Pièces Coronavirus & confinement

Quand la vente à distance sauve les centres VHU

Parce qu’ils étaient considérés comme relevant des activités non prioritaires au moment du confinement, les centres VHU ont dû fermer et leur seul débouché commercial, pour les pièces de réemploi (PRE) qu’ils commercialisent, s’est trouvé être le web, via notamment les plateformes d’acteurs comme Opisto.

Stock Casse 70 est l'un des centres VHU partenaires d'Opisto.

Stock Casse 70 est l’un des centres VHU partenaires d’Opisto.

Il n’a pas été facile de tenir un centre VHU (véhicules hors d’usage) durant le confinement. En effet, à la chute drastique de la sinistralité pour cause de baisse toute aussi drastique de la circulation s’est ajouté l’interdiction de rester ouvert. En effet, l’État n’a pas inclus la filière VHU parmi celles relevant des activités prioritaires et nécessaires à la continuité de la nation. Autrement dit : les filières d’approvisionnement et de distribution en pièces de réemploi desdits centres se sont taries…

Heureusement, cependant, que le commerce de pièces de réemploi (PRE) s’est digitalisé au cours de ces dernières années. C’est par ce biais que les entreprises de recyclage automobiles ont pu continuer à vendre leurs pièces malgré tout. Opisto, au travers de ses deux plateformes en ligne, opisto.fr et opisto.pro, a notamment permis à des centaines de centres VHU de poursuivre leur activité, du moins en partie. Un Opisto qui a pourtant vu lui aussi, dès le 19 mars, une grande partie de sa communauté stopper toute activité et son stock de PRE disponible passer, par conséquent, de 2,8 millions de pièces référencées à 1,3 million.

Stock Casse 70 : un quart du stock vendu en ligne

Mais ce sont néanmoins ses plateformes qui ont assuré l’essentiel des débouchés des pièces des centres qui lui font confiance entre mi-mars et mi-mai. Et même si, depuis, le stock s’est reconstitué, la passe a été difficile. Thierry Marie, directeur de Stock Casse 70, centre de recyclage automobile partenaire du réseau Opisto, témoigne : «J’emploie une quarantaine de personnes réparties entre le recyclage et l’atelier mécanique carrosserie, explique-t-il. Certains ont été mis en chômage partiel et d’autres ont pu continuer à domicile. En effet, au-delà de l’administratif, l’activité ne s’est pas arrêtée pour autant grâce à la vente à distance (VAD), rendue possible par Opisto».

Stock Casse 70, qui travaille avec Opisto depuis mai 2017, peut ainsi afficher 42 000 des 50 000 pièces de son stock sur la plateforme web de l’opérateur. «Les pièces non informatisées sont celles qui ne peuvent être transportées car dangereuses ou fragiles, précise le dirigeant. Un quart de nos ventes de pièces se fait via la vente à distance.»

Et Thierry Marie de souligner les efforts entrepris pour sécuriser la chaîne de commande. «Nous avons mis en place un protocole strict de préparation et de livraison des commandes, prévoyant le nettoyage des pièces avant emballage et la livraison des colis jusqu’au dépôt d’expédition, détaille-t-il. Habituellement gérée par trois personnes, la logistique a été assurée par la permanence de notre responsable de la VAD, Vincent Rebichon.»

Quand les pièces mécaniques supplantent les pièces de robe

Bien entendu, la demande en pièces de réemploi n’a pas été mirobolante durant le confinement, en particulier durant les tout premiers jours. «Au début, la VAD a été fortement ralentie : nous avions un rythme de livraison d’une ou deux pièces par jour, alors que notre vitesse de croisière est plutôt de 15 à 30 PRE, explique Thierry Marie. Les premières livraisons concernaient les commandes passées avant confinement. Les nouvelles se sont manifestées plusieurs jours, voire semaines plus tard. Il a fallu attendre la reprise des experts en assurance pour relancer les ordres de réparation.»

L’homme souligne cependant que les professionnels de la réparation auto ont continué de se fournir en PRE durant le confinement. «Malgré tout, durant cette période, nous avons noté une augmentation des commandes BtoB, surtout en pièces mécaniques contrairement à la carrosserie, relève-t-il. La VAD a sauvé notre activité.» Bien évidemment, même si le business carrosserie ne se porte pas beaucoup mieux pour l’instant, les centre VHU espèrent une reprise, même tardive. «Nous avons accusé indubitablement une perte de CA que nous ne pouvons estimer encore ; j’espère que ce ne sera pas une perte sèche mais un report, avance Thierry Marie. La reprise des ordres de réparation me laisse l’espérer.»

L’espoir des primes à la conversion

En ce qui concerne l’approvisionnement en matières premières, autrement dit en véhicules hors d’usage, le problème reste quasi entier pour Stock Casse 70. «Nous n’avons réceptionné que peu de VHU, dû au fort ralentissement de la mobilité durant le confinement. Nous n’avons pas récupéré cette activité à 100%.»

L’optimisme du directeur résiste malgré tout à la conjoncture. «Aujourd’hui, je suis confiant car les perspectives sont encourageantes. Certes, la multitude des dossiers à rattraper peut nous mettre en difficulté mais, heureusement, nous sommes bien accompagnés par nos assurances partenaires, souligne Thierry Marie. Quant à la prime à la casse, elle engendre déjà de nombreuses entrées de VHU et fait augmenter notre stock de pièces.»

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