Plateformes : PAP (IDLP) assure la logistique de dépannage Hella

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IDLP et Hella ont officialisé leur accord : les plateformes régionales PAP du groupe dirigé par Patrice et Fabrice Godefroy distribueront les gammes de produits de l’équipementier. Derrière l’atout proximité pour Hella se cache peut-être bien aussi des clés d’entrée vers de nouveaux (gros) clients…

De gauche à droite: Lionel Vautrin, directeur commercial et marketing de Hella France; Marc Pintiaux, directeur général  Hella France; Patrice et Fabrice Godefroy, respectivement président et directeur général de IDLP.

De gauche à droite: Lionel Vautrin, directeur commercial et marketing de Hella France; Marc Pintiaux, directeur général Hella France; Patrice et Fabrice Godefroy, respectivement président et directeur général de IDLP.

Le groupe de distribution IDLP et l’équipementier allemand Hella ont annoncé cette semaine la conclusion d’un partenariat. Au travers de celui-ci, les gammes de produits Hella seront distribuées par le réseau de 5 plateformes régionales de dépannage PAP du groupe de distribution. Celles-ci, présentes sur l’Ile de France avec PAP Gennevilliers, à Lyon, Toulouse et Marseille via PAP Sud et enfin à Nantes avec PAP Ouest, stockeront donc désormais les familles éclairage, lampes, freinage (sous la marque Hella-Pagid), les machines tournantes et les pièces techniques.

Autres temps, autres logistiques

Hella avait intégré sa propre stratégie de plateforme au début des années 2010, quand les groupements de distribution subissaient à contre-cœur les plateformes indépendantes régionales sans avoir encore choisi eux aussi d’intégrer l’offre. A cette époque, le réseau ACR Group était encore indépendant et le réseau Préférence n’existait pas encore. Depuis, le premier a été repris par Autodistribution et le second, créé par Alliance Automotive Group.

Le contexte a donc changé : l’avantage de la proximité made in Hella est depuis devenu similaire, voire concurrent des plateformes dorénavant détenues, ou au moins “partenarisées”, par les groupements. Quand le distributeur local doit aujourd’hui choisir une source d’approvisionnement régionale, de dépannage ou pas, il est censé pouvoir tout trouver dans la plateforme de son réseau en s’adjugeant les avantages tarifaires de volumes cumulés en sus…

A chacun son métier

Ensuite, Hella a aussi changé de stratégie. En recherche de cash pour financer la digitalisation de sa stratégie, il a cédé sa division thermique à son compatriote Mahle. Mais l’équipementier s’est aussi récemment débarrassé de tout ce qui constituait sa stratégie intégrée de distribution. Il avait déjà revendu Hella Ireland à LKQ Europe via sa filiale britannique ECP, puis récemment cédait Nordic Forum (les distributeurs Car Inter-Team et FTZ) encore à LKQ, mais cette fois au travers de sa filiale Mekonomen. Il ne reste plus à Hella qu’à revendre le Norvégien Hellanor, dernière composante de Nordic Forum, et ses quelque 80 millions d’euros de CA.

Dans ce contexte, on comprend qu’Hella France “désintègre” sa logistique. Pourquoi s’embarrasser plus longtemps d’un coûteux schéma de distribution en France au travers de ses agences régionales ?

L’offre crée le trafic

Mais pourquoi aussi avoir choisi IDLP/PAP parmi le choix pléthorique de réseaux de plateformes affiliés auxdits groupements ou même d’autres opportunités indépendantes telles Apprau ou GPI ? Pour des raisons de coût, probablement. Mais sûrement aussi parce que le contexte est gagnant-gagnant avec PAP. Ce dernier a pris la quasi-totalité des gammes de Hella, apportant une solution complète à la volonté de Hella de conserver une offre de proximité sans plus s’embarrasser de son propre réseau.

Et en retour, PAP y gagne aussi. Il n’a pas pris autant de gammes Hella par hasard ou par bonté d’âme : pièces techniques (électronique, machines tournantes), gammes d’optiques, ou pièces de grandes ventes avec le freinage Pagid ou les lampes… «Disposer de l’offre complète d’un équipementier majeur comme Hella est toujours un atout pour un réseau de plateforme, explique Fabrice Godefroy, directeur général de IDLP ; cela fidélise les clients distributeurs qui savent qu’ils trouvent toutes les références qui comptent en un seul point».

Un atout donc pour l’offre que le réseau de plateformes PAP propose à ses multiples clients, notamment les plus de 100 points de ventes détenus par les adhérents du groupement Alternative Autoparts qu’IDLP a créé.

Préparer l’avenir

Mais le billard logistique a peut-être plusieurs bandes. Hella comme IDLP voient-ils aussi un intérêt commun dans le fait qu’Alternative Autoparts soit lui-même adhérent de Nexus ? Ils peuvent en effet ainsi espérer bénéficier d’un voisinage porteur avec certains des gros adhérents dudit Nexus. Tout particulièrement ceux qui sont friands en commandes de dépannage, tels First Stop, Speedy ou maintenant Feu Vert. Et qui pourraient voir d’un bon œil un tel voisinage avec un réseau de plateformes subsidiaire aux grands acteurs du domaine, parfois trop sûrs de leurs forces, donc de leurs tarifs…

Gaël Escribe, CEO de Nexus, ne nous confiait-il pas récemment être maintenant solidement présent en France, notamment «en retail avec Feu Vert et sur le segment de la réparation rapide avec Speedy» ?

Avancer au présent n’empêche jamais de préparer l’avenir…

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