Dieselgate

La rechange et la réparation automobiles vont-elles connaître prochainement des pénuries de pièces et composants spécifiquement dédiés aux motorisations essence ? A cause de l’effondrement des ventes VN diesel, le risque existe. A écouter certains acteurs du marché, les premières tensions commenceraient à se faire sentir, à tout le moins à se faire craindre. Explications…

NGK  fête cette année ses 25 ans. Et peut sereinement souffler ses bougies : entre une demande du marché dynamique, un repositionnement stratégie sur les motorisations essence initié depuis plusieurs années et des produits toujours plus techniques pour répondre aux contraintes anti-pollution, l’équipementier dispose d’une offre calibrée pour faire des étincelles sur le marché de la rechange…

Victime collatérale du Dieselgate et de la chute du marché des véhicules diesel, l’usine Bosch de Rodez, dans l’Aveyron (12), spécialisée dans ce type de motorisations, pourrait voir son avenir conforté si l’ingénieux système de réduction drastique des NOx présenté par Bosch venait à remettre en question les politiques publiques en matière de diesel. Si, et seulement si…

En perfectionnant sa technologie diesel existante, Bosch annonce avoir abaissé les émissions de NOx à 13 mg/km, soit 10 fois moins que la future réglementation européenne de 2020. Et ce, sans impacter la consommation de carburant et donc les émissions de CO2. Pour sauver le Soldat Diesel asphyxié par le Dieselgate, Bosch a sorti le grand jeu. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Ce sont maintenant des avocats de plaignants américains qui prétendent que Bosch aurait «consciemment et activement» participé à la tricherie VW sur la foi de «documents secrets» livrés par le constructeur incriminé. L’équipementier prend cette nouvelle attaque très au sérieux, même si elle ressemble à une surenchère destinée à tenter d’exploiter le filon d’un très solvable 1er équipementier mondial. Sans exclure un plus vaste et opportun procès politico-économique à l’atout diesel de l’industrie auto européenne…


L’association Action Auto Défense, issue du collectif “Action de groupe Volkswagen” qui réunit plusieurs milliers de propriétaires de véhicules du groupe VAG lésés par le Dieselgate, a fait appel au Syndicat des experts en automobile indépendants (SEAI) pour effectuer des tests d’émission polluantes, de consommation et de performances moteur avant et après le rappel de leurs véhicules par le constructeur.

A quelque chose, malheur est bon ! Le rappel de 946 000 véhicules VW équipés du fameux logiciel truqueur va générer 20% d’entrées-atelier et nécessiter 900 embauches en CDD. Mieux : le constructeur va ainsi faire revenir dans ses réseaux 30% de possesseurs qui ne les fréquentaient plus. En espérant toutefois que les centaines de milliers d’heures de main d’œuvre ainsi produites seront correctement rétribuées…

La pose d’un banal régulateur de flux et une simple mise à jour d’un logiciel : c’est ainsi que Volkswagen vient d’expliquer qu’il va remettre aux normes l’ensemble des véhicules équipés du moteur diesel EA 189 1.6L ou 2.0L, en promettant de toutes prochaines solutions concernant le 1.2L 3 cylindres, lui aussi concerné par le rappel de 8,5 millions de véhicules truqués en Europe.

Bosch n’apprécie sûrement pas, mais c’est ainsi : une dépêche de l’agence Reuters vient d’annoncer que la justice américaine enquête sur son rôle possible dans le scandale des 11 millions de moteurs truqués (au moins) de Volkswagen. Bosch s’en sortira probablement blanchi. Mais quelle histoire cet épisode équipementier sert-il vraiment ?

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