Actualités Réseaux Contrôle technique

Karine Bonnet (Dekra Automotive) : « le secteur a montré sa résilience »

Tirant le bilan d’une année 2020 marquée du sceau de la pandémie, le réseau de centres de contrôle technique Dekra Automotive SAS aura finalement pu compter sur un marché résilient où l’allongement des délais pour passer la visite technique périodique aura permis de grandement limiter la casse…

Karine Bonnet, directrice générale de Dekra Automotive SAS

Karine Bonnet, directrice générale de Dekra Automotive SAS

Si les chiffres officiels de l’Utac-Otc n’ont pas encore été publiés pour le bilan 2020 du contrôle technique, l’un des poids lourds du secteur en France (environ 25 % de parts de marché), le groupe Dekra, est revenu sur une année pour le moins atypique. Mais elle n’aura finalement pas vu le marché dévisser comme celui de la réparation-collision par exemple.

Avec ses 1 539 centres, dont 200 en propre, l’enseigne aura ainsi réalisé en 2020 quelques 6,052 M de contrôles sur un total d’opérations estimé à 24,95 M. En matière de contrôle technique périodique (CTP), le nombre de prestations réalisées a atteint 20,39 M l’année dernière.

C’est donc mieux que les 19,96 M de CTP réalisés un an plus tôt (+2,17 %) ; mais c’est toutefois 1,48 % de moins comparé à il y a 2 ans – comparaison plus appropriée dans la mesure ou les CTP s’opèrent tous les deux ans après un premier test intervenant 4 ans après l’achat d’un véhicule neuf. Et encore faut-il prendre en compte un marché VO en berne de -4,5 % en 2020, lequel a lui aussi contribué à la baisse du nombre de CTP…

Aucune fermeture à déplorer

Toujours est-il qu’après deux confinements, dont le premier a été synonyme pour l’enseigne de fermeture complète de ses centres pour le grand public, l’exercice 2020 n’a pas été si mauvais qu’on pouvait le craindre. L’action de l’ensemble des acteurs du marché pour obtenir des délais plus longs de passage au CTP a en effet permis de lisser entre mai et octobre toutes les visites qui n’avaient pu être effectuées durant le premier confinement. Et donc, de rattraper tout ou (très grande) partie des contrôles initialement planifiés durant cette période.

« Le 1er confinement a été un véritable coup d’arrêt dans nos centres, reconnaît Karine Bonnet, directrice générale de Dekra Automotive SAS, avec d’évidents problèmes de trésorerie pour certains de nos affiliés. Cependant, le marché du contrôle technique a globalement montré une forte résilience sur 2020 ; pour preuve, aucun centre membre du réseau n’a définitivement fermé ou s’est placé en cessation de paiement. Et s’il a fallu aider financièrement ici ou là, nous avons surtout œuvré à fournir à nos adhérents de l’aide pour faire revenir les clients dans leur(s) centre(s). »

Plus de pédagogie pour moins d’évitements

Pour Karine Bonnet, l’autre indicateur phare est le taux de contre-visite, qui affiche pour l’exercice 2020 une relative stabilité : avec ,29 M de contre-visite, le taux éponyme s’établit à 21,21 %. Pour rappel, il était de 21,67 % l’année précédente.

Quant aux contre-visites pour défaut critique constaté sur un véhicule (et donc imposant une immobilisation du véhicule jusqu’à sa réparation) elles ne représentent que 0,86 % du total, et surtout sont moins nombreuses qu’en 2019, où les contre-visites pour défaut critique avaient représenté 0,96 % du nombre total de contrôles…

Le mêmes motifs continuent d’occuper les premières places au classement des principales défaillances constatées durant les visites : signalisation (pour les feux de croisement et le feu stop) et liaison au sol (deux motifs pour les pneumatiques gravement endommagés ou ayant dépassé la limité d’usure des sculptures), soit deux fonctions directement liées à la sécurité des usagers de la route, occupent les quatre premières places dans les principales défaillances soumises à contre-visite. Les fonctions dépollutions, pourtant surveillées de plus prêt avec le contrôle technique renforcé depuis mai 2018, ne souffrent pas quant à elles d’explosions du nombre de contre-visite.

Évitements limités

Dernier point : le nombre “d’évitements” du CTP est estimé par Dekra à un peu plus 305 000 sur un an. C’est encore élevé, mais autrement moins que les 733 753 estimés en 2019 ! Or, selon la directrice générale de Dekra Automotive, ces évitements ne sont que pour une très large part dû à la peur de la contre-visite, et aux frais de réparation du véhicule qui y sont potentiellement liés.

« Le contrôle technique a prouvé sa contribution à la sécurité routière, déclare-t-elle. Les évitements au CTP par les automobilistes viennent essentiellement de la crainte de la contre-visite. Or, on voit bien que les défaillance critiques ne sont pas aussi nombreuses et que les autres points soumis à contre-visite sont autant de petites alertes que le contrôleur porte à la connaissance de l’automobiliste sur l’état de son véhicule. A ce titre, on doit davantage communiquer sur le fait que nos contrôleurs sont là pour aider leurs clients à mieux entretenir leur véhicule, pour leur sécurité comme pour préserver leur capital roulant. »

Pour le nouvel exercice 2021, Dekra Automotive attend une timide hausse du marché de 1 %. Si bien sûr le coronavirus ne continue pas de perturber l’activité comme il a si bien su le faire en 2020…

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


*

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (Pas encore de votes)
Loading...

À propos de l'auteur