Pièces Peugeot en ligne (suite): et si l’essentiel, c’était… l’accessoire?

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A l’ombre du site de ventes de pièces en ligne pieces-detachees.peugeot.fr, voilà que l’on découvre maintenant le site accessoires.peugeot.fr. Et celui-là est plus discret, mais plus prometteur car il semble mieux né car mieux positionnable. En un mot : l’accessoire en ligne est plus facilement complémentaire aux activités des RA1 et RA2, alors que la pièce en ligne, elle, leur est vilainement concurrente…

La toute jeune histoire du méconnu site accessoires.peugeot.fr est en fait parallèle à celle de pieces-detachees.peugeot.fr : ils sont lancés en même temps et dans la même version-test. Tous deux partagent la même ergonomie et les mêmes points de vente-pilotes (TDSA à Saint-Quentin dans l’Aine, SCA SIAL à Nancy et la plateforme PR Iperia basée à Fauverney dans le 21, voir «Peugeot saute -prudemment- le pas !»).

Un « business model » déjà rodé
Mais il y a pourtant une différence de taille : si le site Peugeot de pièces en ligne constitue une toute nouvelle et incertaine aventure (pour l’heure peu suivie par les internautes), celui des accessoires bénéficie d’une expérience plus réussie. Elle date en fait… de 2009, sous l’adresse www.Peugeot-Accessoires.com. Là, on découvre en effet une version « historique » qui n’émane pas du siège du constructeur… mais d’un agent, Ricci Autos SARL, basé à Wattrelos (59)! «Dès son départ et depuis lors, le succès est au rendez-vous ! Peugeot-Accessoires.com était à l’époque le seul site de vente en ligne d’accessoires Peugeot», confirme d’ailleurs Christophe Ricci, le gérant de la société, dans la rubrique «qui sommes-nous ?» de son site.

En plein d’aspects, le site d’accessoires de Peugeot est prometteur. Tout d’abord parce que, dans son coin, l’agent de Wattrelos a su roder et mettre sur la voie du succès son « business model », inventé en 2004 et professionnalisé en 2009. Son site maintenant mature, le retour d’expérience est pour le moins positif et, à son échelle, spectaculaire : environ 50 000 visiteurs  et… 35 000 € de CA accessoires chaque mois ! L’expérience est évidemment précieuse pour les stratèges internet du constructeur avec qui l’agent la partage volontiers.

Ensuite et surtout parce que l’approche a une vertu qui rend l’accessoire… essentiel : sur internet, ce terrain est encore en relative friche, en tout cas comparé à l’ultra-concurrence qui anime la vente de pièces en ligne. C’est une évidence : le site de pièces et celui d’accessoires n’ont pas le même environnement concurrentiel.

Pièces Peugeot en ligne : terrain miné
Avec son site de pièces en ligne, Peugeot a le même problème de positionnement que la distribution traditionnelle. Comment en effet continuer à rétribuer dignement chaque étape du circuit long (équipementier-constructeur- distributeur-réparateur-client), s’il faut s’aligner sur les prix qu’un site « pure player » peut proposer en constituant l’unique étape entre les deux extrémités de la chaîne ?

C’est bien pour cela que les réseaux Peugeot, RA1 comme RA2, regardent « leur » site de ventes de pièces en ligne avec réserve, voire suspicion. Car ils n’ont en la matière que le choix entre Charybde et Scylla. Pour que le site fonctionne, il faudrait des prix concurrentiels acceptables par les internautes, c’est-à-dire flirtant avec le -50%. Mais ces tarifs seraient alors incompatibles avec l’exigence de marge des RA1 et RA2. En revanche, si les prix internet des pièces Peugeot restent à « prix constructeur-20% », le site ne décollera pas, faute de tarifs compétitifs par rapport au premier Oscaro venu.

Bref, ce remède supposé à la concurrence internet risque d’être pire que le mal : des prix trop compétitifs tireraient l’ensemble de l’offre PR vers le bas ; à l’opposé, des prix trop élevés confirmeraient maladroitement aux internautes que l’offre pièce du constructeur est hors marché…

Accessoires Peugeot en ligne : potentialités réelles
La marge de manœuvre est plus grande en matière d’accessoires. Pour deux bonnes raisons. Tout d’abord, ce marché est nettement moins « internetisé » donc moins concurrencé tarifairement. Mieux : grâce à Ricci Autos qui a toujours été parfaitement respectueux du positionnement prix constructeur et des accessoires estampillés Peugeot, l’accessoirie Peugeot est bien née sur internet et prouve qu’elle y est commercialement viable sans besoin de braderie suicidaire.

En outre, les RA1 et RA2 de Peugeot –et la marque elle-même– sont conscients que ce marché est sous-exploité car souvent considéré par eux comme… accessoire. Une vitrine web en la matière est donc justifiée, souhaitable et souhaitée. D’ailleurs, les volontaires sont là ; le site en question va rapidement s’élargir au-delà des 3 points-tests actuels…

Voilà pourquoi le site d’accessoires attire plus facilement la sympathie du réseau au Lion : il est plus facile à positionner et à légitimer. Qui, mieux qu’un constructeur et son réseau, peut garantir la parfaite adaptabilité, voire le parfait montage de barres de toits, d’attelages, de housses ou autres tapis de sol ? Et comme l’accessoire sera livré en franchise de port seulement s’il est retiré au comptoir, voilà une bonne occasion de renouer physiquement avec des clients…

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1 Commentaire concernant “Pièces Peugeot en ligne (suite): et si l’essentiel, c’était… l’accessoire?”

  1. On est bien en France quand on lit l’article!!! A l’heure où le territoire de chacun s’appelle le monde, nous en France, on en reste aux archaïsmes commerciaux du XIXe siècle, avec le chapelet des intermédiaires entre le fabricant et le consommateur! Les fameux grossistes!!

    Ces grossistes qui ne stockent plus rien ou presque, qui ont succombé à l’appel des comptables qui leur ont expliqué que le stock coûtait très cher et que, par conséquent il ne fallait plus stocker.

    Gros commerçants avertis et plus proches de leurs portefeuilles que de l’évolution du monde, ils obéirent.
    Conclusion: aujourd’hui il est plus facile de trouver des pièces à l’autre bout du monde qu’à côté de chez soi et de plus, moins chères! Quand comprendront-ils le fonctionnement des flux commerciaux du XXIe siècle, tous ces braves gens?
    Le constructeur construit, le réparateur répare et le client est content. Au milieu, le grossiste est devenu un logisticien-stockiste ou bientôt il ne sera plus dans la boucle!!

    La grande distribution l’a compris il y a longtemps en créant des plateformes logistiques il y a 30 ans, mais là on ne parle plus de gros commerçants mais juste de financiers avertis capables de répondre aux exigences du marché.

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