Quand BFM TV évoque la loi sur les pièces « vertes »

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Alors que le décret d’application du Conseil d’État sur la loi “Royal”, et son article exigeant des réparateurs qu’ils proposent à leurs clients des pièces issues de l’économie circulaire, se fait attendre, BFM TV n’a pas résisté à l’envie de remettre une couche médiatique grand public sur le sujet. Tout en affirmant que ne seraient pas concernées les pièces “de sécurité” comme les plaquettes de frein ou les airbags. Info ou intox ?

Le 12 janvier dernier, BFM TV a diffusé lors de “Première Edition”, entre 6h et 8h30, un sujet intitulé “Une loi va obliger les professionnels de l’automobile à proposer des pièces d’occasion”. L’information n’est pas nouvelle et rebondit simplement sur le fait que le texte issu de la loi sur la Transition énergétique, promulguée au mois d’août, devrait déjà être en vigueur et rendu valide par le décret du Conseil d’Etat censé définir le périmètre exact des pièces issues de l’économie circulaire.

Se rendant chez un MRA, Cédric Faiche, David Bouteiller et Nicolas Behar, les journalistes de la chaîne d’information en continu, soulignent dès l’entame de leur reportage que « pour réparer sa vieille voiture pour pas cher, rien de tel que son petit garagiste de quartier, celui qui va prendre un peu de temps et privilégier la débrouille plutôt que d’acheter des pièces neuves ». Rendez-vous donc à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, dans le garage de Christian Faivre, où celui-ci explique que pour remplacer une traverse de châssis cassée par sa cliente, il lui a proposé d’en trouver une d’occasion, « en très bon état, je vais juste la nettoyer, lui mettre un petit coup de peinture pour faire propre » pour à peine moins de 125 euros l’élément.

La question de l’âge du véhicule

Et les journalistes de souligner que, selon les pièces, « l’économie peut être plus grande encore », avant que leur interlocuteur ne leur montre un optique de phare, facturé d’occasion « une soixantaine d’euros alors qu’en neuf, vous le trouvez à 200 euros », selon le garagiste. Plus loin, direction « un autre garage, beaucoup plus moderne […] qui n’utilise que des pièces neuves ». « Ce qui devrait changer avec cette loi, qui n’attend plus que ses décrets d’application », ajoute la voix off, pendant que s’affiche en exergue une partie du texte de loi qui dispose que « tout professionnel […] permet aux consommateurs d’opter pour l’utilisation […] de pièces issues de l’économie circulaire à la place de pièces neuves ».

« Autrement dit, des pièces de récupération », ajoute le rédacteur, sans toutefois détailler que de telles pièces peuvent inclure les pièces de réemploi, les pièces d’échange réparation et celles d’échange standard. « Nous notre souhait, ce serait de travailler sur des véhicules au-dessus de huit ans, et donc de coller au pouvoir d’achat d’une partie de la population qui n’a pas de véhicule neuf », leur affirme d’ailleurs Olivier Hossard, président du groupe Vauban Concessions Auto, important distributeur Peugeot d’Île-de-France, introduisant ainsi d’un coup le débat sous-jacent de l’âge idoine auquel proposer au client une pièce issue de l’économie circulaire. Ce que, bien sûr, la loi ne précise absolument pas et que les représentants des réparateurs entendent bien voir limité en fonction de la récence du véhicule.

« Il suffit souvent d’un léger choc pour devoir changer un pare-chocs, un phare, un capot et la facture atteint rapidement plusieurs milliers d’euros, rappelle alors le journaliste Cédric Faiche, face caméra. Et si cette facture dépasse la valeur d’occasion de la voiture, très souvent, elle finit à la casse. » La voix off ajoute ensuite que « l’autre vertu de cette nouvelle loi est de pouvoir prolonger la durée de vie des voitures : la filière du recyclage automobile est en plein essor ».

Les pièces “de sécurité” exclues ?

En plein essor, certes, mais une fois en plateau face aux présentateurs de Première édition, Cédric Faiche ne confirme pas si le périmètre exact des pièces concernées a bel et bien été fixé par les différents interlocuteurs chargés de se mettre d’accord pour le définir avant que le Conseil d’État ne puisse publier son décret. Ou plutôt si : il affirme purement et simplement, face aux craintes de sa consœur Pascale de La Tour du Pin, qu’il n’y a rien à craindre et que plaquettes de freins ou airbags, entre autres pièces contribuant à la sécurité active ou passive du véhicule, ne seront pas inclus dans la liste qui doit être soumise au Conseil d’État. Pourtant, d’après nos dernières informations, rien ne permettait de dire qu’une liste de pièces, fut-elle positive ou négative, inclusive ou exclusive, ait bel et bien été fixée.

Voir ainsi la première chaîne d’information en continu de France laisser exprimer un tel point de vue traduit soit l’exclusivité d’informations sur le sujet, soit une volonté de peser en faveur du respect de la sécurité des véhicules plutôt qu’en faveur des perspectives de profit que laisserait une liste de pièces la moins restrictive possible. Nous vous informerons bien entendu dès que le périmètre des pièces est définitivement fixé. Mais compte tenu de l’état des discussions il y a encore un mois à peine, difficile de croire qu’une décision ferme en la matière a effectivement été prise.

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1 Commentaire concernant “Quand BFM TV évoque la loi sur les pièces « vertes »”

  1. Les chaines d’informations et BFMTV en particulier sont crédibles??

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