AXA

FFC-Réparateurs et FNAA préparent une «réunion d’explication» prévue le 2 septembre avec le BCA. Au menu : les pressions économiques croissantes que le réseau d’experts fait unilatéralement peser sur les réparateurs. En filigrane : l’avenir du libre choix. Et le dossier, aussi fondamental qu’oublié, de l’indépendance mourante de l’expert…

Décidément, la fièvre anti-libre choix agite même les assureurs qui, jusqu’ici, n’avaient pas encore pris part à la bataille. Gan faisait, en effet, profil bien bas par rapport à AXA et aux compagnies du groupe SFEREN. Pourtant, la filiale de Groupama n’y va pas par quatre chemins pour essayer de contourner la « loi Hamon » : elle le suggère directement à ses assurés, en leur conseillant l’expert qui va bien ! Tout en leur confirmant, toutefois, le « régime de libre concurrence » auquel « évolue désormais » la réparation automobile. Comme si ça n’avait jamais été le cas…

Qu’ils réclament une expertise contradictoire, qu’ils ne répondent pas aux convocations de la partie lésée ou qu’ils fassent tout simplement traîner les dossiers de règlement des victimes d’accidents non responsables, les assureurs essaient tant bien que mal de tuer dans l’œuf la pratique du recours direct. Pourtant il existe, dans le Code des Assurances, un article qui légitime purement et simplement cette pratique ! Et un expert libéral de la Côte d’Azur, fervent pratiquant du recours en droit commun, a su l’utiliser à bon escient auprès de ses clients…

Au rang des plateformes de gestion de sinistres, Elexia n’est peut-être pas la plus grosse, mais semble être l’une des plus culottées. Gestionnaire d’une partie des sinistres d’AXA, elle aurait trouvé le moyen de récupérer sur le dos des réparateurs une commission de 10% sur les dossiers de la compagnie d’assurance, alors qu’elle ne les a même pas traités ! Et ceci, que les réparateurs soient, ou non, sous contrat avec Eelexia. Pourtant, même ledit contrat ne mentionne nulle part ces fameux 10%…

Nous évoquions la semaine dernière les exigences doublées de menaces pécuniaires qu’AXA impose unilatéralement à ses experts en 2014 (voir «Comment AXA menace ses experts»). Au vu du contenu du contrat proposé, on comprend encore mieux pourquoi la moitié environ refuse de signer et que beaucoup espèrent voir l’ANEA s’interposer…

A la lecture de ce document AXA que nous nous sommes procuré, force est de constater que la tendance est la même d’une assurance à l’autre : les experts sont devenus l’instrument-clé de la régulation des coûts de sinistre. On y caresse les bons élèves dans le sens du poil… pour mieux annoncer des sanctions pécuniaires aux cancres de la sinistralité !

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