Pièces : l’ogre américain LKQ vient de gober le leader italien Rhiag!

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S’il fallait encore une preuve des appétits européens de LKQ Corporation, le géant américain de la pièce, la voilà : le groupe de Chicago vient de confirmer le rachat des presque 900 millions d’euros de CA du leader italien Rhiag, dont plus de la moitié réalisée dans 8 autres pays. Après s’être offert en quatre ans l’Anglais Euro Car Parts (ECP), puis le célèbre Hollandais Stator Holding BV (Van Heck), son challenger Kühne Automotive et 5 gros distributeurs néerlandais, LKQ confirme avec l’international Rhiag qu’il est devenu un colosse européen de la pièce…

Rhiag

Avec le rachat du leader italien de la pièce Rhiag et de ses multiples présences européennes, l’américain LKQ dépasse les 6 milliards d’euros de CA dans le monde, dont plus du tiers de son activité pièces en Europe…

L’américain LKQ continue ses emplettes européennes avec un appétit inégalé. Il vient de s’offrir Rhiag, le leader italien de la distribution indépendante, pour la coquette somme de 1,04 milliard d’euros, a découvert notre partenaire AM-Today.com qui publie le communiqué officiel (en version anglaise pour l’instant). LKQ devient proprement gigantesque : il ajoute ainsi les 882 millions de CA réalisés par le groupement transalpin à ses déjà spectaculaires 5,2 milliards d’euros mondiaux.

Plus que jamais, le groupe américain confirme donc ses ambitions européennes que nous vous présentions fin 2013 (voir «LKQ Europe va-t-il révolutionner la distribution européenne ?»). Des ambitions devenues maintenant réalité car le très dynamique Rhiag n’est pas seulement italien, loin s’en faut. Plus de la moitié de son chiffre d’affaires est réalisée dans 8 autres pays d’Europe (République tchèque, Suisse, Hongrie, Roumanie, Ukraine, Bulgarie, Slovaquie, Pologne et Espagne). Des pays où le groupe Rhiag exploite l’enseigne éponyme bien sûr, mais aussi Bertolotti, Era, Elit, Lang et Auto Kelly. Tous pays confondus, Rhiag compte 10 entrepôts qui irriguent 247 points de distribution livrant 100 000 clients professionnels.

Une boulimie de distributeurs européens

Depuis quatre ans donc, fort d’une capacité d’investissement visiblement très puissante, l’ogre LKQ dévore chaque fois que possible ce qui peut l’être dans l’Europe de la distribution BtoB de la pièce. Il accostait par l’Angleterre en novembre 2011 en s’offrant Euro Car Parts (ECP) pour 261 millions d’euros. En avril 2013, il devenait plus nettement visible en consacrant 200 autres millions à la reprise de Sator Holding, autrement dit le fameux Van Heck qui contrôle le Benelux et s’aventure de plus en plus en France. A peine deux mois plus tard, LKQ consolidait ces  positions nord-européennes en rachetant Kühne Automotive, le N°2 hollandais.

Dans la foulée, il ratait certes un gros distributeur allemand, PV Autoteile, qui lui préférait finalement son germanique compatriote Sthalgrubber. Mais en avril 2014, LKQ se consolait en  “verticalisant” un peu plus son contrôle du marché néerlandais avec la reprise de 5 gros clients de Stator Holding BV : Rijsbergen Holding B.V., Pala Holding, B.V., Primaparts Automaterialen B.V., BOAC Automotive B.V. et VEAM B.V.

Sans grand risque, nous prédisions à l’époque qu’une telle fringale “distributeurophage” annonçait d’autres acquisitions européennes probablement spectaculaires. Avec celle de Rihag, c’est maintenant clairement confirmé. LKQ faisait-il aussi partie des postulants au récent rachat d’Autodistribution finalement emporté par Bain Capital ? C’est aussi probable qu’invérifiable : Stéphane Antiglio, le président du leader français, a expliqué à la presse début octobre dernier qu’il ne donnerait pas l’identité des autres prétendants qui se sont spontanément présentés pour reprendre le leader français…

C’est en tout cas une évidence : l’Europe de la distribution et de la réparation traditionnelles devra dorénavant compter avec le boulimique LKQ. Car pour l’entreprise de Chicago, notre marché continental est riche de lucratives promesses. Et il ne s’en cache pas : mi-avril 2014, dans son rapport annuel, il s’enflammait pour les belles potentialités de notre Europe automobile et de son marché pièces de 215 milliards de dollars consommés par un parc continental de quelque 250 millions de véhicules roulants. LKQ salivait aussi du «haut niveau d’acceptation pour les pièces de rechange alternatives» qu’il trouve sur notre vieux Continent.

Il commence à bien en profiter. Mais avec son déjà lourd panier de distributeurs européens qu’il intègre capitalistiquement à marche forcée, LKQ est aussi en train de modifier le centre de gravité de l’Europe de la pièce indépendante. Elle était jusqu’alors dominée par des groupements internationaux qui restent encore très peu intégrés. En tout cas, bien moins que ne l’est LKQ Europe. Pour mieux affronter cette nouvelle concurrence, nos très hétérogènes champions locaux de la distribution vont devoir au moins apprendre à se discipliner, sinon à se concentrer…

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