Alpha Scale (suite) : premières précisions sur la nouvelle centrale d’achat pièces d’AXA

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Nous vous révélions récemment la création par AXA d’une centrale d’achat baptisée Alpha Scale. Nous avons cette fois pu joindre Philippe Cousin, directeur des achats assurantiels de l’assureur et président d’Alpha Scale France, la filiale française. S’il n’a guère été disert sur les chiffres, objectifs et autres éléments stratégiques, il a toutefois bien voulu nous expliquer les principales ambitions et le fonctionnement général de l’entreprise.

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Philippe Cousin, directeur des achats assurantiels d’Axa et président d’Alpha Scale France.

L’essentiel de ce que nous écrivions le 31 janvier dernier sur Alpha Scale est confirmé : Axa est bien en train de développer une centrale d’achat de pièces de rechange. Les premiers achats-reventes ont commencé en juillet 2015, nous apprend Philippe cousin, directeur des achats assurantiels d’Axa et président d’Alpha Scale France, la filiale française créée en juillet 2015. S’il ne veut pas en préciser les volumes actuels, probablement sont-ils encore réduits : Alpha Scale est toujours en phase-pilote avec quelques dizaines de carrossiers seulement.

Dans cette période de rodage, Alpha Scale France se concentre pour l’instant sur le sourcing des pièces de carrosserie et s’appuie pour cela sur un fournisseur-distributeur spécialisé. Philippe Cousin n’a pas voulu nous en révéler l’identité. Mais pour des raisons de logistique de proximité et de largeur de l’offre, il ne peut s’agir que de l’un des trois principaux acteurs indépendants français : Aniel, Cora ou Saint-Amand. Au moins peut-on a priori exclure Cora : c’est certes le plus puissant des trois distributeurs cités ; mais c’est aussi la filiale d’une Autodistribution qui a publiquement rejeté le modèle AXA/Nobilas en septembre 2014…

Tout reste ouvert

Vis-à-vis du réparateur en tout cas, c’est Alpha Scale qui facture la pièce. La centrale d’achat prévoit-elle de devenir, à terme, acheteur direct des pièces ainsi facturées, voire même de bâtir sa propre logistique ? Tout est encore à l’étude, répond Philippe Cousin qui ne confirme ni n’infirme ces interrogations. S’il ne veut rien nous dire de plus, nous savons que des visites de distributeurs ont déjà eu lieu un peu partout en Europe et que des rencontres se sont déjà déroulées avec des équipementiers et des sous-traitants…

Reste qu’au vu du marché déjà très structuré et concentré, Alpha Scale ne va pas chômer si elle veut devenir aussi performante, en prix comme en logistique, que les autres circuits d’achats de pièces déjà existants. Philippe Cousin reste évasif mais se veut néanmoins optimiste, qui compte évidemment sur la centralisation d’importants volumes d’achats pour que l’offre d’Alpha Scale soit tarifairement compétitive. Il est vrai qu’en théorie, l’ADN de l’entreprise promet en la matière de beaux volumes : pour répondre aux besoins des véhicules sinistrés qu’elle assure, Axa compte sur Alpha Scale pour couvrir à terme les besoins en réparation-collision de plus de 90% de son parc assuré, que ce soit en pièces captives et, dans un deuxième temps, en pièces concurrencées, annonce Philippe Cousin. Deux pays, dont la France donc, sont d’ailleurs déjà couverts et ce n’est probablement qu’un début : Alpha Scale a vocation à être présente dans tous les pays où Axa intervient, précise-t-il.

Alpha Scale se veut utile au carrossier

Mais Philippe Cousin veut aussi insister sur le but aval d’Alpha Scale : apporter la bonne réponse aux consommateurs automobilistes qui veulent le meilleur service −et il considère que la maîtrise de la pièce en fait partie−, la bonne réponse à Axa qui veut légitimement maîtriser ses risques et ses coûts… et la bonne réponse aux attentes des carrossiers auprès desquels l’entreprise compte bien faire la différence en prenant en compte leurs besoins spécifiques.

le patron d’Alpha Scale France n’a voulu détailler qu’une seule de ces réponses dédiées aux carrossiers, mais elle a le mérite d’être innovante en cherchant à résoudre la souvent difficile question de leur besoin en fonds de roulement. Philippe Cousin promet ainsi un mécanisme de compensation qui leur épargnera l’avance de trésorerie sur la pièce fournie par Alpha Scale qui, sitôt achetée, sera immédiatement remboursée. Et ce, souligne-t-il, avec un niveau de marge a minima maintenu, voire même amélioré. En confirmant ainsi que le carrossier achètera bien la pièce, il réfute de fait la rumeur qui prétend qu’Alpha Scale souhaiterait livrer ou faire livrer au réparateur une pièce prépayée, le privant alors de ce chiffre d’affaires…

Nous n’en saurons pas plus sur le mode de fonctionnement ou de rétribution d’Alpha Scale, ses pays-cibles et encore moins sur le chiffre d’affaires qu’elle espère atteindre à terme. Tout au plus Philippe Cousin soulignera-t-il que l’entreprise est indépendante de la déjà opérationnelle centrale d’achat de Nobilas, la plateforme de gestion de sinistres à qui Axa a confié le recrutement et l’animation de son réseau de carrossiers agréés.

Pour l’heure, Alpha Scale a encore besoin de quelques mois pour finaliser ses derniers points de réglage. Des réglages destinés à rendre son fonctionnement le plus simple et le plus fluide possible, promet Philippe Cousin qui espère ainsi que le déploiement opérationnel de la centrale d’achat devrait intervenir avant la fin du deuxième semestre 2016.

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6 Commentaires concernant “Alpha Scale (suite) : premières précisions sur la nouvelle centrale d’achat pièces d’AXA”

  1. une bonne idée pour avancer!!!
    ils regroupent les commandes, achètent moins cher, réduisent le coût du sinistre;
    ils vont nous rétrocéder la marge des pièces et plus besoin d’avance de trésorerie!!! Pour moi, ça me va très bien

  2. Chers confrères carrossiers ,
    Je ne peut que vous mettre en garde contre la nouvelle stratégie pièces de rechanges du groupe AXA, puisque c’est vous qui signez vos conventions d’agréments.
    Très bientôt, il y a fort a parier que vous n’aurez plus à faire de remise sur pied de facture, car les pièces vous seront fournies.
    Alors mettez tout en œuvre pour vous passer de ces conventions, qui vous entrainent vers une marge négative et dévalorisent notre beau métier de carrossier !
    YVES LEVAILLANT

    NdlR: L’article que vient de commenter avec fougue Yves Levaillant aborde le sujet de cette rumeur voulant qu’Axa veuille fournir les pièces en lieu et place des carrossiers. La réponse que Philippe Cousin nous a faite semble démentir la crainte du président de la branche carrossier du CNPA…

  3. Encore du blabla pour endormir les réparateurs !!!
    Attention à l’avenir, il va y avoir du sport…; pour une fois qu’un assureur s’occupait du vrai problème concernant l’augmentation régulière du coût de la réparation principalement liée au coût de la pièce, c’est la plus mauvaise solution qui est retenue pour remédier au problème…
    Du grand n’importe quoi, une fois de plus !

  4. comment peut-on tolérer des choses pareilles?. Messieurs les carrossiers il est tant que l’on se réveille. Nous sommes les hommes d’art et tous de bons gestionnaires. Il n’y a plus que la marge pièces qui permet de faire vivre nos entreprises; allons-nous, nous la laisser prendre également? Soyons unis et réagissons tous ensemble. IL EN EST GRAND TEMPS !!!!!

  5. C’est presque de l’abus de faiblesse sur les entreprises.
    Que chaque dirigeant garde bien l’oeil ouvert pour débusquer le loup qui guette le mouton.

  6. Honte à vous carrossiers qui faites entrer le diable dans la maison! Il ne vous a pas suffit de donner votre main d’œuvre? Maintenant ne venez pas vous plaindre car vous saviez. Aujourd’hui la réparation carrosserie, dans les tuyaux la mécanique et demain; Le bâtiment, la médecine? Sous couvert de maîtriser les coûts, ces usines à fric seront bientôt en situation de monopole et là mes amis…

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