Pièces Coronavirus

Étude Figiefa : la distribution européenne affaiblie économiquement et socialement

La Figiefa (fédération européenne de la distribution indépendante) a diffusé les résultats de son enquête européenne sur l’impact du Covid-19. Après les  conséquences économiques, les mesures d’aides et le déconfinement ne permettent pas de lever les doutes des distributeurs sur l’impact social, loin s’en faut… 

La Feda a officialisé hier une étude conduite par la Figiefa (dont la Feda est membre) afin de mesurer l’impact du Covid-19 sur l’activité de la distribution de pièces de rechange en Europe. Cette enquête interrogeait par internet les dirigeants des entreprises indépendantes de distribution sur trois principaux thèmes : l’impact du virus sur les entreprises, son impact sur l’emploi et enfin sur la perception des mesures publiques destinées à faire face à la crise sanitaire et économique.

Les 408 témoignages, issus d’entreprises de toutes tailles et de toutes nationalités, ont été recueillis entre le 15 avril et le 22 mai. A noter : 279 des formulaires recueillis (soit 68,38% du total) proviennent de France, d’Italie et d’Espagne, soit les trois pays européens où les conditions de confinement ont été les plus dures pour lutter contre la propagation du coronavirus…

Une baisse de 50% ou plus pour la moitié des distributeurs…

Près de 60% des dirigeants sondés au travers de l’enquête ont ainsi déclaré avoir pu maintenir leur activité durant la crise. Et si 40% n’ont pu le faire que partiellement, au gré des contraintes de différentes natures selon le pays et les circonstances, 1% seulement a déclaré avoir fermé !

Dans le cadre de leur activité, le volet B2C a –assez logiquement- été davantage touché que l’activité B2B, en raison du confinement des populations. Lorsque 78,55% ont ainsi déclaré que les ventes étaient restées ouvertes aux professionnels, ils n’ont été que 56,52% à répondre de même pour leurs clients particuliers.

Le diagramme ci-dessus est particulièrement parlant. Il compare le trend d’activité perçu par les distributeurs sur le premier trimestre par rapport à celui enregistré depuis la mi-mars. La possibilité offerte par les autorités de demeurer ouvert pour garantir la mobilité est en un sens contre-productive : les distributeurs ont pu évaluer et subir la drastique baisse d’activité depuis le milieu du mois de mars.

Lorsque 23 distributeurs observaient une activité meilleure au premier trimestre 2020 comparé à 2019, cette proportion tombe à 4 dès la mi-mars. De l’autre côté du spectre, la proportion de ceux ayant déclaré une baisse d’activité supérieure à 66% sur le premier trimestre était très minoritaires (24 sur 408) ; ils bondissent à 120 et dominent depuis le milieu du mois de mars ! Ceux qui enregistrent une baisse de -50% ou plus sont ainsi 210 depuis la mi-mars (plus de la moitié des 408 entreprises répondantes), lorsqu’ils n’étaient que 57 avant la crise sanitaire…

Activité partielle plébiscitée

Autre signe de la baisse importante d’activité : le recours massif à l’activité partielle lorsque celle-ci était rendue possible par les gouvernements respectifs. Seuls 10% des sondés ont répondu n’y avoir recours que pour 10% ou moins de leur effectif. En revanche, près de 60% d’entre eux l’appliquait pour la moitié au moins de leurs employés. In fine, près des trois quarts ont mis un tiers au moins de leurs effectifs au chômage partiel…

Et si le confinement est passé, le risque pour l’emploi demeure dans le secteur si l’activité (entendre la demande) ne repart pas très rapidement. En effet, à la question «envisagez-vous de réduire vos effectifs au regard de la situation actuelle ou si la crise se prolonge», seuls 20% répondent par la négative. Plus de la moitié des chefs d’entreprise avouent ne pas encore savoir s’ils pourront conserver l’ensemble de leurs salariés ou reconnaissent qu’ils pourraient avoir recours au licenciement sans reprise très rapide. Dans les cas les plus durs, 11% déclarent être sur le point de le faire. Et 13% l’ont déjà fait.

Manques de liquidité

Dernier thème abordé par l’enquête de la Figiefa : les diverses mesures adoptées par les pouvoirs publics, qu’il s’agisse de mesures restrictives en termes d’activité (typiquement, le confinement de la population) ou, au contraire, pour aider les entreprises.

Et force est de constater que l’Europe n’est pas dans toutes les têtes. Si les distributeurs étaient largement informés des mesures prises à un niveau national et/ou régional, avec respectivement 96,01 et 82,97% déclarant être au courant des mesures prises par les autorités, près de la moitié d’entre eux ont reconnu ne pas connaître les mesures prises au niveau européen. La Figiefa souligne à cet égard le manque criant d’information des dirigeants du secteur de la distribution quant aux actions de l’Union européenne.

Les mesures d’aide les plus connues de ce tissu de PME sont d’abord le report des taxes et des cotisations sociales, (85,67% des distributeurs sondés). Suivent les prêts garantis, dont 80,07% des distributeurs se sont dit bien informés. Plus loin derrière arrivent les subventions (68,44%).

Lenteurs de déclenchement des aides

En revanche, l’enquête souligne la lenteur de déclenchement de ces aides. Ainsi par exemple, un tiers des sondés déclarent ne pas avoir encore obtenu une réponse positive quant à la demande de report de règlement des taxes et des cotisations sociales. Pire encore : cette proportion grimpe à 42,98% pour les prêts garantis. Des prêts que 21,93% n’ont d’ailleurs pas pu obtenir…

Concernant leurs besoins, les distributeurs mettent d’abord en avant leurs besoins de liquidités (84,55%). Viennent ensuite la réduction ou le report des taxes et des cotisations sociales (75,14%), l’obtention de crédits à taux réduit voire nul (71,39%), des délais de paiement supplémentaires (68,36%), des aides directes (59,94%) ou encore le maintien de l’activité partielle (58,48%).

L’impact du covid-19 a donc été particulièrement négatif pour les entreprises de distribution en Europe. La Figiefa constate logiquement que le risque demeure élevé pour les entreprises, les emplois, et que seules des mesures urgentes mixant court terme et long terme pourraient permettre au secteur de sortir sans grave dommage de cette crise sanitaire et économique sans précédent.

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