’info de notre confrère espagnol est d’autant plus crédible qu’Oscaro ne serait pas le premier à venir s’appuyer, d’une façon ou de l’autre, sur l’ancienne économie de la pièce pour d’aussi pragmatiques raisons. La tendance aux mariages de raison est même furieusement tendance. Le leader du pneu en ligne AlloPneus est devenu “Michelin” en avril dernier. Dans le domaine de la pièce pure et dure, Mister-auto incarne l’autre exemple récent le plus spectaculairement abouti : il s’est capitalistiquement jeté dans les bras de PSA en février dernier. Yakarouler pour sa part a déjà ouvert la voie de l’adhésion à un groupement de distribution traditionnelle de pièces : n’a-t-il pas déjà rejoint Temot France en juin ? Oscaro maintenant chez Temot International, se contentant lui aussi d’adhérer à un groupement pour profiter de meilleures conditions d’achat, ne serait donc pas absurde…

Ne pas confondre Yakarouler/Temot France et Oscaro/Temot International

Certes, il serait trompeur de partir du principe que l’exemple d’un Yakarouler entrant chez Temot France légitime un peu plus la rumeur de l’arrivée d’un Oscaro chez Temot International : Temot France n’est pas Temot International. Les groupements internationaux sont rarement suffisamment “intégrés”, même du simple point de vue stratégique, pour que l’on puisse extrapoler des logiques centrales à partir de comportements très diversement nationaux. Et inversement.

Mais il est tout aussi vrai qu’ils partagent tous au moins la même logique : concentrer toujours plus d’achats pour obtenir des conditions toujours plus attractives. Et quand l’essentiel de la concentration des traditionnels est déjà atteint, quand de surcroît un tout nouveau Nexus International est venu confisquer en très peu de temps 5 milliards d’euros parmi les dernières potentialités en matière de croissance, toute nouvelle adhésion −fût-elle issue de la sulfureuse concurrence de la pièce en ligne− devient bonne à prendre.

Dans ce contexte de pénurie où la concurrence entre groupement internationaux s’accroît constamment, reconnaissons-le : ajouter les 300 millions d’euros de chiffre d’affaires ambitionnés par Oscaro cette année aux déjà conséquents 7,4 milliards cumulés par tous les adhérents de Temot international, voilà qui ne pourrait nuire ni au nouvel arrivant, ni aux déjà arrivés…

L’intérêt de Temot et d’Oscaro…

Car Temot a de toute façon besoin de se “refaire” sur son périmètre européen. Des 4 groupements historiques (Autodistribution International, Groupauto International, ATR et Temot), il est celui qui a le plus souffert ces dernières années en perdant des adhérents de poids. Par exemple, le géant Van Heck, un des fondateurs de Temot, l’a quitté en passant sous pavillon LKQ en avril 2013. Presque au même moment en France, Autolia qui représente Temot International chez nous, a vu l’entité Precisium le quitter pour rejoindre Groupauto. Temot International a donc un besoin vital de regagner ce poids perdu, sous peine d’implosion. Oscaro est dans ce cadre une belle prise. En Russie, Exist, le leader de la pièce sur internet B2B, est déjà membre de Temot International. Pas d’impossibilité culturelle, donc.

Pour Oscaro, outre l’arrivée d’une substantielle rémunération annuelle sous la forme des RFA du groupement international, rejoindre Temot serait aussi un moyen d’assoir définitivement sa position et de manger “à la même table” que les distributeurs traditionnels qui font parfois mine de le vouer au Gémonies.

Mais c’est surtout un accès direct à la fine fleur des équipementiers qui se jouerait ici. Des équipementiers qui paient en effet fort cher un statut de fournisseur privilégié auprès de ces groupements internationaux. Car la contrepartie au très coûteux statut de fournisseur associé (“associated supplier” chez Temot), voire privilégié (“Preferred Supplier”), c’est d’accepter de travailler sans limitation avec les adhérents Temot. Et donc, avec un Oscaro “Temotisé”.

…mais pas de certains autres

Et c’est là que le bât blesserait : si quelques équipementiers acceptent de livrer Oscaro sans passer par la case traditionnelle, la plupart font toujours transiter leur produits, avec une hypocrisie plus ou moins feinte, par leurs distributeurs ou plutôt, par les plateformes régionales. Si Oscaro intègre bien Temot, aucun équipementier partenaire de ce groupement ne pourrait être en position de refuser de livrer le site en direct. On souhaite donc bon courage à ces fournisseurs subitement “contraints” de travailler sans paravent avec le grand méchant loup d’internet. Bosch, dont on peut saluer la constance vis à vis d’Oscaro, se retrouverait ici en première ligne.

Enfin et toujours au rayon fournisseurs d’Oscaro, parlons de ces distributeurs traditionnels ou plateformes. On imagine sans peine Flauraud ou Doyen continuer à livrer Oscaro, étant eux-mêmes membres Temot. Mais quid d’un Exadis (groupe Laurent, membre ATR) ? Ou d’un ACR (propriété de l’Autodistribution, donc membre d’AD International) ?

Si Oscaro s’en allait bel et bien s’embourgeoiser chez Temot, on devrait donc assister à quelques redistributions de cartes intéressantes. Et à un sérieux coup de canif dans le modèle économique de certaines plateformes, déjà chahutées ces dernières années…

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1 Commentaire concernant “Oscaro nouvel adhérent de Temot International?”

  1. …même si tu te crois le leader de tous les leaders du Net… le jour où le chiffre d’affaires grippe (en France comme en Espagne), quand les marges ne permettent plus de faire avancer une armada d’employés, quand les retours ne sont plus aussi faciles avec les fournisseurs, quand la trésorerie a du mal à suivre, tu te colles à un groupement et du coup, « t’es-mot »-us et bouche cousue. Mieux vaut alors que le groupement annonce que le chiffre d’affaires de certaines plateformes parisiennes va être repris. En tous les cas, les mouvements sont tels actuellement que l’on peut se poser la question légitime: où va-t-on? Et jusqu’à quand on trouve des repreneurs de l’ancienne économie (ou des fonds d’investissement) capables d’injecter de l’argent, des actions, des marchandises ou des services dans la nouvelle économie? Est-ce de la folie ou est-ce de la méconnaissance, voire la peur de la nouvelle économie, ces perfusions, ces rapprochements, ces regroupements, ces rachats, ces dépenses de la bonne vieille économie? Même avec beaucoup de bon sens, on ne se l’explique pas, tout cela…

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