assureurs

En jouant sur l’obligation légale d’assurer son véhicule et en profitant de l’extrême organisation qui est la leur par rapport aux autres acteurs de la réparation auto (expertise, carrosserie et, bien sûr, automobilistes), les compagnies et mutuelles d’assurance se sont érigées en véritables génératrices de profits… pour elles-mêmes. Malgré leurs promesses d’apport d’affaires aux experts et aux carrossiers, ce sont elles qui s’arrogent l’essentiel des bénéfices, et ce constat révèle l’existence de potentiels intérêts communs entre experts et réparateurs pour remettre en cause ce monopole…

Si le principe est bien connu dans les réseaux de réparation issus de groupements de distribution et/ou d’équipementiers, l’obligation d’approvisionnement incluse aux conventions commerciales signées entre carrossiers et assureurs ou plateformes de gestion de sinistres est dans le viseur de la FFC. L’organisation professionnelle appelle ainsi ses adhérents à ne pas y céder à tout prix et de manière automatique…

En acceptant d’indemniser deux victimes d’accidents non responsables les frais de remise en état de leurs véhicules dans le cadre de procédures de recours direct, tout en omettant d’inclure l’indemnisation des frais d’expertise, Allianz et la MAAF pensaient sans doute décourager les experts indépendants de conduire des recours direct pour leurs clients… Las, la Juridiction de proximité de Lille (59) et le Tribunal d’Instance de Grasse (06) viennent de condamner les deux assureurs !

On aurait pu croire que le mécanisme de la cession de créance raviverait surtout l’antagonisme entre assureurs et réparateurs… mais pas entre les organisations professionnelles de réparateurs elles-mêmes ! Ces vacances d’été ont ainsi été l’occasion d’une passe d’armes entre la FFC Réparateurs et le CNPA au sujet de la paternité dudit mécanisme et de sa version simplifiée. La preuve…

Toujours très engagée dans la défense des automobilistes face aux abus des compagnies et mutuelles d’assurance, la Ligue de défense des droits de l’assuré (LDDA) a pris le temps de réfléchir aux moyens d’éviter à l’avenir d’éventuels nouveaux scandales d’épaves roulantes. Et préconise tout simplement, dans une lettre adressée à plusieurs ministères du gouvernement Edouard Philippe, d’interdire la réparation des véhicules économiquement irréparables (VEI) en vue d’une remise sur le marché du VO.

Dans son édition du dimanche 4 juin dernier, l’émission de M6 spécialisée dans l’auto, “Turbo”, s’est penchée sur le coût moyen sinistre si cher aux assureurs, et sur ses corollaires. “Rôle économique” de l’expert instrumentalisé, pression déontologique sur ces mêmes experts, conventions IRSA, impact sur les primes d’assurance… Tout ou presque y est passé, des problèmes aux solutions, parmi lesquelles l’inévitable procédure de recours direct en cas d’accident non responsable.

Notre récent article sur l’Enquête Exclusive de M6 intitulée “Garagistes escrocs, experts véreux : le scandale des épaves roulantes” a fait réagir. Notamment les professionnels de l’expertise automobile qui, indépendants purs et durs ou travaillant pour les assureurs, se sont interpellés mutuellement sur les biais introduits par les assureurs dans la mission VGE des experts… Parole, donc, à “Un expert réellement indépendant” et à “Expert passionné”.

La société auvergnate Les Affranchis, spécialisée dans la gestion de sinistre indépendamment de toute compagnie d’assurance et tournée vers le conseil aux automobilistes, vient de conduire, en compagnie des étudiants de l’ESC Clermont, une enquête statistique révélant l’ignorance du client final vis-à-vis de son bon droit en matière de réparation. En particulier suite à un sinistre non responsable.

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